Home» FEMMES»

RDC : Création d'une police de protection de la femme et de l'enfant afin de lutter contre les violences sexuelles

Font size: Decrease font Enlarge font
image Police congolaise

« Entre janvier et juin 2014, près de 3 000 cas de violences sexuelles  ont été enregistrés dans les provinces du Nord-Kivu et du Maniema. Ces personnes ont été violées avant 2014 », a annoncé le 18 août 2014 l’hôpital Heal Africa, dans un communiqué de presse. Cet établissement hospitalier spécialisé à aider les femmes victimes des viols, a signalé avoir « recensé, au cours de la même période, 2 829 survivants de violences sexuelles dans ces deux provinces ». « Certaines victimes, en grande majorité des femmes, n’ont pas été soignées par cet hôpital qui est situé trop loin de chez elles, mais se sont rapprochées de centres plus proches. D’autres encore ont renoncé à venir car leur famille ne les encourage pas à venir si les blessures ne sont pas très graves », a précisé à Radio Okapile  docteur Jonathan Kasereka, responsable de l’hôpital Heal Africa. « Sur 440 dossiers suivis par les cliniques juridiques de l’hôpital, seulement près d’une centaine de jugements ont été rendus au Nord-Kivu et au Maniema », a-t-il déploré. 

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Maniema de la République démocratique du Congo (RDC), l’hôpital Heal Africa installé à Goma a enregistré « près de 3 000 cas de violences sexuelles  ont été enregistrés ».

Les violences faites à la femme étant innombrables dans l'Est de la RDC, le gouvernement a créé une police de protection de la femme et de l'enfant afin de lutter contre ces violences.

Le major Bodeli Dombi, qui s'occupe de la protection de la femme depuis 8 ans au Sud-Kivu, a dévoilé à la presse qu’il peut « arrêter jusque 600 hommes accusés de violences contre la femme ».

Au Nord-Kivu, c’est une femme policière qui s’occupe de la protection des autres femmes, le colonel Marie Bagale (photo), qui a dit à Radio Kivu:« Frapper une femme est une infraction grave qui, heureusement, est en baisse dans notre province. Plus de 20 personnes viennent se plaindre pour différentes raisons et recevoir des conseils sur la question des violences contre la femme ». 

Environ 3 000 personnes victimes de violences sexuelles en 6 mois

« Entre janvier et juin 2014, près de 3 000 cas de violences sexuelles  ont été enregistrés dans les provinces du Nord-Kivu et du Maniema. Ces personnes ont été violées avant 2014 », a annoncé le 18 août 2014 l’hôpital Heal Africa, dans un communiqué de presse.

Cet établissement hospitalier spécialisé à aider les femmes victimes des viols, a signalé avoir « recensé, au cours de la même période, 2 829 survivants de violences sexuelles dans ces deux provinces ».

« Certaines victimes, en grande majorité des femmes, n’ont pas été soignées par cet hôpital qui est situé trop loin de chez elles, mais se sont rapprochées de centres plus proches. D’autres encore ont renoncé à venir car leur famille ne les encourage pas à venir si les blessures ne sont pas très graves », a précisé à Radio Okapile  docteur Jonathan Kasereka, responsable de l’hôpital Heal Africa.

« Sur 440 dossiers suivis par les cliniques juridiques de l’hôpital, seulement près d’une centaine de jugements ont été rendus au Nord-Kivu et au Maniema », a-t-il déploré. 

A cette occasion, il a invité les partenaires de l’hôpital à « multiplier les efforts dans la lutte contre les violences sexuelles » dans l’Est de la RDC où la violence sexuelle, qui constitue un crime de guerre et un crime contre l’humanité, compromet la paix et la sécurité.

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes célébrée le 25 novembre de chaque année, l’ONU rappelle que « les violences sexuelles faites à la femme comportent d’énormes coûts sociaux et économiques ; elles affaiblissent la contribution des femmes et des filles au développement, à la paix et à la sécurité ».

Elles présentent aussi « une sérieuse menace à la réalisation des objectifs de développement internationalement convenus, notamment les Objectifs du Millénaire pour le développement ».

Au moins 40 cas de violences sexuelles enregistrés chaque jour en RDC

En octobre 2013, la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Geneviève Inagosi, avait révélé dans un rapport qu’« au moins 40 femmes sont violées chaque jour en RDC, soit plus d’une femme toutes les heures ».

Le document, élaboré avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), avait rapporté plus de 29 000 cas de violences sexuelles enregistrés de 2011 au 1er semestre 2013. 

« Une bonne sensibilisation à travers les médias peut aider à prévenir ces violences sexuelles. Ces violences sont commises notamment par des groupes armés, des milices et des civils. 59 %  de cas restent inconnus et la majorité des victimes ont moins de 18 ans », avait indiqué la ministre Inagosi.

Les informations contenues dans ce rapport concernaient 7 provinces : Bandundu, Bas-Congo, Katanga, Province-Orientale, Kinshasa, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

« La province la plus touchée reste celle du Nord-Kivu, avec 4 689 cas de violences sexuelles en 2011, plus de 7 075 en 2012 et 3 172 au premier semestre 2013. L’accroissement des cas est lié à la situation de conflit dans laquelle se trouve cette province. Elle est suivie par le Sud-Kivu et la province Orientale, deux régions où sévissent de multiples groupes armés accusés de plusieurs crimes, dont des violences sexuelles », précisait le rapport.

Au cours de la présentation de ce rapport, la ministre Inagosi avait déploré que des cas de violences soient rapportés même dans les zones épargnées par les conflits armés.

«C’est pour vous dire qu’il y a certaines pratiques qui expliquent cela. Nous devons travailler en synergie. Avec une bonne sensibilisation à travers les médias, je pense que nous pouvons prévenir les violences sexuelles», avait-elle estimé.

A son tour, le Secrétaire générale adjointe de l’Onu chargée de la question des violences sexuelles en zones de conflits, Zainab Hawa Bangura, avait a mis en garde tous les auteurs des violences faites à la femme en RDC.

«Les Nations Unies sont prêtes à déployer toute leur puissance pour traquer tous les violeurs qui qu’ils soient et où qu’ils se cachent», avait-elle affirmé.

== // ==

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

« L’action des dirigeants qui s’efforcent, par leur action législative et par un changement des mentalités, de contribuer à cette cause », a été de nouveau saluée mardi par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », célébrée le 25 novembre 2014.

En effet, comme il l’a souligné en 2013 à la même date, « de nombreuses voix s’élèvent en faveur de l’éradication de cette violence, qui touchera près d’une femme sur trois au cours de sa vie ».

C’est la raison pour laquelle il a rendu également hommage à « tous ces héros qui, partout dans le monde, aident les victimes à se rétablir et à devenir des agents de changement ».

Pourquoi cette Journée ?

L'assassinat le 25 novembre de 1960 des trois sœurs Mirabal, militantes politiques dominicaines, fut la principale raison qui a conduit la République dominicaine à proposer cette journée de lutte contre la violence faite aux femmes.

En 1993, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Cette Déclaration a défini le terme « violence à l'égard des femmes » comme étant « tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ».

« Le 17 décembre de 1999, l'Assemblée générale de l'ONU a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes. L'ONU a invité les gouvernements, les organisations internationales et les ONG à organiser des activités pour sensibiliser le public au problème de cette journée comme une célébration internationale. Le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) a également fait observer régulièrement le jour », rappelle-t-on.

En octobre 2006, a été présentée une étude sur toutes les formes de violence contre les femmes, comprenant des recommandations concrètes à l’intention des États, concernant notamment des recours efficaces et des mesures de prévention et de réadaptation.

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a donc été instituée parce que :

- La violence contre les femmes est une violation des droits de l’homme.

- La violence contre les femmes résulte d’une discrimination à l’égard des femmes, tant dans le droit que dans les faits, ainsi que de la persistance d’inégalités entre hommes et femmes.

- La violence contre les femmes a de lourdes conséquences et peut empêcher la réalisation de progrès dans certains domaines, comme l’élimination de la pauvreté, la lutte contre le HIV/sida et la paix et la sécurité.

- La violence contre les femmes et les filles n’est pas inéluctable et sa prévention est non seulement possible mais essentielle.

- La violence contre les femmes est un problème mondial. Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie

Faits et chiffres

35% des femmes et filles sont exposées à une forme de violence physique et/ou sexuelle au cours leur vie et 7 femmes sur 10 sont victimes d’abus dans certains pays.

L’Onu estime que » plus de 30 millions de filles âgées de moins de 15 ans risquent de subir des mutilations génitales féminines et que plus 130 millions dans le monde en ont été victimes ».

 Dans le monde, plus de 700 millions de femmes aujourd’hui mariées l’ont été enfant, dont 250 millions avant l’âge de 15 ans. Les filles qui se marient avant l’âge de 18 ans ont moins de chances de finir leur scolarité et sont plus exposées à la violence domestique et aux complications liées à la grossesse.

Les coûts et conséquences dus à la violence à l’égard des femmes se font sentir sur plusieurs générations.


Cet article a été lu 5823 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
1.00