La RDC face aux grands défis mondiaux
S’il est évident que le monde d’aujourd’hui est confronté aux grands défis, la RDC l’est aussi tout autant. Les grandes puissances de la planète, dont les Etats-Unis d’Amérique, la Russie, l’Europe de 25 (Avec le poids dominant des pays comme la France, l’Allemagne et l’Angleterre) ainsi que les puissances émergentes dont la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Arabie Saoudite et l’Afrique du Sud, se sont retrouvés du 7 au 18 décembre 2009 dans une conférence onusienne de Copenhague sur le réchauffement climatique initiée dans le but d’éviter à la planète Terre une catastrophe environnementale en limitant de ce fait les conséquences du réchauffement climatique.
Le plus récent, le plus visible aussi c’est la crise financière mondiale due à la crise du crédit qui n’arrête pas de faire des vagues parmi les économies de grands pays pourvoyeurs des capitaux du système financier international aux conséquences néfastes sur les pays en développement et africains très pauvres.
Il est certain que les conséquences du changement climatique sont de plus en plus visibles, évidentes, dramatiques et dévastateurs pour l’ensemble des populations de la planète. Et dans cette crise planétaire, tout le monde est concerné, pas plus pas moins, les pays riches industriels comme les pays pauvres en voie de développement.
La RDC qui détient la deuxième forêt tropicale au monde faisant de lui un deuxième poumon de la planète était aussi bien présente parmi les délégués de 193 pays représentés. Les questions environnementales ayant été à l’ordre du jour, les enjeux économiques et stratégiques de chacun d’entre eux étant aussi de taille, les questions financières y ont été largement évoquées pour aider les pays en voie de développement à faire face au réchauffement climatique et à stopper la progression de la pauvreté.
DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX, … MAIS, AUSSI GEOSTRATEGIQUES
Les enjeux environnementaux, les enjeux économiques et financiers, géostratégiques aussi, ont pris le devant de la scène, chacun défendant son intérêt vital. La Chine et l’Inde qui tiennent à préserver à tout prix leurs économies en forte croissance, les Etats-Unis dans une situation de relance économique souhaitent consolider la reprise, et l’Europe de 25 qui peine à trouver une croissance économique confortable se trouve confrontée à la montée généralisée du chômage avoisinant près de 10% de sa population active et à la détérioration des économies nationales.
Les grands défis pour le Congo d’aujourd’hui et de demain sont d’ordre politique, sécuritaire, économique et social, énergétique et environnemental. Pour cela, nous devons nous-mêmes nous créer des conditions qui permettent de prendre en compte notre propre avenir. Le Congo de demain sera à l’image de ce que nous sommes capables d’en faire aujourd’hui.
D’une part, les questions pétrolières entre le Congo et l’Angola, et aussi entre le Congo et l’Ouganda, et d’autre part, les questions gazières entre le Congo et le Rwanda en vue de l’exploitation du gaz méthane du Lac Albert sont primordiales et définissent le caractère stratégique des relations géopolitiques du domaine économique et sécuritaire que le Congo doit entretenir avec ses voisins directs.
Les firmes transnationales qui produisent et consomment du pétrole et du gaz méthane des régions citées ci-haut sont, par la force des choses, des multinationales (sociétés financières et commerciales) américaines, françaises, chinoises, canadiennes, belges, anglaises ou peut-être et sérieusement demain indiennes, brésiliennes, russes, sud-africaines ou saoudiennes.
Leur présence dans ces régions donne une tournure internationale aux affaires. Ce qui implique, en cas des conflits, des solutions de nature multinationale aux questions soulevées par l’exploitation et la gestion des richesses naturelles des zones frontalières d’intérêt commun.
Les défis énergétiques sont de taille pour la RDC pour assurer son propre développement, son autosuffisance énergétique et l’autofinancement de son économie. La question est cruciale d’autant plus qu’il faudra trouver des nouvelles sources d’énergie propres et économiquement rentables capables de fournir de l’énergie bon marché à l’ensemble des pays de la CEEAC, SADC, COMESA, CPGL. Même si parmi ces pays, il y en a comme l’Angola et le Gabon avec leurs barils de pétrole et l’Afrique du Sud avec ses futures centrales nucléaires qui peuvent s’assurer, à court et à très long terme, leur indépendance énergétique et réunir à la fois les conditions d’un décollage économique semi autonome rapide et d’un progrès social visible parmi les populations.
Avec un potentiel hydroélectrique évalué à plus de 100.000 mégawatts, quelques barils de pétrole brut, quelque mètres cube de gaz naturel, des millions de tonnes des agri-carburants, la RDC peut faire face aux enjeux énergétiques d’aujourd’hui et de demain en se dotant d’une chaîne de production nationale et de fourniture en énergie propre à l’ensemble de 10 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), ceux de la Communauté économique des Pays de Grands lacs et aussi la Zambie, la Tanzanie et l’Ouganda et quelques uns de 15 pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ainsi que le Nigéria et l’Egypte. Un marché colossal de plus de 300 millions d’habitants juste à la portée de la RDC.
Les gisements pétroliers ne suffiront plus comme énergie propre et bon marché ! Il faut faire face à d’autres sources d’énergie comme les énergies renouvelables du type solaire, éolien et biocarburant…dont les technologies nécessitent aujourd’hui bien des investissements financiers.
En 2009, la consommation mondiale d’énergie dite « primaire » était de moins de 10 milliards de tonnes équivalent pétrole (TEP) avec le pétrole qui représente 36% de la consommation et l’électricité 10% de la consommation mondiale. En 2050, la consommation mondiale d’énergie passera à 22 milliards de tonnes d’équivalent pétrole (TEP) ainsi, selon des experts, de nouvelles politiques climatiques rigoureuses et modérées associées aux nouvelles tendances en matière de la production de l’électricité permettront de faire en sorte que les émissions de gaz à effet de serre (CO2) restent stables jusqu’en 2030. Elles diminueront ensuite jusqu’en 2050.
De ce fait, nous sommes persuadés qu’étant données les nouvelles technologies en matière de production et de consommation de l’énergie électrique, l’hydroélectricité doit devenir un des pivots centraux des politiques en matière environnementale de la RDC et de 11 pays de la CEEAC, ceci dans une vision globale d’une meilleure efficacité énergétique.
Pour voir ce que signifie tout ça, regardons un peu l’ordre de grandeur chez les autres ! Les trois grandes régions consommatrices d’énergie dans le monde sont : les Etats-Unis (20%), l’Union européenne (16%), la Chine (10%). En 2005, l’Europe a consommé 1.816 millions TEP et passera à 2.000 millions TEP en 2020. Aujourd’hui, la Chine est devenue la deuxième consommatrice d’énergie après les Etats-Unis. Mais, elle en manque cruellement pour sa consommation intérieure et surtout pour son industrialisation en forte progression. En 2020, elle devra consommer plus de 900.000 MW d’électricité contre 400.000 MW aujourd’hui.
La Chine a ses raisons que la raison n’ignore pas! Pour maintenir sa croissance économique à un rythme annuel dans une fourchette de 8% à 10%, la Chine a besoin de produire plus pour satisfaire une demande intérieure toujours croissante et de plus en plus à un coût de revient relativement faible. Pour y arriver, elle possède déjà une main d’œuvre nombreuse et bon marché. Elle a des atouts considérables : des débouchés en Europe, aux Etats-Unis, en Russie et en Afrique. Elle a en outre, des moyens financiers colossaux ! A fortiori, on croirait qu‘elle manque de rien. Faux.
Il lui manque bien des choses : beaucoup de matières premières, de l’énergie bon marché, de technologies pointues lui permettant de produire plus des produits manufacturiers très compétitifs, très élaborés et à très bas prix pour les mettre afin sur le marché mondial.
Notons que les balances commerciales de la Chine sont aujourd’hui excédentaires : 9,74% du PIB en 2006 soit 307.477 milliards Usd courant et 6,77% du PIB en 2008 soit 243 461 milliards US courant (études de l’Université de Sherbrooke pour la Banque mondiale du 20/12/2009). A cela, ajoutons dans presque le même ordre de grandeur l’Inde, le Brésil, la Russie, les Etats-Unis et l’Europe…
Vous remarquerez que toutes ces puissances à la fois politiques et économiques manqueront un jour de l’énergie indispensable à la croissance de leur production et à la conquête de nouveaux marchés mondiaux. Ces économies-là puissantes soit-il tenteront à coup sûr de trouver cette énergie-là où il y en a, bien entendu ailleurs!
DES DEFIS ENVIRONNEMENTAUX REELS…
Au sommet climatique de Copenhague initié par l’Onu au Danemark en décembre 2009, les grandes puissances n’ont pas trouvé un compromis global acceptable par tous consistant à sauver la planète contre le réchauffement climatique. Les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Europe (Allemagne, France, Angleterre en tête du peloton) pour ne parler que de ceux-là, ne se sont pas mis d’accord sur un cadre contraignant légal et sur l’aide à octroyer aux pays en voie de développement. Même si une enveloppe financière de l’ordre de 100 milliards Usd annuels a été évoquée. La frontière infranchissable s’est établie entre les pays à économie émergente, les pays industriels très développés et les pays en voie développement justifiée par l’attitude systématique de chacun de ces pays à défendre ses intérêts nationaux dits économiques et financiers.
Au fond, les grandes questions sont lesquelles? Comment produire des biens et services de demain ? Comment maintenir sa croissance économique à long terme et créer ses richesses? Les grandes questions auxquelles le monde doit apporter vite des solutions vitales sont : l’eau potable pour les populations urbaines et rurales, la terre fertile pour l’agriculture, les espaces vitaux pour les habitations et la préservation des forêts pour atténuer les effets du réchauffement climatique lié au gaz à effet de serre (CO2) émis par l’activité intense de l’homme notamment l’activité industrielle, les véhicules polluants, les systèmes de chauffage et autres systèmes de pollution.
Les défis environnementaux d’aujourd’hui et immédiats pour la RDC sont circonscrits dans ses capacités à lutter efficacement contre le réchauffement climatique notamment en apportant des solutions rapides intégrant un cadre légal rassurant pour la communauté internationale dans la lutte contre la déforestation et dans le progrès du développement durable. Autrement dit, il faut conduire une vraie politique de développement durable qui laisse vivre l’ensemble des populations locales dans le respect de l’environnement en préservant les terres, les eaux, les forêts congolaises, et par la même occasion, d’initier une politique régionale de développement économique et social intégral qui prend en compte l’émergence d’une économie verte à l’échelle de l’ensemble de 11 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et des populations concernées par les forêts tropicales dites du « Bassin du Congo » et le bien fondé des nouvelles perspectives du développement économique et social à l’échelle régionale, continentale et planétaire.
Les pluies arrosent abondamment le Congo. De part ses eaux douces, fluviales et ses pluies abondantes, ses terres fertiles et ses massifs forestiers tropicaux, la RDC est à la fois le château d’eau de l’Afrique et son grenier, et aussi le deuxième poumon de la planète après le Brésil avec sa forêt amazonienne.
Ainsi, préserver les eaux, les terres, et les forêts congolaises pour sauver l’humanité devient presqu’une obsession pour certains Etats puissants du monde qui se livrent parfois à des attitudes belligérantes contre la RDC et à des propos à la limite de l’ingérence et de l’inacceptable.
La plus grande ressource du Congo c’est l’eau. Elle est vitale pour l’ensemble de nos populations. Que serait le Congo sans son fleuve? Comme l’a déclaré un jour l’ex-président égyptien Sadate : « La seule raison pour l’Egypte d’entrer dans une nouvelle guerre contre un pays voisin c’est l’eau du Nil ». C’est pour comprendre que l’eau est un atout majeur pour le Congo et que ses premières richesses aujourd’hui sont l’eau, la terre, et la forêt que nous comptons bien préserver pour l’avenir de nos enfants.
Croyez-le sur parole : les eaux douces, les terres fertiles, les forêts vertes sont des enjeux majeurs pour la survie des populations de demain car l’humanité en a pleinement besoin.
Aujourd’hui, faudra-t-il ainsi le souligner, il y a une prise de conscience générale en matière écologique pour bien des congolais. Pour nous, la croissance économique de 2020 à 2050 sera verte et le Congo entend prendre sa place dans le concert des nations pour la défense des ses acquis naturels. Face à cette demande croissance des nations, le défi environnemental et climatique pour les congolais sera de taille.
DEFIS ECONOMIQUES ET DEBOUCHES COMMERCIAUX…
Le commerce, l’industrie, l’agriculture, l’énergie… seront, dans un avenir proche, les secteurs d’interconnexion des économies régionales et sous régionales africaines : Afrique centrale, australe, orientale…
En 2020, la population congolaise est estimée à plus de 80 millions d’habitants, celle de Nigéria à plus de 120 millions d’habitants pour ne parler que de ces deux géants d’Afrique ! Dans l’entretemps, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi déjà très surpeuplés avec une densité respective de 105 hab. /Km², 350 hab. /km² et 223 hab./km² auront atteint aussi à eux trois une population estimée à plus de 80 millions d’habitants pour des pays qui en comptent dans l’ensemble que moins de 60 millions aujourd’hui.
La plupart des pays frontaliers de la RDC sont petits et représentent à l’échelle continentale un marché intérieur très restreint. Sauf le Soudan, malgré ses difficultés dans la région du sud-ouest (les trois Etats du Darfour), les risques terroristes et les troubles sociaux-politiques, qui est la première superficie du continent avec plus de 2.505.000 km², une population estimée à 45 millions d’habitants et une densité de 15 hab./km² qui donne les garanties d’un marché intérieur important et d’une économie émergente dans un futur proche. Dans le même registre presque, ajoutons l’Angola (moins de 13 millions d’habitants, une densité de 10 hab. /km²) de par ses multiples ressources naturelles et sa superficie.
Les 7 autres pays frontaliers sont dépendants économiquement de la RDC du fait de ses ressources naturelles, ses potentialités énergétiques, ses possibilités agricoles, ses forêts, ses eaux, sa main d’œuvre qualifiée et surtout ses débouchés commerciaux (marché intérieur). Quant au Sud Soudan, les enjeux sont non seulement économiques mais aussi démographiques : la recherche des terres fertiles.
Economiquement diminués par l’étroitesse des superficies agricoles rentables et la croissance rapide de leurs populations respectives, le Rwanda et le Burundi trouveront le salut que dans la Communauté économique des pays de Grands lacs ainsi que dans des accords sectoriels bilatéraux sous-régionaux incluant notamment l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya et la RDC. Accroître leur balance commerciale en exportant plus au Congo à tout prix sera pour eux presqu’une obsession, une question de vie ou de mort! Malgré les difficultés liées à l’eau potable connues en Angola et ses richesses dont entre autre l’or noir, malgré aussi la désertification qui touche le développement agricole de la Zambie, ces deux pays resteront des partenaires économiques fiables de la RDC vu l’intégration des populations et les possibilités de facilité des transactions commerciales dans les trois pays. Les uns les autres, ils auront besoin des sources de production fiables industrielles et agricoles, de la main-d’œuvre qualifiée et des débouchés commerciaux indispensables au maintien d’une croissance économique à long terme dans leurs pays respectifs.
Quant à la Tanzanie avec une population estimée à moins de 41 millions d’habitants, une densité presque de 41,7 hab. /km² et un dynamisme économique réel, elle peut ouvrir des débouchés commerciaux maritimes sur l’océan indien indispensables à l’ouverture sur l’extérieur des économies enclavées des pays de l’Afrique orientale et celle du Congo. Et, à bien des égards près, de part sa position géographique vis-à-vis de la région Est (Lac Tanganyika) de la RDC, ce pays est voué à devenir notre partenaire économique non négligeable. Le grand défi, il faudra lui fournir de l’énergie électrique pour son propre développement.
La République centrafricaine et la RDC sont séparées par la rivière Ubangi d’une longueur de 2.272 km qui se verse dans le fleuve Congo et constitue une frontière naturelle entre les deux pays. Pas de problèmes majeurs entre les deux Etats. Les populations de part et d’autre peuvent circuler tranquillement. On peut y être à la fois de nationalité congolaise quand on est au Congo et centrafricaine quand on est en Centrafrique tant qu’on n’est pas candidat député national ou gouverneur de Province. Un acquis du mobutisme d’une certaine époque glorieuse.
Moins peuplée avec moins de 5 millions d’habitants et une densité à peine de 6 hab. /km², la République centrafricaine peut s’auto-suffire économiquement sans le concours notable de son grand voisin du Sud. Mais, l’étroitesse de son marché intérieur peut pénaliser son avenir économique. Sinon, elle devra se trouver des débouchés commerciaux dans le Nord de la RDC dans la région de l’Equateur aussi largement plus peuplée qu’elle (presque le double : 8 millions d’habitants). Au besoin, son voisin n’hésitera pas à lui fournir de l’énergie électrique bon marché pour son décollage économique tirée de son cher Barrage hydroélectrique de Zongo.
En 2020, la communauté d’agglomération Kinshasa-Brazzaville aura atteint une population estimée à plus de 15 millions d’habitants, une manne pour Brazzaville qui n’en compte que 2 millions aujourd’hui!
Mais, aujourd’hui en 2010, le Congo/Brazzaville n’a pour tout dire qu’une population estimée à moins de 4 millions d’habitants pour une densité presque de 8,5 hab./km². Ainsi pour des raisons de proximité géographique, les régions de Kinshasa (10 millions d’habitants presque), du Bas-Congo (3 millions d’habitants presque), de Bandundu (5 millions d’habitants presque), de l’Equateur (8 millions d’habitants presque) et de Cabinda, une province d’Angola voisine (265.000 habitants) ont presque au total dans l’ensemble une population de plus de 26 millions d’habitants.
D’une part, ceci constituerait les premiers débouchés commerciaux de la République du Congo au cas où la RDC se mettrait dans une situation d’importer que des produits agricoles et industriels venant du Congo d’en face au lieu d’en produire elle-même sur place. Et d’autre part, cela développerait leurs secteurs industriels et agricoles au détriment des nôtres. Ce cas est similaire avec tous les autres pays frontaliers de la RDC.
Ainsi, imaginons le port maritime de Pointe-Noire (Congo-Brazza) s’agrandir au détriment de celui de Matadi pour exploiter toutes les importations et les exportations de la RDC et qu’un pont sur le fleuve Congo relie Kinshasa et Brazzaville, que la Zambie assure continuellement les transits de toutes les importations et les exportations des régions du centre et du Sud-est du pays (les deux Kasaï et le Katanga) 10 fois plus riches qu’elle comme le cas d’ailleurs aujourd’hui, que le Burundi et le Rwanda fournissent les produits industriels et agricoles aux provinces de l’Est notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema et que l’Ouganda quant à elle fournisse les produits agricoles et industriels à la province Orientale.
Premièrement, pour le Congo-Kinshasa qui accuserait des retards dans les secteurs vitaux de l’économie nationale, on assisterait très vite à une tertiarisation de son économie, à une économie nationale dépendante de l’extérieur avec une balance commerciale déséquilibrée (Plus d’importations et moins d’exportations), à une fuite des cerveaux et de la main-d’œuvre qualifiée, des ingénieurs et cadres divers…comme le cas de la Gécamines et le Miba d’aujourd’hui. Deuxièmement, on verra surgir très rapidement le développement économique de ces pays-là, des économies émergentes capable de relever considérablement le niveau de vie de leurs propres populations et dont notre pays ne sera que pourvoyeur des matières premières primaires indispensables à leurs industrialisation.
Si cette situation perdure, il est certain que la RDC enrichirait tous ses pays frontaliers notamment le Congo-Brazzaville, la Zambie, l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda 10 fois de plus qu’elle-même comme dans les siècles passés l’Espagne enrichit l’’Angleterre avec ses sociétés d’assurance et ses fabricants de navires ainsi que la France avec ses producteurs de vin de la région du Sud-ouest, deux pays qui aujourd’hui, sont encore plus riches qu’elle. A l’époque coloniale, l’économie du Royaume d’Espagne en très forte croissance grâce aux richesses de ses colonies dont le Mexique a facilité le décollage de l’économie agricole française et anglaise liées aux services et à l’industrie navale.
Pour certains pays, les besoins énergétiques, la bataille pour la conquête des marchés et les débouchés commerciaux en RDC est une question vitale, disons même de survie et de mort. Une véritable course à la puissance économique régionale est lancée.
Le développement commercial, agricole, industriel qui s’appuie sur la croissance démographique et les débouchés commerciaux constituent des défis mondiaux indéniables pour la RDC face à ses voisins immédiats et leurs partenaires commerciaux lointains.
LUTTE CONTRE LA PAUVRETE : LES QUESTIONS SOCIALES ET L’EMPLOI…ET AUSSI L’IMMIGRATION…
Le développement économique et social ainsi que la lutte contre la pauvreté dans les milieux urbains et ruraux restent des défis majeurs auxquels le Congo d’aujourd’hui et de demain se trouve confronter. Bien que le traitement politique et économique du chômage soit une préoccupation majeure pour l’ensemble des politiques publiques nationales, les questions sociales et les questions de pauvreté sont de taille continentale et à ce titre, préoccupent tous les pays africains. Ainsi, des solutions durales doivent être trouvées dans un cadre très large avec l’ensemble des partenaires économiques et politiques régionaux notamment la CEEAC, la CPGL, la COMESA, le SADC…en matière de financement des économies, production énergétique, protection environnementale, promotion du développement…
Des remèdes aux questions sociales, aux questions de l’emploi, aux questions de santé des populations ainsi que les défis de l’éducation et de la formation professionnelle pour tous, la lutte contre l’illettrisme sont des équations à prendre en compte dans la perception de notre démarche de développement. Les défis économiques sont de taille pour sortir nos populations du sous-développement chronique quand bien même le chômage apparaît aujourd’hui comme un phénomène planétaire et est cause principale de l’immigration galopante. Stopper ainsi l’immigration pour ne pas pénaliser notre propre développement économique devient une préoccupation. La fuite des médecins, des ingénieurs, des infirmiers, des aides soignantes, des électriciens…que sais-je encore… vers des cieux mieux rémunérés devient une source d’inquiétude immense.
Relever le niveau de vie des citoyens congolais en améliorant la qualité des soins de santé dans les milieux ruraux et urbains, améliorer le système éducatif, moderniser les infrastructures hospitalières pour lutter contre diverses maladies, assurer la sécurité des transports urbains, routiers, aériens et fluviaux sur l’ensemble du territoire national doit demeurer le fondement de l’action gouvernementale et l’obsession de tous dirigeants politiques congolais. L’économie verte demeure le moteur de la croissance économique de grandes nations dans les années à venir de 2020 à 2050. Elle est à notre portée pour répondre à un des grands défis du moment qui touche aussi notre pays : la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde.
A cette allure du réchauffement climatique, de la déforestation, de la désertification et de la croissance démographique, les africains des pays limitrophes comme le Soudan et le Rwanda, ceux des pays lointains comme le Niger et le Tchad et, voire même les ressortissants des pays européens seront tentés d’immigrer dans la région du « Bassin du Congo » à la recherche des sources d’eau potable, des terres fertiles et des espaces vitaux. De ce point de vue, l’immigration constitue un facteur d’inquiétude dans le cas où notre pays ainsi que la communauté internationale ne se seraient pas préparé à accueillir des flux migratoires importants sur le sol congolais.
Le Rwanda dont le prétexte éternel voulu est le manque de terres fertiles, n’arrêtera jamais de verser des milliers des rwandais monoéthniques dans les deux Kivu au mobile que la région est riche et sous-peuplée. Les petits pays européens notamment surpeuplés comme la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et même l’Autriche se sont pourtant développés sans pour autant vouloir à tout prix les terres fertiles de leurs voisins plus grands : la France et l’Allemagne.
Il n’y a pas que l’Agriculture qui développe, l’industrie et les services aussi. Pour cela, il suffit de jeter un coup d’œil à la Corée du Sud… Vous comprendrez pourquoi certains Plans tels que « Cohen » et autres sont souvent très mal inspirés car s’appuyant sur aucune réalité, ni culturelle, ni géographique voir même géopolitique et bien moins encore sociologique, et sont voués à l’échec. Car tout espace géographique congolais de quelque part appartient toujours à une tribu et donc à un schéma sociologique défini et très ancestral.
Aux Etats-Unis, les petits Etats de l’Est comme Virginie, New Jersey, Massachusetts, Delaware… n’ont pas à envier les plus grands comme Californie, Texas, les Carolines… pour se développer. Tout de suite, vous comprendrez le mensonge de Cohen, le manque de culture et la mauvaise foi comme de fois, il est question outre atlantique. Cas de l’Irak. Parfois, même ceux-là qui nous ont colonisés perdent le sens de notre culture et de la sociologie congolaise. Pourtant ça fait des siècles que nous sommes ensemble non ? Pour eux, le maître-mot « dépecer », diviser pour mieux régner tout simplement. Très bien messieurs, venez, on vous attend !
En Afrique, si le principe est tel que les petits pays se développeraient plus vite que les plus grands, la raison pour laquelle il faut diviser les plus grands, ça fait des décennies que le Rwanda, le Burundi, le Togo, le Congo Brazza, le Bénin, le Sénégal, les Guinées…les plus petits donc seraient de petites suisses africaines. Or, il n’en est même pas question. Ils sont très loin derrière les grands : Le Soudan, l’Algérie, l’Afrique du Sud, la RDC, l’Angola…
CERTAINS PLANS SONT FARFELUS ! DEFIS D’ORDRE SECURITAIRE …
La sécurité nationale, la défense de l’intégrité territoriale nationale et le respect absolu de nos frontières issues de la Conférence de Berlin en 1885-1886 demeurent le fondement de notre politique de bon voisinage, de partenariat économique international et de solidarité avec d’autres nations et d’autres peuples du monde entier.
Faire respecter les « Droits de l’Homme » notamment les droits des enfants, les droits des femmes, les libertés publiques et l’égalité devant la loi sur l’ensemble du territoire national relève de l’efficacité de fonctionnement de l’administration publique, des instances judiciaires et des services de l’Etat ainsi que de la prise d’une conscience globale pour un Etat de droit.
Le Congo ne doit pas être la seule démocratie de la région ! Pour sauvegarder l’équilibre régional, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, le Soudan ainsi que d’autres pays frontaliers doivent aussi s’aligner sur un processus démocratique irréversible et le respect des Droits de l’Homme, des femmes et des minorités et surtout, faciliter l’accès au pouvoir par voie démocratique et l’intégration politique de tous. Ainsi l’application des « Droits de l’homme et du citoyen» sur l’ensemble du territoire national et faire comprendre à l’ensemble des pays voisins de faire pareil constitue un autre défi majeur du niveau régional. La nation, la consolidation d’un Etat de droit…Puis surtout, assurer la sécurité des citoyens…
La nation est un espace vital dont le territoire limité géographiquement par des frontières reconnues par le droit international porte un nom par lequel le peuple est tenu de s’y identifier. Son fonctionnement lié à une organisation administrative et hiérarchique qui établit des rapports avec sa population défini dans la Constitution lui confère la qualité d’un Etat. Des nations, des Etats et des peuples établissent des relations entre eux.
Le rôle des Etats, des organisations internationales, des entreprises multinationales et des organisations non gouvernementales est primordial dans les relations avec les nations ainsi que les peuples du monde entier. Leur existence établit des réels rapports des Etats entre eux, des Etats et leurs concitoyens et des individus entre eux. Ainsi plus facilement, la diplomatie, la politique, le commerce, l’économie, les finances, l’humanitaire rapprochent les nations et créent des liens solides entre les peuples.
Ce sont essentiellement des grandes ONG, notamment Oxfam, Médecins sans frontières (MSF), Amnesty international, Médecins du monde (MDM), Greenpeace, Human Wrigt Watch…qui se targuent d’avoir amené les Etats et les organisations internationales à se préoccuper de la défense des « Droits de l’Homme », des questions humanitaires, des questions environnementales, la lutte contre la pauvreté, la corruption…De part leurs activités intenses sur la scène internationale, elles sont de plus en plus influentes ayant acquis une certaine notoriété mondiale.
Très actives sur le terrain où se déroulent bien des conflits et désastres humanitaires notamment à l’est du Congo, au Rwanda, en Angola, à Gaza, au Darfour, aux Philippines, au Sri Lanka, en Haïti…, elles sont souvent en contact permanent avec des populations avant même les Etats et deviennent pour beaucoup l’incarnation de la société civile internationale, le symbole du nouveau monde et une nouvelle conscience.
La présence sur le sol national des grandes entreprises multinationales comme Western Union, Rakeen, Fina, Texaco, Vodacom, Zain, Bralima, Bracongo ou autres qu’elles soient canadiennes, françaises, américaines, belges, hollandaises, chinoises et aujourd’hui moyen-orientales ou indiennes n’est pas toujours très mauvaise nouvelle tant qu’elles ne s’ingèrent pas dans ses conflits ou n’en créent pas.
Les firmes transnationales dont la nationalité est souvent difficile à détecter ont une importance capitale dans tout circuit économique national. Elles apportent une manne vitale non la moindre aux finances publiques, des emplois stables salariés pour des ménages et des milliers d’individus. Surtout, elles concourent au transfert des capitaux et des techniques indispensables à l’émergence à l’échelle nationale des systèmes industriels et économiques performants capables de changer le paysage économique de nos régions. Ce sont aussi des modèles d’organisations qui nous apportent des outils et des méthodes de travail nous permettant ainsi de façonner notre façon de travailler notamment pour la rentabilité, l’efficacité, la productivité,…de nos propres entreprises, associations,…Notons-les !
La configuration géopolitique de la RDC et sa position géographique au centre de l’Afrique lui apporte une certaine notoriété internationale géostratégique notamment avec ses 9 pays frontaliers, son appartenance aux organisations internationales comme l’ONU, OMS, OMC, Francophonie et sous-régionales comme CEEAC, SADC, COMESA, CPGL.
Par le rapprochement intelligent avec des Etats amis comme les Etats-Unis, la France, la Belgique, la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud et tant d’autres, mais aussi des organisations internationales, des organisations non gouvernementales et des entreprises multinationales, nous pouvons consolider nos liens avec d’autres nations et renforcer ainsi notre position au sein de la communauté internationale dans le but de sauvegarder nos intérêts, de renforcer notre sécurité nationale et ainsi que celle de nos populations.
Le rôle d’un Etat c’est d’organiser ses institutions de telle manière qu’il se dote des moyens humains, matériels, et stratégiques appropriés indispensables à la défense systématique de ses intérêts, de ses citoyens et la nation. Il doit disposer des ressources nécessaires pour faire face à ses missions de défense et de sécurité.
La consolidation d’un Etat de droit passe par le renforcement des institutions, l’application de la justice pour tous, la reconnaissance du droit de chaque citoyen vis-à-vis de la puissance du pouvoir public et le respect du droit universel dans le but d’apporter à chaque individu le maximum de sécurité. L’Etat congolais s’aligne progressivement sur ce schéma. Le grand défi c’est d’y parvenir.
Instaurer la démocratie dans certains pays, faire respecter les droits de l’homme, consolider des Etats de droit pour ne pas priver des populations de leurs libertés… ce sont-là de mon point de vue des défis auxquels bien des nations auront à faire face dans les 50 années qui viennent. Le Congo aussi devra se battre pour ne pas se faire pointer du doigt. Nous avons la volonté et des atouts pour y parvenir.
Pour les uns qui croiraient que l’Etat congolais est mort depuis très longtemps, ils seront étonnés de revoir se bâtir une conscience nationale globale vouée, comme dans les années soixante avec Patrice Emery Lumumba et tant d’autres forces dormantes, à défendre contre vents et marrées l’intégrité territoriale du pays et l’intangibilité des frontières nationales.
De Léopold II à Kabila en passant par Lumumba, de la Conférence de Berlin à la Conférence nationale souveraine, au fil du temps, le peuple congolais sait toujours se ressaisir, se reconstituer pour affronter les tempêtes de l’histoire et vaincre. Cette histoire qui s’inscrit dans sa culture et ses réalités. Une réalité culturelle qui s’inspire de sa diversité.
La RDC sera bien présente au rendez-vous des puissances émergentes en 2020. C’est un grand pays qui, souvent, tout au long de son histoire a su faire face aux grands défis de ce monde. On l’a beau répété. A tout moment difficile de son histoire, on a vu surgir un homme, un nom, un Simon Kimbangu, un Patrice-Emery Lumumba, un Etienne Tshisekedi, puis un Laurent-Désiré Kabila pour affronter chacun son temps et façonner l’histoire du peuple congolais. Pour défendre le Congo, un congolais croît et se bat jusqu’à sa dernière énergie.
Tel est notre esprit. L’esprit du peuple congolais. C’est Lui qui combat, c’est Lui aussi qui gagne.
par JEAN-MARIE KABIENA KUIBA Consultant expert économiste
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Le général John NUMBI BANZA TAMBO a été appréhendé à l'aéroport international de N'djili d'où il voulait s'envoler à destination de Johannesburg afin de s'éclipser ...- G2, G2, G4+, G8…G77 : La gouvernance économique mondiale sous l’emprise de l’informel
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