Affaire réfugiés rwandais : La RDC piégée par Paul KAGAME

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image Réfugiés rwandais en RDC

Si au 31 décembre 2011, les réfugiés rwandais actuellement à l’extérieur ne regagnent pas le Rwanda, ils ne seront plus Rwandais. Voilà la menace de Kagame qui constitue à la fois un piège pour la République Démocratique du Congo (RDC) et la communauté internationale.

Pour la deuxième fois consécutive, le Rwanda est en train de piéger la RDC ainsi que la communauté internationale autour de la gestion des refugiés rwandais. Kigali risque de les « bannir» le 31 décembre 2011.

Auparavant, toujours Kigali, à l’époque de Habyarimana, déclarait que le « territoire rwandais était étroit» et ne pouvait accueillir des réfugiés rwandais qui devraient se considérer comme des « apatrides». La suite est connue de tout le monde : le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ont envahi la RDC qui continue à payer cette facture qui n’en finit toujours pas.

Kigali a décidé d’appliquer la «clause de cessation» des réfugiés rwandais à tout Rwandais qui n’aura pas regagné le Rwanda au plus tard le 31 décembre 2011. Bien plus, il perdra automatiquement la nationalité d’origine. Voilà la menace de Kagame qui constitue à la fois un piège pour la RDC et la communauté internationale.

C’est dire que si au 31 décembre 2011, les réfugiés rwandais actuellement à l’extérieur ne regagnent pas le Rwanda, ils ne seront plus Rwandais et les pays qui les hébergent n’auront qu’à se comporter en conséquence.

Il ne s’agit nullement d’une première menace de la part du Rwanda. Déjà à l’époque de Juvénal Habyarimana, alors président du Rwanda, une déclaration analogue avait été faite. Le président rwandais de l’époque disait que le «Rwanda était très étroit et ne pouvait plus accueillir tous ses ressortissants qui se trouvaient à l’extérieur». Il plaidait pour que les pays d’accueil qui hébergeaient les réfugiés rwandais les adoptent.

Au lendemain de cette déclaration, le Front patriotique rwandais, FPR, avait pris les armes à partir de l’Ouganda pour rentrer de force au Rwanda, prouvant ainsi à Habyarimana que le Rwanda n’était pas étroit et qu’il y avait de la place pour tous les Rwandais.

Aujourd’hui, c’est Paul Kagame qui est au pouvoir et tient pratiquement le même discours en interdisant aux refugiés rwandais de regagner leur pays. Une situation qui coûte déjà cher à la République démocratique du Congo.

KINSHASA DOIT REAGIR

Cette menace, doublée de piège de Kagame, suscite de nombreux commentaires en RDC. Des voix s’élèvent pour inviter le gouvernement congolais à réagir dans le but de tirer au clair cette histoire.

Approché à ce sujet, le vice-ministre des Affaires étrangères, Ignace Gata Mavita, a déclaré que «le gouvernement de la RDC promet de réagir à la menace d’appliquer la «clause de cessation des réfugiés rwandais». Déclaration faite suite à l’appel des participants à une conférence internationale sur la problématique de la présence permanente des combattants des FDLR dans l’Est de la RDC, tenue le jeudi 20 octobre à Kinshasa.

Une présence des réfugiés rwandais qui coûte cher à la RDC. Car, selon le dernier recensement, il existe 45.000 réfugiés rwandais au Sud-Kivu et 120.000 au Nord-Kivu. A cause de cette présence, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ont agressé la RDC en 1996 et depuis lors, la présence des agresseurs en territoire congolais est perceptible tant les FDLR n’ont jamais été neutralisés.

Si le 31 décembre, Kigali appliquait la «clause de cessation» des réfugiés rwandais, la RDC aura un problème délicat à gérer. En effet, au Kivu, cette présence rwandaise suscite des problèmes, notamment sur le plan foncier. Des autochtones continuent à se plaindre que leurs terres sont occupées par des «étrangers».

Une telle décision pourrait ainsi s’apparenter à une sorte d’«implantation» officielle des Rwandais en RDC. Il y a donc lieu de craindre des échauffourées entre communautés rivales. Le Kivu pourrait alors se transformer en «Proche-Orient» avec des crises armées qui n’en finiront jamais.

Kinshasa doit absolument réagir pour autant que cette décision intervient à un moment crucial de l’histoire de la République démocratique du Congo. Celui de l’organisation des élections. Comment expliquer que Kigali prenne cette décision maintenant et pas à un autre moment ? Serait-ce dans le but de soulever les populations du Kivu et perturber le bon déroulement des élections ? La tendance serait de répondre par l’affirmative. Il n’y a pas de hasard. En plus, Kigali n’a rien à perdre s’il avait jugé sage et se comportant en «bon voisin», d’attendre que les élections aient lieu.

La Communauté internationale concernée

L’ONU, pour ne pas dire seulement communauté internationale, devra également réagir. Cela est d’autant plus vrai et juste que l’ONU porte une grande part de responsabilité dans la situation précaire et d’insécurité qui prévaut dans la sous-région des Grands Lacs avec la présence des réfugiés rwandais en RDC.

Pour n’avoir pas bien géré «le coup de force du FPR» en prenant le pouvoir par les armes à Kigali, elle avait créé une autre «Palestine» au Kivu. Autre constat d’échec qui a envenimé la situation ; «l’opération Turquoise».

Le pardon de l’ONU pour les victimes du génocide rwandais en dit long. Partant, l’ONU sait pertinemment bien, par expérience désormais, que les «réfugiés rwandais» demeurent un cocktail détonnant. Mal géré, il explose et plonge toute l’Afrique des Grands Lacs dans l’horreur, l’insécurité. C’est la réalité que l’on vit dans cette sous-région depuis 1994.

On ne peut donc tolérer le silence de l’ONU devant cette menace de Paul Kagame. Elle devrait procéder de la même manière qu’elle l’avait faite avec la RDC en exigeant avant tout un «Dialogue inter rwandais» pour que les Rwandais se parlent entre eux. Qu’une amnistie soit décrétée de manière à permettre aux Rwandais de retourner dans leur pays en toute quiétude.

C’est le prix à payer pour le retour définitif de la paix au Rwanda et dans l’Afrique centrale et celle des Grands Lacs. Laisser des hobbies régenter cette paix en imposant des formules alambiquées, des solutions aux populations de cette sous-région, serait souscrire à une instabilité durable dans la région des Grands Lacs.

[Le Potentiel]


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aaaaa on 26/10/2011 07:54:16
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Il suffit de lire la constitution rwandaise dans sont article 7 §3 pour vous prouver par A+B que la déchéance de nationalité est impossible!

Voici le lien :
http://amategeko.net/display_rubrique.php?ActDo=ShowArt&Information_ID=48&Parent_ID=708&type=public&Langue_ID=Fr&rubID=711#711

Et le texte en question :

Article 7:
Toute personne a droit à la nationalité.

La double nationalité est permise.

La nationalité rwandaise d’origine ne peut être retirée.

Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité ni du droit de changer de nationalité.

Les Rwandais ou leurs descendants qui, entre le 1er novembre 1959 et le 31 décembre 1994, ont perdu la nationalité rwandaise suite à l’acquisition d’une nationalité étrangère sont d’office réintégrés dans la nationalité rwandaise s'ils reviennent s'installer au Rwanda.

Les personnes d'origine rwandaise et leurs descendants ont le droit d’acquérir la nationalité rwandaise, s'ils le demandent.

Les conditions d’acquisition, de conservation, de jouissance et de perte de la nationalité rwandaise sont définies par une loi organique.
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Mongendjo on 25/10/2011 05:06:34
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Leur présidant a une grande part , de respensabilite dans les malheur du kivu .

Ah crois c'est devenu un sport national rwandais , de foudres la merder aux Congo !
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Mongendjo on 25/10/2011 04:56:09
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Sa c'est bien Les rwandais, il faut toujour qu'il des problème !
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Tukumombo on 24/10/2011 15:23:59
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L'ignorance est une segonde mort dit-on: je vois :Umoja yetu,Amani leo et que sais-je encore sont des tactiques des extremiste tutsi du Rwanda afin de s'installer durablement au Congo,c'est ains qu'est néel'nvention d'une ethnie artificielle nommée Banyamulenge.l'armée Rwandaise est au Grand-kivu officiellement souscouvert du RCD de Ruberwa de 1998-2003,comment se fait-il qu'ils n'avaient éradiquer le FDLR???? 5 ans c'est beaucoup,alors arrêter de mentir et de vous masturber ici,relisez l'histoire avant d'écrire.
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Kamwanya on 24/10/2011 12:27:07
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Souvent vous vous amusez à écrire que Kamhere est Rwandais et vous ajoutez même qu'il serait cousin du Général Kabirigi, aujourd'hui détenu à Arusha. Il est jugé parce qu'il était un des chefs des forces génocidaires. Or les FDRL sont constituées dans une certaines mesure par les génocidaires. Quoi de plus normal que Kamhere cherche à protéger ses cousins au détriment des Congolais. Posez-lui donc la question de savoir pourquoi il s'est opposé aux opérations conjointes des RPF et des FARDC pour éradiquer cette ménace que ses cousins continuent à cnstituer pour les populations congolaises. N'avait-il pas prévu d'utiliser ces forces négatives pour térroriser les populations et les forces à le voter? Les rwandais n'ont aucun intétêret à avoir un Congo faible et vulnérable à ses frontières. N'en déplaise ceux qui prétendent que le Rwanda cherchent à piller les richesses minières du Congo, la fonderie de cassitérite qui existe au Rawanda a été construit sous Habyarimana et je ne sais si déjà à ce moment là le Rwanda pillait le Congo. Vous ne faites que crier au loup savez-vous que le Burundi, le Rwanda et l'uganda que vous fustiger à tort et ;a travers, ferment leurs frontières avec le Congo, les provinces de l'Est seraient tout simlement asphixiées? Si votre Kabila 'est à la hauteur de sa tâche vous avez l'occasion de le renvoyer où il veut bien aller car personne n'est ni son frère ni son cousin au Rwanda.
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Benejuru on 24/10/2011 12:00:21
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Au journal “Le Potentiel”,

Quand est-ce que les congolais vous serez un jour sérieux ? Cette fois-ci ce n’est pas la faute du Président Kabila ni de son gouvernement. Le Président Kabila avait voulu sérieusement s’occuper de ce problème lorsque, avec son homologue rwandais le Prés. Kagame, avaient organisé l’opération “Umoja Wetu”, afin de neutraliser ces milices FDLR et CONSORT et rapatrier ce reste de réfugiés rwandais, le peuple a crié à l’invasion rwandaise avec Kamerhe à la tête, y compris certains ONG malintentionnés à l’égard de la nouvelle politique de Kabila et du Rwanda en particulier. Malheureusement Kabila a cédé et l’opération a été écourtée avant d’atteindre son but. Depuis, les massacres des civils congolais ont repris de plus bel et les congolais vous ne faîtes rien pour arrêter ces massacres ni rapatrier ces réfugiés rwandais. Kamerhe, l’ami des FDLR, ne fait rien non plus pour dire à ces amis d’arrêter ces massacres. Alors à qui la faute ? Alors, s’il vous plaît, arrêter de prendre le Président Kagame comme votre victime expiatoire de vos propres irresponsabilités.

Benejuru.
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