RDC : Le climat des affaires est sérieusement menacé au Katanga

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image Moise Katumbi et Gabriel Kyungu

Au Katanga, dans les milieux proches des investisseurs miniers, on tire déjà la sonnette d’alarme. Car, indique-t-on, le climat des affaires est sérieusement menacé. En cause, un monopole sur le ciment et la chaux en faveur de la cimenterie de Kakontwe, près de la ville de Likasi. D’ailleurs, confient des sources, une réunion devrait se tenir peut-être ce jour entre l’un des actionnaires de cette cimenterie, Philippe de Moerloose, et les acteurs miniers. On craint surtout même qu’au centre de la rencontre, la mauvaise nouvelle ne soit au rendez-vous. D’où, l’alerte. On s’interroge, dès lors, sur la position du Premier ministre Augustin Matata Ponyo sur la question, ainsi que celle de la FEC (Fédération des entreprises du Congo), de l’Assemblée provinciale du Katanga …

Mais, que se passe-t-il donc ? A en croire nos sources, la cimenterie de Kakontwe, où la Gécamines détiendrait 30%, tandis que les 70% seraient répartis entre Philippe de Moerloose, le patron du groupe Bazano et un troisième partenaire qui agirait comme couverture, avait promis de produire 5.000 à 10.000 tonnes par mois. Après avoir repris la cimenterie, ces investisseurs se seraient engagés à mettre en jeu près de 300 millions USD, dont 30 millions USD immédiatement.

En échange, ils auraient réclamé le monopole de livraison du ciment et de la chaux aux entreprises minières du Katanga. Mais, déplore-t-on, jusqu’ici, c’est seulement 250.000 USD qui ont été investis. Déjà, à ce niveau, des observateurs se rendent compte que des millions USD promis dans l’immédiat ne sont toujours pas au rendez-vous.

DU MONOPOLE DE PRODUCTION A CELUI DES IMPORTATIONS DU CIMENT ET DE LA CHAUX

Mais, là où le bat blesse, c’est lorsque dans les milieux des investisseurs miniers, on avance que le ciment de la cimenterie de Kakontwe serait plutôt de mauvaise qualité. Ce qui, logiquement, pousserait à s’approvisionner ailleurs. Surtout que la cimenterie porte une certaine coloration identitaire et ce, au profit de l’étranger jusqu’à ce que les emplois revenant aux Congolais soient pris par d’autres. Et, chose curieuse, poursuivent nos sources, Philippe de Moerloose et compagnie souhaiteraient alors que toute importation des produits (ciment et chaux) passe par eux. 

Dès lors, pas question pour les entreprises minières de s’approvisionner ailleurs, comme l’exige la concurrence en la matière. Or, le besoin de la province du Katanga, renseigne-t-on, est de 30.000 tonnes par mois. 

Pourtant, avec le monopole, on l’a déjà vu à plusieurs reprises en RDC, les opérateurs font monter les prix à leur guise, surtout lorsqu’on connaît le besoin en ciment et chaux des entreprises minières du Katanga comme Glencor, Tenke Fungurume mining, Sicomines, Mutanda mining … C’est donc là que la communication de Philippe de Moerloose est très redoutée. 

On suppose qu’il serait en fait question d’annoncer la pilule amère pour les entreprises minières du Katanga. Ce genre d’investissement, craint-on, risquerait de prendre la vie des entreprises en otage là où le secteur minier constitue, jusqu’à preuve du contraire, le premier contributeur au budget de l’Etat en RDC. Ce qui porterait un coup fatal au climat des affaires et des investissements en RD Congo. A cette allure, s’interrogent bon nombre d’observateurs, où est passée la transparence et qui veut réellement s’attirer la faveur de l’Etat ?

LE GOUVERNEMENT CENTRAL, L’ASSEMBLEE PROVINCIALE DU KATANGA, LA FEC … INTERPELLES

Ce monopole du ciment et de la chaux, se demandent les observateurs, ne naviguera-t-il pas à contrecourant de l’assainissement du climat des affaires et des investissements pour lequel le chef de l’Etat et le Premier ministre s’investissent tant afin d’améliorer l’image de la RDC en la matière ? Car, il est question de rassurer les investisseurs qui se consacrent au Congo afin de pousser d’autres à leur emboîter le pas. Or, lorsque le climat des affaires et des investissements est menacé, cela peut ouvrir la voie à une mauvaise publicité. Car, le monopole n’a plus du tout droit de cité avec le vent de la libéralisation qui souffle déjà dans presque tous les secteurs de la vie. Qui encourage la cimenterie de Kakontwe dans cette voie ? Voilà qui préoccupe les entreprises minières de la province du Katanga.

C’est là que le Gouvernement central, dirigé par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, le seul à délivrer un arrêté dans ce sens, l’Assemblée provinciale qui devrait veiller, grâce à son contrôle à côté du gouvernement provincial, au climat des affaires et des investissements dans la province cuprifère et aux différentes tensions pouvant découler d’une mauvaise approche, ainsi que la FEC (Fédération des entreprises du Congo et le syndicat devraient s’investir pour prévenir tout mauvais climat en RDC. 

En Namibie, des entreprises ont fermé leurs portes. On ne peut pas imposer aux entreprises minières alors que l’heure est à la libéralisation. Le patron de la FEC et par ailleurs président du Conseil d’administration de la Gécamines, n’’ignore pas ce beaba du libéralisme et donc de la liberté d’entreprendre.

[FDA]


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