Cuba : La levée du blocus imposé par les USA exigé

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image Che Guevara et Fidel Castro

En prélude du vote d'une nouvelle Résolution, le 29 octobre 2013, par les Nations unies, le chargé d'Affaires a.i de Cuba en République démocratique du Congo, Làzaro Polledo Mesa, a donné une conférence de presse, le jeudi 10 octobre, pour lever le voile sur l'état du blocus économique, commercial et financier de l'administration américaine dans lequel est englué son pays depuis le début de la Révolution. Plus de cinquante ans après, cette situation est demeurée le principal référent de la politique américaine contre la petite île caribéenne pour détruire la Révolution et restaurer son hégémonie malgré les demandes de la communauté internationale, a souligné Lazaro Polledo Mesa, en faveur de cette levée.

En effet, le diplomate cubain a relevé que des dommages économiques infligés au peuple cubain par ce  blocus jusqu'en avril 2013 qui s'évaluent, en tenant compte de la dépréciation du dollar face à l'or sur le marché international, à 1.157 327 000 000 dollars. Plusieurs secteurs de la vie nationale sont directement concernés et touchés. Les préjudices causés à la nation cubaine portent sur les domaines commercial et financier, coopération internationale, organismes multilatéraux, santé et alimentation, commerce extérieur, les secteurs financiers et bancaires, l'éducation, culture et sport.

Par référence à un rapport rendu public en juillet 2013 sur la résolution 67/4 de l'Assemblée générale des Nations Unies, Polledo a fait savoir que l'organe le plus démocratique et représentatif de la communauté internationale qu'est l'Assemblée générale de l'ONU, s'est prononcé, de façon inéquivoque, le 13 novembre 2012, contre le blocus sur Cuba, en adoptant, par 188 votes pour, 3 contre et 2 abstentions, la résolution intitulée "Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis".

EXTRAITS DU RAPPORT DE CUBA SUR LA NECESSITE DE LEVER LE BLOCUS. 

INTRODUCTION

Le blocus économique, commercial et financier de l’administration étasunienne, mis en place dès le début de la Révolution cubaine, demeure, plus de cinquante ans après, et malgré les demandes de la communauté internationale en faveur de sa levée, le principal référent de la politique étasunienne contre la petite île caribéenne, dans ses efforts pour détruire la Révolution et restaurer son hégémonie sur Cuba.

De par son but avoué, de par la trame politique, légale et administrative sur laquelle il repose, le blocus tombe dans les catégories d’acte de génocide aux termes de la Convention de Genève pour la prévention et la répression du crime de génocide, de 1948, et d’acte de guerre économique selon la définition donnée par la Conférence navale de Londres de 1909, dans sa déclaration relative au droit de guerre maritime. Le blocus contre Cuba est le système de sanctions unilatérales le plus injuste, sévère et prolongé qui ait jamais été appliqué à un quelconque pays.

Du fait de l’application rigoureuse et agressive des lois et des réglementations du blocus, Cuba ne peut toujours pas exporter ni importer librement des produits et des services vers ou depuis les États-Unis et ne peut utiliser le dollar des États-Unis dans ses transactions financières internationales, ni être titulaire de comptes dans cette monnaie dans des banques de pays tiers. Il ne lui est pas non plus permis d’avoir accès à des crédits de banques étasuniennes, de leurs filiales dans des pays tiers ou d’institutions financières internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international ou la Banque interaméricaine de développement.

Durant la période analysée par le présent rapport, la traque contre les transactions financières internationales cubaines a été l’un des traits dominants de l’application du blocus. Celui-ci constitue non seulement le principal obstacle au développement économique et social du pays, mais aussi à une plus grande expansion de ses liens commerciaux avec le monde, et il entrave sérieusement la coopération internationale offerte et reçue par le pays. 

Maintien de la politique de blocus économique, commercial et financier contre Cuba

Les demandes réitérées de la communauté internationale en faveur de la levée totale du blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba, tout comme l’opposition croissante à cette politique aux USA mêmes, continuent d’être ignorées par le gouvernement de ce pays qui a décidé d’intensifier ses actions visant à asphyxier économiquement l’île, notamment celles concernant le domaine monétaro-financier et ayant un effet extraterritorial.

Par ailleurs, le maintien de Cuba dans la liste fallacieuse des pays qui soi-disant parrainent le terrorisme n’a d’autre but que de justifier la traque impitoyable contre les transactions financières cubaines et l’intensification du blocus. On cherche aussi par-là à satisfaire les intérêts du groupe de plus en plus réduit d’anticubains aux États-Unis qui soutiennent une politique dénuée de tout fondement éthique et légal, rejetée par la grande majorité de la population étasunienne et de l’immigration cubaine dans ce pays.

Le territoire cubain n’a été ni ne sera utilisé pour abriter des terroristes, ni pour organiser, financer ou perpétrer des actes terroristes contre aucun pays au monde, y compris les États-Unis. Au contraire, Cuba a subit durant des décennies les conséquences d’actes terroristes organisés, financés et exécutés depuis le 103 territoire étasunien et dont le bilan s’élève à 3 478 morts et 2 099 handicapés. Le gouvernement cubain réitère qu’il ne reconnaît pas au gouvernement des États-Unis la moindre autorité morale pour le juger. 

Application extraterritoriale du blocus

L’extraterritorialité du blocus n’a de frontières ni n’en reconnaît. Les mécanismes mis en oeuvre pour appliquer cette politique violent les principes régissant les relations économiques, commerciales, monétaires et financières internationales, ainsi que de nombreuses résolutions des Nations Unies et d’autres organismes internationaux. Ils violent aussi des décisions d’autorités régionales d’intégration et des lois de pays tiers, y compris celles adoptées suite à l’approbation de la loi Helms Burton en 1996.

Les navires marchands de pays tiers qui accostent dans des ports cubains sont toujours affectés par l’extraterritorialité du blocus. Tout comme sont lésés les intérêts des entreprises de pays tiers qui sont d’une quelconque façon filiales de sociétés étasuniennes, ainsi que ceux des organismes bancaires qui réalisent des opérations financières avec l’île, indépendamment de la monnaie utilisée pour celles-ci. 

Préjudices causés par le blocus à la coopération internationale, y compris à celle d’organismes multilatéraux

La coopération internationale offerte et reçue par le peuple cubain n’échappe pas non plus aux conséquences de la politique de blocus contre Cuba. Nombreux sont les projets de coopération qui sont entravés par l’agressivité des autorités étasuniennes.

La politique contre Cuba en est même arrivée au point de tenter de paralyser diverses actions menées à bien dans le cadre des schémas de coopération Sud-Sud et réalisées par des spécialistes cubains dans divers pays et dans des domaines sensibles comme celui de la santé publique.

De même, les agences spécialisées, les fonds et programmes et d’autres organismes du système des Nations Unies rencontrent de sérieux obstacles pour mettre en oeuvre leurs programmes d’aide au pays qui visent à soutenir les priorités et les politiques de développement national, ainsi que la réalisation des objectifs de développement convenus à l’échelle internationale, y compris celle des Objectifs de développement du Millénaire. 

Préjudices causés à la santé et à l’alimentation

De mai 2012 à avril 2013, le préjudice financier causé par le blocus à la santé publique cubaine se chiffre, au bas mot, à environ 39 000 000 de dollars, dus à l’achat de médicaments, de réactifs, de pièces de rechange pour des équipements de diagnostic et de traitement, d’instruments et d’autres intrants sur des marchés lointains, ainsi qu’au recours à des intermédiaires, facteurs dont l’effet combiné accroît les coûts du secteurs.

Les conséquences du blocus sur ce secteur ont un effet multiplicateur négatif car en influant sur les coûts des produits d’usage quotidien, elles en rendent difficile l’achat, ce qui affecte les services sociaux de base et donc les conditions de vie de la population.

Bien qu’il soit possible d’importer des produits agricoles et des aliments depuis les États-Unis, il n’existe toujours pas de relation commerciale normale dans ce domaine entre les deux pays. Les achats d’aliments restent soumis à des réglementations très strictes, ainsi qu’à un mécanisme complexe de délivrance d’autorisations, qui vaut aussi bien pour les voyages des hommes d’affaires étasuniens que pour la passation de contrats, le transport et le paiement des achats. De plus, l’OFAC se réserve le droit d’annuler ces autorisations sans préavis ni justification.

Préjudices causés au commerce extérieur

L’insularité et les conditions de développement de Cuba déterminent la haute incidence du commerce extérieur sur l’accès aux technologies de pointe, la mobilisation de capitaux extérieurs, l’octroi de crédits, l’encouragement aux investissements étrangers et la coopération internationale.

Compte tenu de ce qui précède, le secteur extérieur de l’économie cubaine constitue l’une des cibles principales de la politique de blocus contre Cuba.

Pour la période analysée, les préjudices causés au commerce extérieur cubain par le blocus s’élèvent à 3 921 725 790 dollars, soit une hausse de 10 p.100 par rapport à l’année précédente. Les principaux préjudices résultent du manque à gagner pour exportations de biens et services, qui représentent 78 p.100 de tous les préjudices.

En ce qui concerne l’industrie pétrolière, le blocus provoque le renchérissement des contrats conclus avec les sociétés propriétaires de plateformes de forage car les moyens techniques utilisés ne peuvent contenir plus de 10 p.100 de composants étasuniens. Cette situation exige des sociétés étrangères opératrices des investissements supplémentaires, et rend donc plus coûteuse l’utilisation des plateformes dans les eaux cubaines. 

Préjudices financiers et bancaires

Comme on l’a vu, l’accroissement de l’hostilité, de la traque et du harcèlement de l’administration étasunienne vis-à-vis du secteur bancaire et financier cubain a constitué incontestablement l’élément distinctif de cette politique criminelle durant la période analysée.

Le harcèlement à des institutions financières et bancaires étrangères visant à limiter les opérations vers et depuis les banques cubaines s’est intensifié. Cette situation rend difficile le bon fonctionnement des banques nationales, tout en les obligeant à assumer des coûts financiers additionnels.

Dans ce contexte, on observe une tendance croissante de la part des institutions financières et bancaires étrangères à limiter leurs opérations à Cuba. Même si les préjudices sont difficiles à estimer, on peut identifier les principales difficultés qui influent sur le fonctionnement des institutions bancaires cubaines.

Préjudices à l’éducation, culture et sport

La garantie de la réalisation du droit de tous les Cubains à l’accès à l’éducation, à la culture et au sport a été l’une des priorités du gouvernement depuis l’avènement de la Révolution. Toutefois, le blocus imposé au pays provoque des carences quotidiennes qui portent atteinte au développement de ces secteurs.

Préjudices à l’éducation, culture et sport

Du fait de cette politique, Cuba n’a toujours pas accès au marché étasunien pour acheter des fournitures scolaires et des matières premières, ni pour échanger des informations scientifiques, culturelles et sportives.

Les pertes subies du fait de la nécessité d’importer des matériels scolaires achetés à des fournisseurs sur des marchés lointains signifient une réduction de l’accès des écoles cubaines à des moyens pédagogiques indispensables pour l’éducation préscolaire, le primaire et l’éducation spéciale. Les 816 000 dollars payés en sus du prix normal pour l’achat de matériels scolaires équivalent à 1 723 kits pour l’enseignement des sciences naturelles. Du fait de ces coûts additionnels, seuls cent kits didactiques ont pu être importés.

OPPOSITION A LA POLITIQUE GENOCIDAIRE DE BLOCUS A CUBA

Opposition interne aux États-Unis

De nombreuses personnalités et organisations étasuniennes se sont déclarées en faveur de la levée du blocus contre Cuba.

Opposition interna-tionale

La communauté internationale continue de s’opposer toujours plus à la politique inhumaine envers le peuple cubain, comme le montre l’adoption par d’innombrables instances de déclarations et de communiqués spéciaux en faveur de l’arrêt de cette politique.

L’Assemblée générale des Nations unies, l’organe le plus démocratique et représentatif de la communauté internationale, lors d’un nouveau vote historique, s’est prononcée, de façon inéquivoque, le 13 novembre 2012, contre le blocus des États-Unis, en adoptant, par 188 votes pour, 3 contre et 2 abstentions, la résolution intitulée «Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis».

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, réunis à Addis-Abeba (Éthiopie), du 15 au 19 juillet 2012, ont adopté, à leur dix-neuvième session ordinaire, la résolution Assembly/AU/Res.1(XIX) dans laquelle ils expriment leur soutien à la résolution cubaine et lancent un appel en faveur de la levée de cette politique.

CONCLUSIONS

Le blocus contre Cuba, qui repose sur le plan illusoire de faire plier tout un peuple par la faim, est un acte de violation du droit international, un acte contraire aux buts et principes de la Charte des Nations unies, et une violation du droit à la paix, au développement et à la sécurité d’un État souverain.

Le blocus reste une politique absurde, obsolète, illégale et moralement injustifiable, qui n’a atteint ni n’atteindra son but qui est de faire plier le patriotique peuple cubain, fermement décidé à préserver sa souveraineté, son indépendance et son droit à l’autodétermination.

Le gouvernement des États-Unis doit lever immédiatement et inconditionnellement le blocus. Cuba remercie une fois de plus la communauté internationale pour son soutien de plus en plus grand et demande son appui pour parvenir à mettre fin à cette politique injuste, illégale et inhumaine.

Durant la période analysée par le présent rapport, la traque contre les transactions financières internationales cubaines a été l’un des traits dominants de l’application du blocus. Celui-ci constitue non seulement le principal obstacle au développement économique et social du pays, mais aussi à une plus grande expansion de ses liens commerciaux avec le monde, et il entrave sérieusement la coopération internationale offerte et reçue par le pays.

Source : Ambassade du Cuba à Kinshasa


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