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RDC : La violence à l’égard des femmes reste préoccupante

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image Olive-Lembe et "Joseph KABILA" - Couple présidentielle

L’humanité célèbre ce mercredi 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En République démocratique du Congo, cette journée est une fois de plus entachée par la poursuite de cette pratique deshumanisante dans l’Est du pays, encore en proie aux conflits armés. Une situation qui exige le renforcement tous azimuts de la lutte contre ce fléau préoccupant. Un combat qui doit reste permanant jusqu’à son éradication.

Dans son dernier rapport, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) confirme cette tendance en documentant au cours du mois d’octobre dernier 407 cas de violations des droits de l’homme sur le territoire de la RDC. Ce qui représente une baisse par rapport au mois de septembre 2015 au cours duquel 503 violations avaient été enregistrées.

Les provinces les plus touchées restent les provinces de l’Est de la RDC, à savoir le Nord-Kivu (154 violations), l’ex-province Orientale (125 violations) et le Sud-Kivu (50 violations).

Dans cette partie du pays, le  BCNUDH a été documenté pendant la période considérée 33 victimes adultes de violences sexuelles commises principalement par des hommes armés. Face à l’ampleur de ce fléau, le  Gouvernement a pris l’engagement de poursuivre leurs auteurs devant la justice et d’intensifier ses efforts dans la lutte contre les violences sexuelles perpétrées par des hommes armés. Le rapport précise que quant aux violences sexuelles perpétrées par les combattants des groupes armés (16 victimes), elles sont principalement le fait des miliciens du Front de résistance patriote de l’Ituri (FRPI 10 victimes) et des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR 6 victimes).

La section de protection de l’enfant de la mission onusienne a pour sa part enregistré sept cas des filles victimes de viol dans les provinces affectées par le conflit. Voilà autant des raisons qui militent pour des sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs de cet acte odieux.

A l’occasion justement de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard de la femme, la secrétaire générale adjointe des Nations Unies et directrice exécutive de l’ONU/Femmes, Phumzile Mlambo Ngcuka, tire la sonnette d’alarme, en déclarant que partout dans le monde, la violence à l’égard des femmes et des filles demeure l’une des violations des droits humains les plus graves et les plus tolérées, tant comme cause que comme conséquence de l’inégalité des sexes et de la discrimination basée sur le genre.

Signe de sociétés en déséquilibre

Elle estime que sa présence continue est l’un des signes les plus clairs de sociétés en déséquilibre et nous sommes tous déterminés à changer cela.  » En cette journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes , nous le confirmons, ce type de violence n’est pas acceptable ; elle n’est pas inévitable, on peut y mettre fin « , a affirmé Madame Phumzile Mlambo Ngcuka.

La directrice exécutive de l’ONU/Femmes soutient que bien qu’il n’existe pas de réponse unique à une question aussi complexe, il est de plus en plus évident que certains types d’actions peuvent stopper la violence avant même qu’elle ne se produise, surtout lorsqu’elles sont prises en même temps.

Poursuivant dans le même sens, elle est persuadé que si toutes les parties concernées, pouvoirs publics ou simples citoyens, agissent de manière concertée, nous pourrons nous attaquer à l’inégalité des rapports de force et des structures qui existent entre les femmes et les hommes, de mettre en avant les changements nécessaires en termes d’attitudes, des pratiques et d’institutions.

» Essayez, a-t-elle dit, d’imaginer comment le monde des filles qui grandissent aujourd’hui pourrait être différent si nous pouvons empêcher les mariages précoces et les mutilations génitales féminines. Et si nous cessions de fermer les yeux sur la violence conjugale, les SMS injurieux, l’impunité dont jouissent les violeurs, l’esclavage des femmes dans les zones de conflits, les meurtres des femmes qui défendent les droits humains ou l’hostilité des commissariats de Police et des tribunaux face aux témoignages des femmes sur la violence dont elles sont l’objet « .

Par ailleurs la directrice exécutive de l’ONU/Femmes apprécie les progrès accomplis en améliorant les lois qui caractérisent ces actes violents et portant atteintes aux droits humains. Déjà 125 pays ont promulgué des lois contre le harcèlement sexuel, 119 ont promulgué celles contre la violence domestique.  Mais, 52 pays seulement disposent d’une législation concernant les violences conjugales.

Madame Phumzile Mlambo Ngcuka reste également convaincu qu’ensemble, les leaders et décideurs politiques et ceux de la Société civile, les directeurs généraux et autres enseignants, peuvent donner le ton de la tolérance zéro contre la violence basée sur le genre.

La mobilisation des communautés et les interventions de groupes en faveur des femmes comme des hommes, les programmes éducatifs et l’autonomisation des femmes, rappelle-t-elle, ne sont que quelques-unes des interventions qui ont un impact lorsqu’elles sont associées à d’autres changements légaux, comportementaux et sociaux.

En Ouganda, constate-t-on, le fait d’inciter les communautés à discuter du déséquilibre des rapports de force entre les femmes et les hommes a fait diminuer de moitié les chiffres des violences physiques perpétrées par les hommes armés contre leurs partenaires. De même à Myanmar, la fourniture de services d’assistance juridique aux femmes rurales améliore l’accès à la justice et il a été prouvé que rien que la formation d’un petit groupe de responsables masculins a contribué à un changement de comportements chez les près de 40 pourcent des hommes dans les communautés cibles.

Campagne  »Orangez le monde » lancée

» Nous lançons aujourd’hui, a-t-elle déclaré, la campagne  »Orangez le monde », en sachant d’avance que les conducteurs de tuktuk au Cambodge, les stars du football en Turquie, les agents de Police en Albanie, les écoliers d’Afrique du Sud et du Pakistan et des centaines de milliers d’autres personnes dans le monde ont pris position, chacun à sa manière « .

Pour la première fois, elle a relevé que des objectifs précis d’élimination de la violence contre les femmes ont été inclus dans l’agenda 2030 pour le développement durable. Ces objectifs requièrent une accélération des actions en cours.

Elle rappelle que lorsque plus de 70 leaders mondiaux ont pris la parole à New York, le 27 janvier dernier à l’occasion de la réunion des leaders mondiaux sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, la majorité d’entre eux ont déclaré que mettre fin à la violence contre les femmes et les filles était devenu une action prioritaire.

 » Je suis persuadée que si nous unissons nos efforts, si les Gouvernements, les organisations de la société civile, le système des Nations Unies, les entreprises, les écoles et les personnes se mobilisent au sein de nouveaux mouvements de solidarité, nous finirons par créer un monde plus égal, une planète 50-50, où les femmes et les filles pourront vivre et vivront effectivement à l’abri de la violence « , a-t-elle conclu.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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