Extorsion en RDC : Il n’est pas bon actuellement de faire les affaires au Katanga

Font size: Decrease font Enlarge font
image Joseph KABILA et Moise KATUMBI, le 30 Juin 2011 a Lubumbashi.

Trafic d’influence, clientélisme, chantages… Tout est en œuvre au Katanga pour extorquer davantage les opérateurs économiques. Dépité par ces tracasseries administratives qui portent un coup dur à l’assainissement du climat des affaires, le Premier ministre a tapé du poing sur la table. Mais, le plus important est de sanctionner la race des fonctionnaires véreux qui ternissent l’image du Katanga.

La grande furie d’enquêteurs qui se sont rués sur la province du Katanga, réputée poumon économique de la RDC, n’épargne personne. Il n’est pas bon actuellement de faire les affaires au Katanga. Tous, à savoir miniers, brassicoles, commerce général, y passent désormais.

La dernière victime, selon des sources proches de la section katangaise de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), s’appelle la Bralima. Le siège de Lubumbashi de ce géant de l’industrie brassicole est, comme bien d’autres d’ailleurs, tombé sous le coup de ces redressements et contentieux artificiels, montés machinalement par le groupe d’enquêteurs venus de Kinshasa.

N’eut été la sagacité de l’équipe d’avocats de la Bralima, cette entreprise se serait retrouvée avec des pénalités évaluées en millions de dollars américains. Au terme d’un marathon juridique déporté de Lubumbashi à Kinshasa, la Bralima a finalement obtenu gain de cause. Mais, avant elle, d’autres opérateurs économiques de la province se sont pliés au diktat de ces enquêteurs qui n’ont pour seul objectif que se remplir les poches au détriment du Trésor.

Aux dernières nouvelles, l’on apprend que le Premier ministre a dû taper du poing sur la table pour mettre hors d’état de nuire des loups « administratifs » qui ont trouvé un autre métier, c’est-à-dire monter des contentieux pour contraindre les opérateurs économiques à payer les amendes. Leur terrain de prédilection s’appelle le Katanga. Gare à ceux qui s’opposent à leur schéma. Car, une fatwa est vite déclarée. Ces enquêteurs, souvent couverts par Kinshasa et d’autres autorités administratives de la province, se recrutent dans tous les services de l’Etat : la douane, la division des mines, les services de contrôle (OCC et CEEC), etc.

Dans son intervention, rapportent les mêmes sources, le Premier ministre a ouvertement dénoncé les pratiques éhontées à l’œuvre dans le chef des agents de l’Etat commis aux services publics dans la province du Katanga. Ces inquiétudes sont d’autant plus ravivées que, souligne-t-il, elles portent lourdement aux grandes réformes initiées par le gouvernement pour assainir davantage le climat des affaires.

Pour le moment, il n’est pas bon d’être opérateur économique au Katanga. La FEC/Katanga a, dans ses diverses correspondances, tiré la sonnette d’alarme.

La victoire de la Bralima inaugure donc une ère nouvelle. Et surtout, l’intervention du Premier ministre va dans le sens de rassurer le monde des affaires. Reste cependant à mettre hors d’état de nuire les fonctionnaires de l’Etat qui se sont compromis.

DES NOUVELLES RASSURANTES A L’ITIE

Alors que le climat des affaires se détériore dans la province, des nouvelles sont plutôt rassurantes du côté de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) qui, selon radio okapi, indique que des entreprises minières ont déclaré 948 millions USD de recettes en 2011. Preuve que les entreprises du secteur minier s’acquittent correctement de leurs obligations vis-à-vis de l’Etat.

Cent vingt-huit entreprises minières de la RDC ont livré à l’ITIE les données de leurs revenus issus du secteur extractif en 2011. Elles ont déclaré à l’Etat congolais 948 millions de dollars américains de recettes. Ces chiffres sont contenus dans le rapport 2011 publié par l’ITIE-RDC le 31 décembre dernier. Dans le rapport 2010, les entreprises minières avaient déclaré à l’Etat 773 millions de dollars américains de recettes.

Le coordonnateur de l’ITIE-RDC, Mack Dumba, rappelle que la RDC avait été suspendue en avril 2012 pour 12 mois de cette organisation. Le rapport 2011 n’avait pas été jugé valide.

« On avait exigé à la RDC de publier un autre rapport portant sur l’année 2011 au plus tard le 31 décembre. Nous avons déposé la dernière partie du rapport qui portait sur le secteur des mines le 31 décembre à 18 heures. La partie sur le secteur des hydrocarbures avait été publiée en novembre », explique-t-il.

Mack Dumba indique qu’il revient maintenant au conseil d’administration d’analyser le rapport publié le 31 décembre et de décider sur la suspension de la RDC. « Nous attendons que le conseil d’administration de l’ITIE lève la suspension et nous déclare pays conforme à l’ITIE », affirme-t-il.

En avril dernier, la RDC a été suspendue pour un an de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), organisation qui promeut la transparence des revenus dans les secteurs minier et pétrolier. Le Conseil d’administration de l’ITIE avait relevé «un défaut d’exhaustivité» et jugé insuffisante la «qualité des données» dans les rapports transmis.

[FAUSTIN K.]


Cet article a été lu 3952 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0