En RDC, les chinois volent !

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image Xi Jinping et "Joseph Kabila", Pekin, Chine

Lundi 2 novembre, à l’aéroport international de Ndjili, une Chinoise a été attrapée avec deux valises pesant l’une 31 Kg et l’autre 32 Kg contenant en tout 49 pointes d’ivoire brutes et quelques morceaux déjà travaillés. Ce sujet chinois devait prendre un vol régulier de la compagnie aérienne Ethiopian Airways à destination de Pékin.

Arrivée à l’aéroport de Nd’jili, elle s’est présentée normalement avec ses bagages devant la salle de check in. Il était alors aux environs de 11h 30’. Le pot aux roses a été découvert lors de la fouille manuelle de ces deux valises. C’est alors qu’elle a été aussitôt mise aux arrêts et acheminée dans un lieu de détention tenu jusque-là secret pour des raisons d’enquête.

Alertée par les services de la Régie des voies aériennes (RVA) postés à l’aéroport de Nd’jili, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) a dépêché sur le lieu ses inspecteurs pour faire le constat et retirer ses objets tirés des éléphants qui font partie des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

Dans ses missions, cette régie financière est chargée entre autres  de la lutte contre la fraude douanière, la lutte contre les narco trafiquants, la protection des espèces rares, etc…C’est dans ce cadre qu’il faut justifier la coopération entre la DGDA et tous les services prestant aux frontières du pays.

Cette saisie n’est pas la première du genre. Au mois de juillet de cette même année, suite à une plainte des autorités de la DGDA, le parquet général près la cour d’appel de Gombe avait perquisitionné la maison d’un sujet guinéen sur l’avenue Kabambare dans la commune de Barumbu. Cette opération avait abouti à la saisie de 54 pointes d’ivoire pesant plus ou moins 139 Kg .C’est en dessous du lit de ce hors-la-loi  que ces matières rares ont été découvertes. Les agents du parquet n’ont attrapé que son ombre, le malfrat ayant réussi à prendre la poudre d’escampette alerté sans doute par ses complices.

Après cette formidable opération, au mois d’octobre dernier, une autre saisie aussi spectaculaire a été réussie dans les installations aéroportuaires de Nd’jili par des agents affûtés de la RVA. Cette fois-là, il s’est agi de la saisie de 4 valises de même nature et de cornes de rhinocéros. Deux sujets vietnamiens étaient mis en cause dans cette fraude. Dans leurs valises, il y avait 60 morceaux de pointe d’ivoire et deux cornes de rhinocéros pesant au total 113 kg dont 3 valises de 30 Kg chacune et une de 23 Kg.

Des complicités à démanteler

Avec la multiplication de ces cas de fraude, il reste à mener des enquêtes approfondies pour démanteler les complices de ces hors-la-loi. Ceux  sur qui il faut mettre la main sont tout d’abord ces braconniers qui abattent des éléphants dont ils tirent les pointes. De l’abattage des bêtes  jusqu’à la vente de leurs pointes, il y a tout un circuit qu’il convient de neutraliser. Que font les agents de l’Institut national pour la conservation de la nature(ICCN) dans leurs sphères d’activités?

Cette recrudescence des fraudes pousse la DGDA à renforcer ses accords de collaboration avec des services publics de l’Etat. Il s’agit notamment de la Police nationale congolaise (PNC), la Direction générale de migration (DGM), le service de police judiciaire et l’Interpol. Dans ces partenariats, il se dégage des lacunes qu’il faut aujourd’hui combler pour éviter que des inciviques se permettent de poser des actes nuisibles à limage de la RDC. Car, si des étrangers se permettent de détenir par devers eux des espèces prohibées c’est come si quelque part il y a un laisser aller dans le contrôle autorisé par la loi.

C’est quoi la CITES ?

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) est une structure mise en place par l’ONU en vue de lutter, comme le dit son mot, contre l’extinction des espèces rares. Dans ses annexes, la CITES reprend des espèces à protéger. Parmi elles figurent notamment les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames  et  les gorilles.

Il y a des espèces qui appartiennent à un « taxon » supérieur ou à une partie désignée dudit taxon. Des espèces sont classifiées selon leurs références.IL y a des noms communs qui figurent après les noms scientifiques des familles pour distinguer ces espèces. Lorsqu’une espèce est inscrite sur la liste de la CITES, toutes ses parties et produits sont couverts sauf si l’espèce est annotée pour indiquer que seuls des parties et produits spécifiques sont couverts. C’en est le cas avec les éléphants et les pointes d’ivoire. La RDC est donc dans le droit de traquer tous ces trafiquants qui s’obstinent à commercialiser les pointes d’ivoire.

Parmi les pays d’origine de ces espèces protégées, figure en bonne place la RDC qui en compte plusieurs notamment les gorilles de montagne, les célèbres bonobos etc.. La RDC compte plusieurs parcs que l’UNESCO a inscrits dans le patrimoine mondial. C’est dans ces parcs où vivent ces espèces rares qui ailleurs constituent des sources des recettes touristiques.

[Rombaut  Ot]


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