16 février 2012 en RDC : Une journée hyper politique !

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image Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA, Etienne TSHISEKEDI (g) et Joseph KABILA (d)

Deux événements se disputent l’affiche : la grande rentrée politique avec la convocation de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, et la commémoration du XXème anniversaire du «massacre des chrétiens», le 16 février 1992, aux temps forts du règne de Mobutu. Que faire ? Interrogation pertinente tant le moment est crucial pour le pays. L’alternative est là : l’envol ou la chute. Dans l’immédiat, il importe de se dépouiller du vieil homme afin de sortir des sentiers battus : ceux qui entretiennent l’intolérance, l’arrogance, le radicalisme, l’extrémisme (...) Au demeurant, il s’agit bel et bien de prendre de l’envol ou de chuter. Dès ce jeudi 16 février 2012.

16 février restera une date importante dans les annales du pays. Elle marque la grande rentrée politique en RDC après les élections hyper médiatisées de 2011 et qui continuent à soulever des vagues. Mais aussi la nette ligne de démarcation entre la fin de la «période de grâce» et une nouvelle ère. Celle qui consiste à préserver et à consolider des acquis pour un véritable envol, ou un retour à la case départ. Ce qui se traduirait par une chute.

Ce jeudi 16 février est un jour pas comme les autres. Une journée hyper politique. Deux événements se disputent l’affiche : la grande rentrée politique avec la convocation de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, et la commémoration du XXème anniversaire du «massacre des chrétiens», le 16 février 1992, aux temps forts du règne de Mobutu. Journée qui avait donné le coup de grâce au régime de Mobutu et une nouvelle impulsion démocratique. La suite ne sera que le couronnement de cette volonté populaire.

Deux événements qui ont un dénominateur commun, à savoir la consolidation des institutions de la République, le renforcement du processus de démocratisation, l’instauration d’un Etat de droit, et enfin le relèvement des défis d’un développement durable ainsi que de la promotion humaine.

Paris et défis

Ce dénominateur commun renferme en lui des paris et des défis qui ne sont rien d’autres que de véritables challenges. En effet, les élections 2011 sont toujours contestées par une bonne frange de la population congolaise. Conséquence d’un processus électoral entaché d’irrégularités telles que relevées par des missions d’observation tant nationales qu’internationales.

Des procédures adéquates voire des manifestations parallèles, ont été engagées dans le but d’assainir l’environnement politique dans cette perspective d’examiner des voies et moyens susceptibles de corriger ces insuffisances. Aussi, la rentrée politique de ce jour marquée par la convocation de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale est l’une des voies appropriées pour corriger ces erreurs.

En fait, l’on attend de cette assemblée une représentation nationale responsable et hautement politique. Une assemblée nationale qui doit disposer d’une majorité parlementaire crédible et une Opposition rassurante. Une assemblée nationale composée de dignes représentants du peuple congolais afin d’accompagner sa volonté de vivre dans un Etat, d’appartenir à une Nation au sens classique du terme.

Un Etat et une Nation prêts à faire face aux défis de la paix et sécurité ; de la bonne gouvernance et de la démocratie ; de l’accroissement économique et du bien-être social. Un Etat et une Nation prêts à assurer l’envol de la République démocratique du Congo vers des destinées meilleures.

Ce ne serait pas sans péril. Aussi, faudra-t-il entreprendre l’assainissement politique qui se manifeste souvent par la persistance de la crise politique. Une crise politique aux multiples facettes qui crée l’impasse, déstabilise les institutions nationales pour conduire incontestablement à la désintégration politique avant de consacrer la désarticulation du circuit économique. La fatalité sera inévitablement la déshumanisation du peuple congolais. Le constat sera amer : retour à la case départ. Donc, la chute.

Voilà pourquoi la menace de l’Opposition, particulièrement l’UDPS, de boycotter cette rentrée politique ne doit absolument pas constituer un fait divers. Mais une dimension politique à gérer avec toute l’attention voulue dans cet élan d’assainissement de l’environnement politique.

Le courage politique

Que faire ? Interrogation pertinente tant le moment est crucial pour le pays. L’alternative est là : l’envol ou la chute. Dans l’immédiat, il importe de se dépouiller du vieil homme afin de sortir des sentiers battus : ceux qui entretiennent l’intolérance, l’arrogance, le radicalisme, l’extrémisme. Aussi, la panacée passe par la dépersonnalisation, à tout prix, des institutions nationales pour qu’elles demeurent réellement républicaines.

Dans le même ordre d’idées, déployer le grand arsenal de la diplomatie agissante pour rapprocher Joseph Kabila d’Etienne Tshisekedi. Non pas que l’un et l’autre reconnaissent la victoire ou la défaite de l’un ou l’autre, vice-versa. Le moment n’est pas celui de savoir qui a tort ou qui a raison. Mais qu’ils se parlent dans l’intérêt supérieur de la nation. En effet les deux personnalités sont dans deux logiques différentes : le premier dans la logique de la légalité. Il a été élu, proclamé par la CENI et confirmé par la Cour suprême de justice.

L’autre se trouve dans cette «logique de libération», se considère comme «élu par le peuple» et conteste les résultats de la CENI et de la Cour suprême de justice. Comment rapprocher ces deux logiques tant ces deux personnalités politiques se réclament «élus du peuple congolais» ? Comment, au nom de ce même peuple congolais, faire triompher la légalité, la légitimité, la justice et la vérité ? Le dialogue entre les deux personnalités doit proposer des réponses à ces deux interrogations.

Presque au même moment, songer à mettre sur pied un cadre permanent de dialogue qui ne doit nullement supplanter les institutions de la République. Mais une structure, ad hoc, du genre «Commission de Vérité et réconciliation», ou un «Comité des sages», c’est selon, avec obligation morale et politique de consacrer la liberté des manoeuvres à la RDC pour dégager des pistes de sortie de toute crise. Question de ne plus jamais, alors plus jamais, de prendre le peuple congolais en otage.

Au demeurant, il s’agit bel et bien de prendre de l’envol ou de chuter. Dès ce jeudi 16 février 2012.

[Le Potentiel]


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PROPHETE JEREMIE on 16/02/2012 18:40:14
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Je propose à tous ceux qui désirent vraiment sauver le Peuple RD Congolais de tout faire pour un métissage du Peuple RD Congolais avec les Belges,exactement comme PE Lumumba l'avait souhaité après son discours incendiaire faisant suite à celui du Président Kasa-Vubu en 1960.
Ainsi la RD Congo deviendra une nation multiraciale et prospére comme l'Angola et l'Afrique du Sud .
Il suffira au Président Tshisekedi de prendre un décret-loi nationalisant tous les Belges ayant colonisé et construit ce Pays aisi que tous les investisseurs étrangers,pour garantir durablement les intérêts de nos partenaires Occidentaux et obtenir un atterrissage en douceur de la crise artificielle RD Congolaise.
Voilà une façon intelligente de couper l'herbe sous les pieds de celui qui a tout donné à ces mêmes Occidentaux(y compris le Vatican)pour obtenir leur soutien aveugle et immoral,appauvrissant les RD Congolais pour de longues années.
Les grèves ,les villes mortes,les marches et les guerres ne serviront à rien,devant les puissants de ce monde.
La mondialisation irrésistible nous oblige à opter pour cette démarche sage.
Qui pense autrement?
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lezzy on 16/02/2012 12:02:22
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Est ce que, l'église catholique est devenue un parti politique?
nous de l'église protestante devons montrer notre foi en Christ
le seul sauveur que nous connaissons car nous ne connaissons personne qui représente le Christ comme l'église Catholique avec Monsengo qui est descendu du ciel,protestants ne vous laissez pas distraire
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on 17/02/2012 14:42:39
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Les protestants n'ont pas défendu le peuple? les protestants et SURTOUT les églises de réveil ont préféré leur argent des fidèles appauvris depuis des années.

Vous ne méritez aucune considération
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LOBA NA YO MASTA on 16/02/2012 18:38:31
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Vous faîtes honte à Martin Luther King,à Papa Kimbangu et à Desmond Tutu,qui sont des protestants plus sérieux et plus courageux que vous(qui n'êtes que des mangéristes et manger-crates d'une démon-crachie réservée aux Néanderthaliens.
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jean pierre on 16/02/2012 09:26:33
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mr loba na yo masta ,ce l'eglise qui doit obeir au president de la republique ou c'est le president.la marche n'aura jamais d'impacte sur notre gouvernement .si la senco chercher la demission de mulunda c'est juste parceque mulunda avait dit la verite que le cardinal avait mal suiviet retenu les nombre des voix d'etienne tshisekedi lors de la proclamation de resultat provisoire.qui avait deja demande la demission du cardinal monsengwo quand il avait engrosse une jeune fille.nous avons etudies avec son enfantn'est pas une faute grave ,d'ailleurs il avait menti sur le chiffres raison pour la quelle le pape inspire a appelle d'urgence son cardinal qui se devier de la mission celle de precher .il va precher au vantican.une lecon pour ce semeur de trouble .un jour de marche c'est comme un dimanche ou un petit lundi.les chiens aboit la caravane passe.
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LOBA NA YO MASTA on 16/02/2012 18:28:09
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Toute autorité venant de Dieu,un Président sérieux doit prêter serment sur la Bible et obéir à l'Eglise de son Pays.Le Cardinal Monsengwo est une chance pour notre Pays,il faut l'écouter,sinon vous connaîtrez le sort des Juifs qui ont été chassés d'Israel.
Vous serz colonisés par les Rwandais qui sont plus intelligents que vous(qui n'êtes que des BUMBAFU réputés et patentés).
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mulunda on 16/02/2012 09:02:26
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Quelle rentrée parlemantaire, les députés nommées par BOSHAB,NGOY MULUNDA, AK47 qui vient de partir. MUTINGA, ce pays la RDC, ne vous appartient pas seul. Un jour vous finirait comme SAKOMBI INONGO,malheureux
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Nguvu on 16/02/2012 07:58:09
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Il n'y a pas et il n'y aura pas deux grands événements ce 16 février 2012, mais UN SEUL: c'est la grande marche des congolais contre le pouvoir vomi de Hippolyte KANAMBE. C'est la lutte du bien contre le mal!
La rentrée "parlementaire" est un non-événement; puisqu'il n'existe pas de parlement au Congo. Cela doit être clair pour tous!
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LOBA NA YO MASTA on 16/02/2012 00:41:08
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Que Kabila ou mieux Kanambe évite de commettre le péché contre le Saint-Esprit,car ce péché est impardonnable et imprescriptible.
Qu'il se soumette à l'Eglise ou qu'il choisisse la malédiction(jusques à la 4ème génération) et la mort.
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