Dettes : La Zambie a coupé la fourniture électrique vers la RDC

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image Kinshasa

La République sœur de la Zambie a, depuis quelques jours, coupé l'exportation de son électricité vers la RDC, avons-nous appris des milieux gouvernementaux. Nous avons cherché à savoir les causes de l'interruption de cette fourniture d'énergie en provenance de ce pays-frère membre de la SADC comme la RDC. Il nous revient que c'est à la suite des dettes que la SNEL n'a pas pu payer ces derniers mois. Fait qui nous a paru quelque peu étrange et même étonnant dans la mesure où ce courant importé de la Zambie, sert principalement les opérateurs miniers qui ne manquent pas de moyens.

La Société nationale d'électricité (SNEL) est la seule entreprise du moins jusque là, qui a mission en République démocratique du Congo de produire, transporter et distribuer l'énergie électrique sur toute l'étendue du territoire national.

Son rendement ainsi que celui de plusieurs autres entreprises publiques était jugé moins performant jusqu'à 2008. Voilà pourquoi après examen approfondi de la situation des entreprises du portefeuille, les hautes autorités du pays ont décidé de la reforme pour les rendre plus compétitives. 

C'est ainsi que depuis fin 2010, début 2011, la SNEL notamment comme certaines sociétés sœurs d'ailleurs, a été transformée en société commerciale. Avec comme objectif de réaliser des bénéfices, et faire du profit au même titre que les entreprises commerciales traditionnelles.

Mais il se fait que malgré son changement de statut, SNEL a difficile à satisfaire sa clientèle. Situation qui préoccupe l'opinion et les abonnés d'une manière particulière qui se demande pourquoi la SNEL a difficile à remplir correctement ses obligations envers ses abonnés ? Cette situation nous a poussé à investiguer pour en savoir un peu plus et éclairer la lanterne de l'opinion.

Est-ce, la SNEL a-t-elle un problème de gestion ? Le personnel lui fait-il défaut ? S'agit-il d'un problème de management, de bonne gouvernance ?

Une mini-enquête menée dans les milieux intéressés nous a permis de conclure que la SNEL n'a pas un problème de compétence de son personnel. Elle regorge en son sein des ingénieurs et techniciens nationaux qui ont fait leur preuve. Il suffit de se rendre dans les différentes centrales de production de l'énergie électrique notamment à Zongo, à N'Sanga, à Inga dans le Bas-Congo ou encore à Nzilo, à la centrale hydroélectrique de N'Seke dans le Katanga, à Ruzizi dans le Kivu, à la Tshopo à Kisangani... pour voir comment ces industries très complexe sont tenues à 100 % par des Congolais. Ce qui à notre avis, est une grande fierté quand même pour le pays.

L'énergie est au cœur de toute activité. Le fait que l'industrie tourne, les grandes entreprises, les PME, les hôpitaux, les bureaux, les écoles, universités, les cyber-café, les terrasses, hôtels, les ateliers et même les ménages...fonctionnent, c'est la preuve que SNEL travaille, même si l'on note certaines faiblesses avec le phénomène délestage, poches noires... qui dérangent tout de même.

Les difficultés inhérentes

D'où viendrait alors la grande difficulté ou les difficultés ? Il est vrai qu'à l'instar de toute entreprise humaine, la SNEL n'est pas à l'abri de difficultés. Elle est, selon nos enquêtes, appelée à relever plusieurs défis et non de moindre. Du côté production d'abord. S'il est établi que les compétences sont avérées au sein de cette société commerciale, les ingrédients eux devant aider à bien travailler, ne dépendent pas forcement d'elle. Il s'agit de la baisse sensible du niveau d'eau du fleuve Congo, et des rivières du pays alimentant successivement les Centrales Hydroélectriques d'Inga, les 4 centrales du Katanga et d'autres barrages.

L'eau, pour ceux qui ne le savent pas, est le principal ingrédient ou matière première qui permet de faire tourner les turbines. S'il y a baisse du niveau d'eau comme c'est le cas ces quatre dernières années, les centrales hydroélectriques ne peuvent carburer comme il se doit L'exploitant SNEL est obligé de reposer certaines de ses machines. Ce qui a pour conséquence, la réduction de puissances. Les quelques mégawatts qu'elle produit en temps normal, elle ne peut les réaliser malgré sa bonne volonté. 

Ici, on n'a personne à incriminer. C'est un fait naturel, l'étiage. Il est la conséquence du réchauffement climatique. C'est une réalité vécue à travers le monde où l'on déplore des vagues de chaleur et de froid, la fonte de glaces dans le pôle nord, la montée du niveau des océans, les incendies, l'avancée des déserts de Sahara et de Kalahari, l'assèchement du lac Tchad ici en Afrique etc.

C'est donc un phénomène qui échappe totalement au contrôle humain. Cette situation a des répercussions négatives même pour la RDC aussi où l'exploitant SNEL ne peut produire comme il se doit l'énergie nécessaire pour desservir par exemple ses gros clients miniers au Katanga qui ont pourtant besoin de beaucoup d'énergie pour faire tourner leurs industries lourdes.

Les quatre (4) centrales hydroélectriques implantées au Katanga tels Nzilo, N'Seke.... qui pouvaient suppléer au déficit d'énergie, ci-haut évoquée, souffrent elles aussi du même phénomène d'étiage.

Des informations glanées de milieux intéressés, renseignent que pour compenser cette insuffisance énergétique, la SNEL importe du courant de la Zambie voisine et du Zimbabwe dans le cadre de la coopération énergétique dans l'espace SADC. Fait tout à fait normal dans la mesure où ces mêmes pays quand ils avaient le problème de déficit d'énergie, ils achetaient et importaient le supplément de puissance à la RDC via SNEL.

La Zambie a coupé la fourniture électrique vers la RDC

La République sœur de la Zambie a, depuis quelques jours, coupé l'exportation de son électricité vers la RDC, avons-nous appris des milieux gouvernementaux. Nous avons cherché à savoir les causes de l'interruption de cette fourniture d'énergie en provenance de ce pays-frère membre de la SADC comme la RDC.

Il nous revient que c'est à la suite des dettes que la SNEL n'a pas pu payer ces derniers mois. Fait qui nous a paru quelque peu étrange et même étonnant dans la mesure où ce courant importé de la Zambie, sert principalement les opérateurs miniers qui ne manquent pas de moyens.

Mais après des investigations, menées dans les milieux intéressés, la difficulté se situerait au niveau de tarifs pratiqués par la société d'électricité de la Zambie qui vend son énergie à environ 0,90 cents - 1 dollar soit le double du tarif pratiqué par la SNEL au pays. La logique en cette circonstance, recommande que SNEL facture ses clients bénéficiaires, avec ce tarif pour équilibrer les choses. Il se fait malheureusement qu'au Katanga, la plupart de gros clients de la SNEL et principalement les miniers refusent de se conformer. C'est le cas de TFM (Tenge Fungurume Mining), la Gécamines et le Kcc.

Selon nos informations, ces gros clients estiment qu'ils ont signé le contrat de fourniture d'énergie avec la SNEL et les arrangements que celle-ci a pris avec la Zambie ou le Zimbabwe ne les concernent pas. Ce qui crée un problème de charge pour la SNEL, qui n'arrive pas, au vu de ses moyens, à honorer ses engagements vis-à-vis de la Zambie. Cette dernière n'ayant pas accepté le manque à gagner, a tout simplement débranché sa connexion d'avec le Katanga.

Quant aux sociétés brassicoles dont le tarif préférentiel vient d'être supprimé par le Gouvernement, elles refuseraient également de payer le prix du courant de l'énergie qu'elles consomment quant bien-même celle-ci représente un infime pourcentage de leur charge. Mais paradoxalement elles dépensent énormément dans la publicité et le sponsoring des manifestations pour assurer la visibilité de leurs produits.

L'électricité a un prix. Et pour la RDC, c'est le ministère de l'Economie nationale qui fixe les prix par Kilowatt/heure. Et les tarifs de tous les autres produits et services consommés au pays.

Selon les experts, le taux pratiqué en RDC pour la consommation de l'énergie, est la moins chère en Afrique. Ce tarif est tellement social qu'il ne tient même pas compte du prix de revient, alors que depuis 2011, SNEL a changé de statut. Elle est passée de l'entreprise publique à une société commerciale. Appelée à faire des bénéfices sur les services qu'elle rend au même titre que les sociétés commerciales traditionnelles.

Pour des  observateurs   avertis,   le   comportement  de   ces opérateurs miniers et des sociétés brassicoles est préjudiciable à l'Etat dans la mesure où la SNEL ne sait payer la TVA. Il y a aussi la population qui risque de manquer du courant pendant les fêtes de fin d'année. Une grande équation qui mérite d'être résolue au plus vite. Sinon, cette entreprise malgré sa bonne volonté, ne saura remplir correctement ses obligations envers les abonnés.

Jean-Pierre Seke


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