Bancarisation de la paie : Des fonctionnaires humiliés à la succursale d’une banque à Kinshasa

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image Biac - Manifestation

La manière dont les enseignants surtout sont reçus dans certaines banques privées n’est pas très orthodoxe. A l’image, ce qui s’est déroulé mercredi dernier à la succursale de l’une de ces banques à Kinshasa. Ces enseignants, qui depuis 4 h00, qui depuis 5 h 00 du matin dans cette succursale qui n’ouvre jamais ses guichets avant 9 h 30′. Et lorsque les guichets étaient ouverts ce jour-là, c’est pour laisser place à un désordre indescriptible : bousculades, blessures, chaises cassées, et pis est qu’un cadre d’une école, Médard Losso, qui était debout depuis près de 5 heures, asphyxié, se serait écroulé comme du bois mort n’eût été le secours de quelques uns de ses collègues. Il a été évacué dans un Centre médical où il est allé reprendre ses esprits. De l’huissier au directeur, Ils arrivent quand ils veulent, après avoir épuisé leur sommeil, qui à 9 h 00, qui à 10 h00, qui à 11 h 00 ou 12 h00, avec en main le pourboire déjà préparé, ce pourboire qu’ils vont glisser malignement dans les mains des policiers et des agents de sécurité de la banque de kaki vêtus. Résultat : eux qui arrivent tard sont payés avant ceux qui sont assis sur les chaises de l’autre côté du bâtiment, arrivés depuis les premières heures, au risque de leur vie face aux kuluna. Ces actes ne datent pas d’aujourd’hui, dans cette banque dont nous taisons le nom plus par scrupule que par déontologie. Ils sont visibles à chaque paie des agents et fonctionnaires de l’Etat.

Les revendications des agents et fonctionnaires de l’Etat au sujet des salaires et des conditions de vie par le biais de leurs syndicats ne sont pas orientées vers la poubelle par les autorités comme d’aucuns veulent le faire croire. Nous en voulons pour preuve les dernières augmentations qui viennent d’être opérées, à savoir 8.000 à 15.000 FC pour les enseignants et 17.000 FC pour les agents d’autres ministères. Seulement, la manière dont les enseignants surtout sont reçus dans certaines banques privées n’est pas très orthodoxe. A l’image, ce qui s’est déroulé mercredi dernier à la succursale de l’une de ces banques, laquelle est basée à la 7ème rue, quartier industriel à Limete, sur le petit boulevard.

Le programme affiché à leur siège situé au croisement des avenues Huileries et avenue du Livre à la Gombe prévoyait la paie pour les enseignants de Lemba, cette commune qui est toujours payée vers le 18, en deuxième position après Matete, mais qui, ce mois d’octobre, pour des raisons que les responsables de cette banque seuls connaissent, s’est vue reléguée à l’avant-dernière position. Ils étaient là, ces enseignants, qui depuis 4 h00, qui depuis 5 h 00 du matin dans cette succursale qui n’ouvre jamais ses guichets avant 9 h 30′. Et lorsque les guichets étaient ouverts ce jour-là, c’est pour laisser place à un désordre indescriptible : bousculades, blessures, chaises cassées, et pis est qu’un cadre d’une école, Médard Losso, qui était debout depuis près de 5 heures, asphyxié, se serait écroulé comme du bois mort n’eût été le secours de quelques uns de ses collègues. Il a été évacué dans un Centre médical où il est allé reprendre ses esprits.

A la base de ce désordre, la mauvaise procédure mise sur pied par un certain Rachidi et sa bande. La procédure proposée par les enseignants a été  par eux perçue comme de la pure provocation.

Entre-temps, entre le portail de la parcelle où est basée la succursale de cette banque qui n’a de banque que son nom et l’entrée des guichets, des enseignants, de l’huissier au directeur, qui n’étaient nés que pour commettre des antivaleurs. Ils arrivent quand ils veulent, après avoir épuisé leur sommeil, qui à 9 h 00, qui à 10 h00, qui à 11 h 00 ou 12 h00, avec en main le pourboire déjà préparé, ce pourboire qu’ils vont glisser malignement dans les mains des policiers et des agents de sécurité de la banque de kaki vêtus. Résultat : eux qui arrivent tard sont payés avant ceux qui sont assis sur les chaises de l’autre côté du bâtiment, arrivés depuis les premières heures, au risque de leur vie face aux kuluna.

Ces actes ne datent pas d’aujourd’hui, dans cette banque dont nous taisons le nom plus par scrupule que par déontologie. Ils sont visibles à chaque paie, mais seulement, à chaque fois qu’on les dénonce, on a l’impression qu’on est en train de verser dans un entonnoir.

Il est plus que temps que le gouvernement qui, par respect de la révolution de la modernité a lancé la bancarisation de la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat puisse se décider d’aller jusqu’au bout. Les banquiers ne sont pas des anges. Les agents et fonctionnaires de l’Etat qui arrivent chez eux (dans cette banque dont il est question ici) n’ont droit à aucun égard, aucune considération, comme s’ils avaient tous échoué au test d’embauche dans cette banque au cas bien entendu où il y en aurait eu un. Et quand ils sollicitent même de petits crédits, les banquiers semblent  camper sur ce principe sacré selon lequel  » Un banquier de vous prête de l’argent que lorsque vous n’en avez pas besoin. Lorsque vous avez vraiment besoin d’argent, c’est que vous êtes dans une situation désespérée. Et si vous êtes dans une situation désespérée, vous n’intéressez pas un banquier «.

Comme on peut le constater, les agents en fonctionnaires à qui l’Etat alloue quand même un salaire régulièrement ne sont pas dans une situation désespérée. Aux autorités du pays de jeter un petit coup d’œil du côté de la 7ème Rue, quartier industriel, sur le petit boulevard pour se rendre compte des conditions combien inhumaines dans lesquelles des compatriotes sont payés.

[Valentin Wakudinga]


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