RDC : Effondrement d'un pont en Province Orientale

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image Pont - Le pont Lindi à Bafwasende écroulé à cause des véhicules qui ne respectaient pas leur tonnage

Le trafic s’est arrêté net sur le tronçon routier Bunia-Kisangani, long de plus ou moins 250 kilomètres sur la route  nationale numéro 4, dans la Province-Orientale, suite à l’écroulement du pont Epulu le jeudi 4 avril courant, constatent  des témoins en provenance de la zone. Indubitablement, l’arrêt de trafic sur cette voie stratégique et d’un grand intérêt économique régional, aura des conséquences néfastes sur l’économie locale et régionale, surtout des préjudices énormes pour les opérateurs économiques qui commencent déjà grincer les dents et   usagers habitués à emprunter cette route.

Plusieurs véhicules sont bloqués de part et d’autre du pont Epulu, long de 31 mètres et d’une capacité de 35 tonnes, rapporte Radiookapi.net. Indignée par cette situation, l »antenne locale de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) fustige  l’indifférence des services spécialisés  qui n’ont rien fait pour réhabiliter cet ouvrage qui menaçait de s’écrouler depuis plus de 6 mois.

Cette attitude d’indifférence relevant ni plus ni moins de la négligence, qu’affichent la plupart des autorités et autres dirigeants congolais en charge particulièrement des infrastructures n’étonne personne. Agir autrement en République démocratique du Congo équivaudrait à une exception. Un cadeau tombé tout droit du ciel.

Décidément, le mal est  si profond en RDC. Combien de fois n’a-t-on pas vu laisser l’état de nos artères délibérément pourrir, pour finalement intervenir quand tout est complètement dégradé, malgré d’incessants appels et avertissements des populations riveraines aux premiers signes du début du délabrement d’un ouvrage.

L’écroulement du pont d’Epulu, car c’est de ça qu’il est question  aujourd’hui, a été provoqué, affirment des sources locales, sous le poids d’un camion surchargé transportant du bois. Ce cas de dépassement et de non respect du tonnage exigé est monnaie courante dans cette partie du pays. Poussés par le goût du lucre et de l’intérêt, la plupart des transporteurs congolais malheureusement ont la fâcheuse habitude de dépasser la limite exigée du chargement de leurs véhicules.

Le pont présentait déjà des signes d’effondrement il y a six mois

Un responsable locale de la FEC affirme que le pont d’Epulu s’était fortement dégradé et toutes les autorités compétentes ont été alertées sur son état et elles n’ont pas apporté de solutions. Des  ingénieurs de l’Office des routes (OR) s’étaient même rendus sur place mais ils ne sont pas intervenus.

Evidemment, indique la FEC, cet accident préjudicie les opérateurs économiques de la contrée.

« Le pont était déjà usé et il y a six mois il présente des menaces de s’écrouler. L’équipe technique de l’Office était passée là et elle a constaté. On devait intervenir mais on a tardé », s’est indigné Amoma Mukoko, membre de la FEC à Mambasa.

Le chef de division technique de l’Office des routes (OR), l’ingénieur Nzita reconnait effectivement ce fait et dit  avoir déjà saisi sa hiérarchie pour une intervention urgente. Comme toujours, la hiérarchie n’a pas dérogé à ce qui est devenu la règle en RDC, laisser la situation empirer avant de chercher la solution.

Est-ce par pure formalisme ou simple communication destinée à l’opinion, le gouvernement de la Province Orientale s’est tout de même dit préoccupé par l’écroulement de ce pont, surtout par les conséquences qu’il entraine.

Il ne s’est pas empêché d’accuser les opérateurs économiques de ne pas respecter le tonnage requis pour traverser  ce pont. C’est cela aussi le résultat de l’impunité et du laxisme. Le numéro 1 de l’exécutif provincial, première personne devant faire respecter la loi, ne doit nullement se plaindre de cette situation.

Après l’effondrement de cet ouvrage, le gouverneur de la Province Orientale avait dépêché le lendemain, une équipe de techniciens sur le lieu de l’accident en vue d’établir un état de lieu pour une intervention d’urgence.

Apparemment embarrassé, le ministre provincial des Infrastructures et travaux publics, Georges Weber Batoachengane a signifié à son tour que  » le gouvernement est remonté par rapport à cette situation car il s’agit d’un entêtement de tous ces usagers de la route sur base d’une corruption généralisée des différents agents commis à la règlementation de la circulation et au contrôle des charges.

La question qu’il convient de poser maintenant, ayant été au courant de la corruption généralisée de différents agents à la règlementation et au contrôle des charges, qu’est-ce qui a été fait pour empêcher cet état de chose ?  Et qu’est-ce qui est prévu dorénavant ? La réponse de qui de droit?

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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