RDC : Le succès économique du gouvernement gène ?

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image Membres du Gvt Patata et "Joseph KABILA"

Il est de ces situations où l’on doit s’arrêter un moment et analyser les choses sans passion, loin de toute considération partisane. En novembre 2012, lorsque le Fonds monétaire international (FMI) suspendait – sans raison évidente d’ailleurs – son programme formel avec la RDC, personne ne donnait la chance au gouvernement de remonter la pente. Pourtant, trois ans après, le navire tient bon. Chaque jour qui passe, la stabilité du cadre macroéconomique se raffermit davantage. Jamais, depuis son indépendance en 1960, la RDC n’a présenté des statistiques aussi rassurantes. Le taux d’inflation oscille entre 0 et 1%, le gouvernement est parvenu à contenir les fluctuations du taux de change, au moment où la croissance, dans le contexte d’une économie mondiale en déroute, devait se terminer fin 2015 entre 8 et 9%. En parvenant à maintenir le cap de la croissance, le gouvernement offre de bonnes perspectives de réduction de la pauvreté. Partout ailleurs, le cas de la RDC fait école.

En cinq ans, la République démocratique du Congo est parvenue à relancer son appareil économique, s’offrant de bonnes perspectives dans la marche vers son émergence. En 2012, lorsque le FMI a rompu brutalement son accord formel d’assistance, tout le monde prédisait l’apocalypse dans la sphère économique. Courageusement, le gouvernement a tenu, jusqu’à équilibrer les comptes pour, enfin, relancer la machine de croissance. Aujourd’hui, ce sont ces fruits d’une croissance économique robuste qui servent à étendre les actions en faveur de réduction de la pauvreté. Malheureusement, dans certains milieux – essentiellement politiques – le succès économique du gouvernement gène. Bien plus, il indispose. Qu’importe !

En RDC, ce qui est bon fait souvent l’objet de convoitise, de brimade et de fortes représailles. C’est le nivellement par le bas, qu’on a toujours décrié. Raison pour laquelle la RDC peine à prendre véritablement de l’envol, enfermée dans ces vieux clichés, selon lesquels ce qui est bon ne peut venir que de l’étranger. Visionnaire,  Lumumba annonçait déjà dans les années 1960 qu’un jour le peuple congolais écrira sa propre histoire, dans ses termes, loin des regards discrets de cet étranger, souvent médisant et méprisant.

Depuis 2001, année de l’avènement de Joseph Kabila Kabange à la magistrature suprême, cette page de l’histoire de la RDC est en train d’être écrite. C’est dans cet élan qu’il faut situer l’action du gouvernement. Elle est le symbole d’un pays qui veut s’affranchir des paradigmes dans lesquels l’ont enfermé des stratèges internationaux.

Il aura fallu un communiqué des services du FMI sur les indéniables avancées économiques de la RDC – avec un niveau de pauvreté encore élevé, mais décroissant – pour que des analystes de circonstance affichent des opinions qui s’apparentent plus à des diatribes qu’à des réflexions fondées sur une meilleure connaissance de fonctionnement d’une économie. Comme toujours, au lieu d’une analyse basée sur les chiffres, l’on a plutôt eu droit à une attaque en règle à l’encontre de principaux animateurs au sein du gouvernement. Stratégie du reste connue du grand public. L’on a vite oublié toutes les critiques formulées bien avant sur la forte mainmise des partenaires au développement sur l’action du gouvernement. Pour une fois – parce que des intérêts obscurs le commandaient – la parole du FMI a eu force d’évangile.

En RDC, tout le monde peut se prévaloir des compétences réservées normalement à une catégorie de citoyens. On ne s’improvise pas médecin, ingénieur, architecte, moins encore économiste. Or la RDC est devenue ce pays où l’on rencontre des intellectuels polyvalents, prêts à en découdre sur toutes les matières, même celles ne cadrant pas avec leur formation ou secteur d’activité. Ils sont nombreux dans ce pays à se précipiter sur un terrain qu’ils ne maîtrisent pas. D’où, des faussetés, contrevérités et autres incongruités distillées par voie de presse. Malheureusement, en RDC, ces « intellectuels de ghetto » sont légion dans la rue, détournant l’attention de la population sur les problèmes réels du pays, notamment la pauvreté, la redistribution des revenus, la paix, la stabilité. Ce combat  d’arrière-garde est sous-tendu par le positionnement politique et trouve sa justification dans l’adage qui veut qu’on ne jette la pierre que sur un arbre qui porte des fruits. Bref, le gouvernement passe pour une cible idéale.

Croissance économique : qu’en est-il ?

La croissance économique, entendue comme la variation positive de production des biens et des services dans une économie donnée, est mesurée d’une année à une autre par le taux de croissance qui est le pourcentage de variation du Produit intérieur brut (PIB). Prise dans ce sens, il n’est pas hautain d’affirmer haut et fort qu’en dépit de plusieurs événements défavorables, la République démocratique du Congo a réalisé d’exceptionnelles performances économiques. Les années qui ont suivi les premières élections libres et démocratiques de 2006 ont connu des taux de croissance du PIB réel supérieurs à 6%, y compris en 2009, lorsque toute l'économie mondiale est entrée en récession alors que la croissance du PIB réel de la RD Congo, toujours positive, se maintenait à 2,8 %.

Entre  2010 et 2014, la RDC a affiché un taux de croissance moyen de 8%, la plaçant parmi les trois économies dynamiques du monde, selon les services du FMI. Quel paradoxe, lorsqu’on se réfère à leurs dernières déclarations. Par ailleurs, la mise en œuvre d’une politique monétaire adéquate au niveau du gouvernement ainsi que la relance des investissements productifs dans certains secteurs, ont permis de résorber sensiblement le taux d’inflation et à maintenir stable le taux de change entre le francs congolais et le dollar américain.

Toutes ces prouesses économiques n’ont pas été le fait d’une génération spontanée. Ces performances sont la résultante de politiques volontaristes, bien menées et coordonnées par le gouvernement. N’en déplaise aux pseudo-économistes qui font une lecture étriquée des faits en leur possession. Un dicton, mieux connu dans les milieux des économistes, rappelle que les faits économiques sont têtus, si bien que la meilleure façon de les éprouver est de les confronter à la réalité. Quelle est aujourd’hui la réalité de l’économie congolaise ? Le taux d’inflation est quasi nul. Une certitude. La croissance est robuste, nettement supérieure à la moyenne africaine. Une évidence. Que dire d’autre sinon que l’économie est en pleine forme. Reflet d’un pays plus que jamais debout.

Il est dépassé cette époque où l’on pensait que les performances devaient inévitablement se conjuguer avec un accompagnement des partenaires extérieurs, principalement le FMI. Le malade, la RDC, s’est affranchi de son médecin, le FMI. Par la discipline, la rigueur et la bonne gouvernance, la RDC a vaincu ce qui était à la base de toutes ses maladies. Sans programme depuis 2012 avec le FMI, la RDC aligne des statistiques économiques plus convaincantes qu’auparavant. D’où, cette jalousie qui se lit dans les yeux dans ceux qui ont décidé d’envoyer le gouvernement à la potence.

Il est tout aussi vrai que la forte croissance de l’économie congolaise est boostée ces dernières années par le secteur minier. Au gouvernement, on ne se dérobe devant cette réalité. Bien au contraire, on travaille ardemment pour inverser cette tendance, c’est-à-dire asseoir la croissance sur des secteurs autres que les mines. Aussi, conscient de cette faiblesse qui n’est pas exclusivement congolaise, le gouvernement a-t-il entrepris depuis 2012 un vaste programme socioéconomique visant l’amélioration des conditions de vie de la population, mais aussi la diversification de l’économie nationale, socle de résilience et d’inclusivité.

L’obligation de vérité incombe à tous, y compris à ceux qui sont frappés de daltonisme, c’est-à-dire qui s’empêchent de voir les réalités d’une économie en pleine expansion. La RDC mérite des égards. De la Banque mondiale à la Banque africaine de développement, tout le monde applaudit le chemin élogieux déjà parcouru par la RDC. En lieu et place de se verser dans des diatribes et des quolibets sans fondement réel, les filles et fils de la RDC devaient plutôt se ressouder autour de l’action gouvernementale. Car, la croissance de l’économie congolaise ne profite pas qu’aux plus aisés. Elle profite plutôt aux 70 millions des Congolais disséminés à travers le pays. Elle fait l’affaire de ce paysan de Kabare dans le Sud-Kivu qui voit de nouveaux débouchés se créer. Elle profite à ce jeune universitaire qui voir s’offrir à lui de belles opportunités. Elle profite aussi à cet agent ou fonctionnaire de l’Etat qui voit l’Etat améliorer nettement sa situation salariale. Bref, tout le monde gagne et se retrouve dans cette croissance.

La redistribution de la croissance économique – parce qu’il s’agit de l’une des contrevérités que les thuriféraires des thèses absurdes avancent – ne s’opère pas de manière spontanée et triviale. L’Etat fonctionne sur base d’un budget qui reflète la volonté politique du gouvernement et les stratégies de son action. Sur ce point précis, à moins d’être amnésique, la RDC a fait des progrès indéniables. A cet égard, il faut plutôt féliciter le gouvernement au lieu de se lancer dans les analyses dénuées de toute crédibilité et dénotant d’une grave ignorance de fonctionnement d’une économie moderne.

De 400 millions USD en 1994, le budget de l’Etat est passé à 9 milliards USD en 2015. La progression est réelle, accordant en même temps plus d’attention aux secteurs pro pauvres, notamment la santé, l’éducation, en nette progression dans les masses budgétaires. Grâce au programme de construction et réhabilitation des infrastructures scolaires, à ce jour, près de 1.000 écoles ont été construites et sont opérationnelles sur toute l’étendue du territoire national. Il en est de même des infrastructures hospitalières. Les investissements massifs consentis dans la promotion de l’agriculture, dans des projets de réunification routière, d’amélioration des transports urbains, de construction des stades municipaux constituent bel et bien des canaux de diffusion de la croissance au travers du budget de l’Etat ; instrument par excellence de la politique économique.

Les statistiques du PNUD, agence spécialisée des Nations unies en matière de développement, renseignent que des progrès significatifs sont accomplis par la RDC en matière de réduction de la pauvreté. Même s’il reste encore beaucoup à faire pour faire reculer davantage les murs de la pauvreté en RDC, l’on doit reconnaitre, à moins d’une mauvaise foi établie, que le pays se porte mieux qu’il y a dix ou vingt ans. Le PIB par habitant a presque doublé, augurant de bonnes perspectives dans la marche du pays vers son émergence.

A tout prendre, la question de financement de l’économie n’est pas à gérer au gré des humeurs ou des impératifs de positionnement politique, mus par les intérêts de certains « spécialistes tout terrain » qui n’ont aucun « accomplishment » dans leur carrière au service de l’Etat. Après l’atteinte en 2010 du point d’achèvement de l’initiative PPTE, assortie de certaines conditions, notamment en matière d’endettement, la RDC était astreinte pendant une période précise à ne pas contracter de nouveaux emprunts aux conditions classiques du marché – au nom du sacro saint principe de la soutenabilité de la dette.

Comment dès lors comprendre que ces « spécialistes », qui n’ont en réalité pour seul auditoire que certains journaux et réseaux sociaux acquis à leur cause – remodèlent à leur goût les avis techniques du FMI pour s’attaquer au gouvernement et à tout le pays.  Pire, nombreux étant convertis en courtiers de la dette intérieure, ils ont trouvé un autre créneau pour vilipender le gouvernement sur l’apurement de cette catégorie de dette. Il n’est une faiblesse de reconnaitre les efforts consentis par l’ensemble de Congolais pour sortir le pays de sa situation combien préoccupante dans laquelle était plongé le pays pendant plus d’une décennie.

On ne peut pas détacher les avis du FMI de leur contexte. On ne peut pas non plus les considérer comme un désaveu de l’action gouvernementale. Bien au contraire. Le FMI ne fait qu’enfoncer une porte grandement ouverte ; le gouvernement s’étant déjà engagé dans la voie de la diversification de l’économie non seulement pour s’affranchir du secteur minier mais aussi faire participer davantage de Congolais, notamment ceux du secteur agricole, à la formation du PIB.  Ce qu’attestent des spécialistes indépendants, avérés et renommés.

[lePotentiel]


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