Violences, pillages, rackets... : La population continue de souffrir au Nord-Kivu

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image Deplacees dans l'Est de la RDC

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dénonce des « actes de violence à l’égard de la population, pillages, rackets » commis au Nord-Kivu, où « la population continue de souffrir ». Il signale que le premier mois de l'année en cours a été marqué, pour des dizaines de milliers de familles déplacées ou résidentes de l'Est du pays, par une lutte quotidienne pour trouver de l'eau, de la nourriture, ainsi qu'un semblant de sécurité.

« Alors qu'un calme relatif prévaut dans certaines zones du Nord-Kivu, comme dans la ville de Goma et ses alentours, la violence s'est propagée à d'autres lieux. Que ce soit dans la région du Masisi au Nord-Kivu, où les affrontements entre militaires et groupes armés ont continué, ou dans le Katanga où la violence est toujours présente, de nombreuses personnes, craignant pour leur sécurité, ont été forcées de se déplacer. Des actes de violence à l’égard de la population, pillages, rackets, etc., ont également été commis », a déclaré Franz Rauchenstein, chef de la délégation du CICR en République démocratique du Congo.

Des blessés de guerre opérés

L'équipe chirurgicale du CICR qui opère dans l'hôpital NDosho de Goma poursuit son travail.

« Plus d'une centaine de blessés de guerre a été opérée le mois dernier et un soutien psychologique a été fourni à ceux d'entre eux qui en avaient besoin, notamment aux enfants, dont beaucoup arrivent traumatisés par leurs blessures mais aussi fortement marqués par les violences qu'ils ont vécues. C'est le cas de ce jeune garçon de 9 ans, arrivé à l'hôpital dans un profond état de choc après avoir été témoin de la mort de sa petite sœur et d'autres membres de sa famille, et qu'il a en outre fallu amputer d'une jambe et d'un pied », renseigne le CICR. 

Il dit avoir « continué d'effectuer des visites dans différents lieux de détention civils et militaires de la RDC, parmi lesquels la prison centrale de Goma, et des travaux d'assainissement dans la prison centrale de Bunia, en Province Orientale » où il a remis en état des latrines, installé deux bornes-fontaines et construit un préau pour faire plus de place aux détenus dans cet établissement surpeuplé.

Assistance aux déplacés et évacuations médicales dans les Kivu

Au  Nord-Kivu, le CICR a fourni une aide alimentaire d'urgence et distribué des bâches fin décembre 2012 à plus de 23.500 personnes déplacées au cours du dernier trimestre 2012 en raison des affrontements dans le Masisi. Il leur a aussi livré notamment des casseroles, des seaux et des nattes.

« On observe aujourd'hui un regain d'hostilités entre groupes armés dans le Sud-Kivu. Les combats se rapprochent de plus en plus de la ville de Bukavu, et des zones très reculées, comme les territoires de Kalehe, au nord de Bukavu, et de Walungu / Shabunda, au sud-ouest, sont également touchées par les affrontements », selon Laetitia Courtois, chef de la sous-délégation du CICR au Sud-Kivu.

Courant janvier, une dizaine de blessés de guerre a été évacuée du territoire de Walungu (Sud-Kivu) vers des structures hospitalières de Bukavu. Six enfants souffrant de malnutrition sévère y ont également été transférés, depuis le territoire de Kabare, une zone très difficile d'accès.

« Dans le territoire de Ninja, au nord-ouest de Bukavu (Sud-Kivu), plus de 5 500 personnes vulnérables, à la fois déplacées et résidentes, ont reçu des semences maraîchères et des cordes (boutures) de patates douces qui peuvent se cultiver toute l'année sur des superficies réduites, et dont les premières récoltes s'obtiennent après 3 mois. Des étangs piscicoles ont aussi été réhabilités et des alevins de tilapias distribués à une soixantaine de familles de pisciculteurs », indique le communiqué.

Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, le calme relatif prévalant dans certaines zones a permis au CICR d'y reprendre son action de soutien des centres de santé et des maisons d'accueil des victimes de violences sexuelles. « Cette action avait été perturbée en novembre et en décembre ; les risques pour la sécurité étaient en effet très élevés et il avait fallu faire face d'urgence à l'afflux de blessés de guerre dans les hôpitaux », rapporte le communiqué du CICR.

Il souligne que, depuis le début de l'année, le CICR a également réuni avec leur famille 40 % des enfants qui avaient été enregistrés suite aux affrontements à Goma et ses environs fin 2012. Ce travail a été mené à bien avec l'aide de volontaires de la Croix-Rouge de la RDC ;  achevé la première phase d'un projet de remise en état de neuf bornes fontaines et de remplacement d’une partie des conduites abîmées entre le captage de la source d'eau et le réservoir de la Regideso, dans la ville de Walikale, dont la population est estimée à 60 000 personnes.

Par ailleurs, le CICR a formé aux premiers secours des brancardiers des forces armées de la RDC stationnés dans le territoire du Rutshuru (Nord-Kivu), organisé des séances de diffusion du droit international humanitaire, dont une à l'Université de Kananga (UNIKAN) au Kasaï Occidental, pour les étudiants en Droit international, et une autre pour des officiers du contingent marocain de la MONUSCO à Dungu (Province Orientale).

[Angelo Mobateli]


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