Depuis son accession à l’indépendance, le développement économique et social en RDC est resté très bas !

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image Augustin Matata Ponyo Mapon - PM de la RDC

La RDC connaît un paradoxe majeur depuis son accession à l’indépendance en 1960. Son développement économique et social est resté très bas tel que le renseigne l’indice de développement humain publié par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), contrastant fortement avec la richesse naturelle du pays. Comment transformer ce potentiel en une opportunité de développement qui bénéficie à l’ensemble de Congolais ? Quelle est la meilleure façon de procéder à la transformation structurelle de l’économie congolaise et de son industrialisation ? Quelle réforme amorcer maintenant pour que la RDC passe du stade d’une économie de subsistance vers une économie industrielle d’ici 2030, et cheminer vers une économie de la croissance à l’horizon 2050 ?

Ces questions sont au centre d’une conférence de haut niveau sur la croissance inclusive en RDC, ouverte hier jeudi 8 janvier au Grand Hôtel Kinshasa, par le Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo Mapon. 

Durant deux jours, théoriciens et praticiens du développement réfléchissent, afin de donner au Gouvernement et aux instances concernées des pistes de solutions innovantes et efficaces. Déjà, pour le chef de l’Exécutif congolais, il n’existe pas de modèle de développement transposable, et donc applicable à tous les pays. Car, chaque nation ayant son histoire particulière. 

Cependant, les bonnes leçons et pratiques peuvent être partagées dès lors qu’elles sont théorisées et formalisées, indique Matata devant une assistance composée des membres du Gouvernement, d’éminences grises internationales, d’experts congolais, et d’autres invités triés sur le volet. 

Le Premier ministre congolais convie les participants à cette Conférence de haut niveau "à éclairer suffisamment sur cette question qui préoccupe l’élite intellectuelle, sociale et politique de notre pays ".

La problématique de cette Conférence porte sur la nécessité pour la RDC d’avoir une croissance économique inclusive. Celle-ci demeure une question importante à plusieurs égards pour le pays qui a initié, au cours des dernières années, une série de réformes permettant de poser des fondements importants pour passer à une nouvelle étape de développement.

Le ministre des Finances, Yav Mulang, relève pour sa part que le modèle de production et d’exportation essentiellement basé sur la production et l’exportation des produits de base principalement d’origine minière et agricole, n’a pas conduit à une transformation économique profonde du pays en termes de diversification économique et de création d’emplois suffisants pour favoriser un développement social rapide. 

D’où, selon l’argentier du Gouvernement congolais, la nécessité de dresser un état des lieux de ce phénomène et de poser un diagnostic sans complaisance, en vue de déceler les causes profondes de l’exclusion sociale qui caractérise la croissance économique rd-congolaise, de manière à la rendre inclusive en s’inspirant, notamment des expériences d’autres pays confrontés aux mêmes types de problèmes que la RDC. 

Le ministre des Finances est aussi persuadé qu’il existe d’autres facteurs qui expliquent le caractère non exclusif de l’économie congolaise, lesquels font l’objet des échanges depuis hier.

C’est sous le haut patronage du Président de la République, en collaboration avec Harvard University (États-Unis), que le Gouvernement congolais organise, les 8 et 9 janvier, au Grand Hôtel Kinshasa, cette Conférence de haut niveau sur la " croissance économique inclusive en RDC, état des lieux et appropriation des expériences des autres ". 

D’autres sous thèmes sont traités, notamment : "Enjeux majeurs de développement ", "Objectifs économiques et priorités sociales ", " Qualité de la croissance ". La clôture est prévue ce vendredi 09 janvier en fin d’après-midi.

Lire l’intégralité des adresses du Premier Ministre et du ministre des Finances à l’ouverture de la Conférence sur la croissance inclusive en RDC.

[Didier KEBONGO]

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA CONFERENCE SUR LA CROISSANCE ECONOMIQUE INCLUSIVE EN RDC

(KINSHASA 08 et 09 JANVIER 2015)

Honorables Sénateurs et Députés,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques,

Distingués invités,

Mesdames et messieurs,

A. INTRODUCTION

Qu’il me soit permis, au nom du Président de la République, Chef de l’Etat, Joseph KABILA KABANGE, de souhaiter la bienvenue à nos hôtes et leur exprimer nos vifs remerciements d’avoir accepté notre invitation. Je remercie particulièrement les universités qui ont libéré leurs professeurs pour venir discuter avec les Congolais de leur avenir. Je remercie également la Banque mondiale dont le vice-président a accepté de venir partager ses expériences en matière de développement avec le peuple congolais.

A vous, chers conférenciers, surtout ceux qui séjournent pour la première fois en RDC, Je voudrais vous rappeler pourquoi nous sommes là.

a) D’abord, la RDC est depuis 2001 sur le chemin de la croissance et voudrait tourner la page aux années / perdues pour prendre le chemin de l’émergence en 2030 ;

b) Ensuite, avec une paix et une sécurité retrouvées au prix de grands sacrifices, la RDC voudrait garder le cap sur un avenir meilleur. Sa trajectoire vers l’émergence ne pourra se faire en douceur que si son économie est résiliente, sa croissance vigoureuse pour mieux résister aux chocs de toute nature ;

c) Enfin, le Président de la République a pris l’engagement indéfectible d’oeuvrer pour une amélioration sensible et rapide des conditions des vies des populations congolaises, ce qui sous-entend que notre croissance doit revêtir un certain nombre de caractéristique s fondamentales, notamment être redistribuée équitablement et profiter au maximum aux couches les plus défavorisées de la population.

B. MES ATTENTES

Distingués invités,

Mesdames et messieurs,

Nous organisons régulièrement une série de conférences pour réfléchir sur l’avenir de notre pays et lui assurer une meilleure trajectoire de développement. Ces discussions doivent nous permettre d’accroître notre maîtrise du fonctionnement des rouages de l’économie pour mieux contrôler notre processus de développement.

C’est l’occasion qui s’offre aux Congolais de discuter des enseignements à tirer des expériences réussies des autres pays sur des thèmes comme la gouvernance, l’agriculture, la gestion des ressources naturelles et énergétiques, le tourisme et proposer des adaptations pertinentes et exploitables pour le contexte de la RDC.

La problématique de la conférence d’aujourd’hui porte sur la nécessité pour la RDC d’avoir une croissance économique inclusive. Celle-ci demeure une question importante à plusieurs égards pour notre pays qui a initié au cours des dernières années une série de réformes permettant de poser des fondements importants pour passer à une nouvelle étape de développement.

En effet, la consolidation et la stabilité de la paix et le renforcement du cadre macroéconomique sont parmi les réalisations majeures, incluant notamment la baisse du taux d’inflation annuel de 500 pour cent en 2001 à 1,0 pour cent en 2013. Les effets distributifs de la croissance demeurent encore faibles mais commencent à être ressentis par la majorité de la population.

Depuis son accession à l’indépendance en 1960, la RDC connaît un paradoxe majeur, son développement économique et social est resté très bas tel que le renseigne l’indice de développement humain publié par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), contrastant fortement avec la richesse naturelle du pays. En effet, la RDC est l’un des pays les plus riches au monde en termes de dépôts de minéraux tels que le cobalt, diamant, or, cuivre et coltan ainsi que l’eau, les forêts et autres ressources naturelles. Le défi de transformer ce potentiel en une opportunité de développement qui bénéficie à l’ensemble de congolais est un des enjeux clés du développement de notre époque. Je vous invite donc à donner un éclairage suffisant sur cette question qui préoccupe l’élite intellectuelle, sociale et politique de notre pays.

Conscient de l’ampleur de l’écart de développement, le Gouvernement développe des mécanismes et des stratégies de réflexion dans la conception de solutions innovantes aux défis du développement de la RDC en vue de le propulser vers une croissance accélérée. C’est pour cette raison que le Président de la République a demandé au Gouvernement d’organiser cette conférence de haut niveau à Kinshasa sur la croissance économique inclusive en collaboration avec l’université de Harvard des Etats-Unis d’Amérique.

Aussi, autour de cette table réunissant des scientifiques et des décideurs politiques de renommée internationale pour partager les idées et baliser le chemin de la croissance vers le développement intégral de la RDC, le Président Joseph KABILA KABANGE attend recevoir vos avis oet considérations pertinents sur :

1. la meilleure façon de procéder à la transformation structurelle de l’économie congolaise et son industrialisation. Quelles réformes amorcer maintenant pour que la RDC passe du stade d’une économie de subsistance vers une économie industrielle d’ici 2030, et cheminer vers une économie de la connaissance à l’horizon 2050.

2. Comment exploiter son vaste potentiel en s’appuyant sur des atouts tels que l’hydroélectricité, les ressources naturelles, l’agriculture, la démographie, l’urbanisation, sa position géographique pour une intégration régionale inclusive, mais surtout profitable à la RDC.

3. Comment booster le processus d’industrialisation et de diversification de l’économie, en assurant une participation accrue du secteur privé dans la production industrielle.

4. Enfin, quelles politiques pour assurer une croissance partagée, spatialement équilibrée et socialement généreuse ? Plus précisément, quelles politiques mener pour donner de nouveaux horizons à une population à majorité jeune, mais en plein chômage de masse et exclue du partage de la richesse nationale. 

Ma conviction personnelle est qu’il n’existe pas de modèle de développement transposable, et donc applicable à tous les pays ; chaque nation ayant son histoire particulière. Cependant, les bonnes leçons et pratiques peuvent être partagées dès lors qu’elles sont théorisées et formalisées.

Voilà pourquoi je pense que cette rencontre entre théoriciens et praticiens du développement revêt un caractère stratégique pour la RDC qui veut inscrire son développement sur le chemin du savoir et d’une volonté politique irréversible.

C’est dans ce sens que Je voudrais vous convier à réfléchir, afin de donner au Gouvernement et aux instances concernées des pistes de solution innovantes et efficaces. Des solutions pratiques à court et moyen termes devant permettre au Gouvernement de mieux ajuster sa politique.

C. CONCLUSION

En espérant avoir des résultats concrets avec des propositions opérationnelles, Je déclare ouverte la Conférence sur la Croissance Economique Inclusive en République Démocratique du Congo.

Plein succès à vos travaux.

Vive la collaboration entre l’Université de Harvard et la République Démocratique du Congo

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie.


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