RDC : Maniema se transforme de jour en jour

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image Pascal Tutu Salumu

Au Maniema, on pense désormais à la relance de plusieurs projets de développement, conformément aux instructions du Premier Ministre, lors de son passage à Kindu en mai dernier. Et là, tout est mis en œuvre pour que la campagne agricole soit une réussite totale. Pour ce faire, les responsables de cette province viennent de procéder au lancement de plusieurs projets d’investissement pour soutenir la relance du développement du Maniema qui se transforme de jour en  jour. Interview par le délégué du gouverneur de province, Tutu Salumu, le ministre provincial des Finances et Economie, Modeste Munganga Kalukula.

Monsieur le ministre provincial en charge des Finances et de l’Economie de la province du Maniema, pouvez-vous nous dire l’objet de votre mission à Kinshasa ?

Merci pour la question. Je suis venu à Kinshasa suivre, avec la Cellule de gestion des projets et des marchés publics du ministère du Budget, les dossiers d’appels d’offre relatifs à la consommation des crédits d’investissements pour le compte de notre province. En effet, nous avons lancé plusieurs projets d’investissement pour soutenir la relance du développement du Maniema qui se transforme chaque jour suite à la volonté de Son Excellence Joseph Kabila Kabange, l’engagement du gouvernement central, sous la houlette du Premier Ministre Matata Ponyo, et sur la détermination du gouverneur Tutu Salumu Pascal.

Pouvons-nous connaître ces projets et à quand leur réalisation ?

Ils sont nombreux, multiples et dans divers domaines. D’abord l’agriculture : le gouverneur qui venait de signer un protocole d’accord avec le gouvernement central par le biais du ministre nationale de l’Agriculture, est entrain de matérialiser la campagne agricole. Des tonnes de semences de riz, de maïs et de manioc sont déjà commandées pour servir aux agriculteurs sélectionnés et mobilisés pour redorer l’image de cette province jadis grenier de la République. Déjà la campagne agricole récente vient de prouver l’augmentation sensible de la production agricole au Maniema. Nous avons ensuite des projets, dans le cadre du rétablissement de l’autorité de l’Etat, par la construction des bureaux en faveur des entités territoriales décentralisées (Kabambare centre, Wamaza, Pangi centre, Punia, Lubutu) en sont les preuves éloquentes. Comme vous le savez, le Maniema souffre encore de l’absence des infrastructures adéquates pour asseoir le fonctionnement des services publics de l’Etat. Cela est notamment dû à la mutation de son statut de district à celui de province sans un programme conséquent. 

Sur le plan social, plusieurs projets visent la construction des écoles, des centres de santé et la réhabilitation de quelques hôpitaux généraux de référence, soit 13 écoles, 7 centres de santé, 663 Km de routes de desserte agricole réhabilitées, 19 Km de voirie urbaine de Kindu en terre battue, etc. En vue de doter l’arrière-province des conditions minimales en eau potable, des forages sont en cours dans le cadre de ces projets également. Cependant, nous ne voudrions pas douter de l’engagement du gouvernement central, dans le respect des pertinentes recommandations de la Conférence tenue à Kananga, au Kasaï Occidental en mars dernier. L’appui pour le financement de la campagne agricole 2013-2014 en est une preuve supplémentaire, bien que certains opportunistes pensent que les fonds y afférents feraient encore l’objet des opérations retour comme à leur époque.

M. le ministre, comment voulez-vous réaliser ces projets pendant que des voix se lèvent pour le départ de votre gouvernement notamment à travers un mémo des ressortissants du Maniema habitant Kinshasa ?

(Rires). Les ressortissants du Maniema habitant à Kinshasa, pouvez-vous les dénombrer, quelle salle peut les contenir. Bon, soit, je ne m’imagine pas que les choses doivent se passer de cette manière. Les règles de jeu pour devenir gouverneur sont bien fixées tant par la Constitution que par les différentes Lois y afférentes. Si tout le monde pouvait se réveiller et décider du sort des gouverneurs, on aurait autant de changements par seconde. Le Maniema se relance et n’a plus besoin de querelles stériles. Je pense qu’en ce qui nous concerne, nous avons besoin du concours de toutes les filles et de tous les fils du Maniema où qu’ils se trouvent pour construire notre province. Pour ce faire, nous avons plus besoin des critiques constructives autant que nous méritons des éloges pour des choses bien faites. Il y en a plein aujourd’hui et les habitants de cette province, originaires ou non s’en félicitent.

M. le ministre, les signataires du mémo accusent le gouverneur d’avoir détourné si pas mal géré 300.000 USD consentis par le gouvernement central pour venir en aide aux sinistrés de l’ouragan d’octobre 2010 qui a ravagé des maisons à Kindu ?

Je ne voudrais pas me glisser dans cette polémique qui viserait à légitimer un groupe de gens à la recherche du repositionnement. On sait, du reste, les détracteurs de cette histoire, car la liste contenant des fictifs a été élaborée dans un endroit bien connu et par des gens qui ont le vestige d’un passé d’un autre âge ; ces habitués des opérations retour pensent qu’elles sont encore de mise. Il y en a qui veulent revenir là où ils n’ont laissé que de mauvais souvenirs, à l’instar des criminels qui reviennent toujours sur le lieu du crime. Les 300.000 USD ont été gérés dans une forte transparence en associant l’Assemblée provinciale qui avait d’ailleurs présidé la commission ad hoc, la société civile, la FEC, les bénéficiaires, bref l’ensemble de la population de la ville de Kindu. Ce ne sont pas des jeunes hommes qui ne savent plus retourner chez nous qui peuvent parler en leur nom, encore moins leurs commanditaires qui n’ont laissé au Maniema que des cadavres dans les placards.

Le mémo indique que le gouverneur a acheté 4 Prado avec 150.000 USD de manière abusive et les a distribuées pour protéger son pouvoir ?

Le grand péché à mon avis, reste la pauvreté. Ceux qui se disent ressortissants du Maniema se sentiraient-ils fiers de voir leur gouverneur attendre un taxi ou un taxi-bus 207 ? C’est fort dommage ! Des amis qui ont lu ce fameux mémo se sont moqués de nous. Nous avons acquis des véhicules pour la mobilité des autorités provinciales à Kinshasa où elles sont régulièrement invitées à répondre tant aux besoins de la province qu’aux appels des autorités nationales, et ceci, à l’instar de toutes les provinces. Nous venons d’acquérir, pour ce faire, une adresse pour notre point focal à Kinshasa. Distribuer pour protéger le pouvoir ? Le gouverneur Tutu Salumu est le 14ième depuis l’érection du Maniema en province en 1988. Il n’y restera pas éternellement. Il partira certes un jour comme ceux qui veulent y revenir. Il n’a donc pas besoin de faire de cadeau pour se maintenir. Le principal juge qu’il a, c’est le résultat de son travail. Et de là à chercher à impliquer même quelques adversaires politiques des parrains de ce groupe de jeunes gens n’est que regrettable, surtout qu’avec 150.000 USD, combien de Prado nouveau modèle peut-on acquérir !

Et les 13 Kg d’or et 15 sacs de cassitérite dont on évoque dans le mémo ?

Ne vous jouez pas de cette population. Savez-vous ce qui signifie Kambelembele akutoke boyi ? Vous voyez un citoyen du Maniema se voir ravir 13 Kgs d’or ! Ça c’est rêver débout. Non. Tutu Salumu Pascal est éduqué. Il sait que l’exploitation artisanale des minerais est libérale dans notre pays de par la Loi. La même loi assujettit les exploitants au règlement des taxes et impôts. Si veillez à cette exigence énerve, je suis aux regrets. Nous faisons notre travail en tant que responsable en province, les exploitants  font le leur. Tous dans le strict respect de la législation et je suis convaincu que notre rôle de sentinelle de l’Etat énerve souvent.

Une commission d’enquête de l’Assemblée provinciale a rendu public ses résultats et vous accuse d’avoir détourné des fonds dans l’achat d’un camion anti incendie ?

Là aussi, c’est une affabulation. Je ne voudrais pas entrer dans les affaires internes de l’Assemblée provinciale. Je sais du moins comment des choses se passent de par le Règlement Intérieur de notre Assemblée provinciale. Cette commission est venue chez nous pour enquêter sur l’achat du camion anti incendie, physiquement présent à Kindu à la satisfaction de toute la population qui se vouait impuissante face aux catastrophes survenues dans le passé. Elle a fini son travail et a présenté un mauvais rapport configuré dans le sens de son président qui, du reste, est le perpétuel candidat malheureux gouverneur. Allez-y comprendre. Ledit rapport a été rejeté par la plénière de juin dernier. Ça nous surprend d’apprendre qu’il est présenté ici à Kinshasa en dehors de l’Assemblée provinciale. Il ne nous engage pas à cet effet. Ce qu’on y raconte nous fait rire. On brandit une facture qui n’a rien à voir avec ce camion. Un exercice intellectuel obligera ces amis à avoir la probité et nous demander pardon pour calomnie et diffamation. A moins qu’ils soient de mauvaise foi. Ça n’honore pas les députés qui ont de l’emprise sur le gouvernement provincial d’annexer leur document à un mémo de jeunes gens sans aucune légitimité et irresponsables. Ça nous dépasse et frise de la malhonnêteté. Voilà pourquoi nous nous refusions de glisser dans cette polémique, du reste, balayée par le Procès-verbal de la séance plénière de l’Assemblée provinciale tenue le 1er juin 2013 à ce sujet.

Vous laissez les étrangers capturer les perroquets par voie de conséquence les exterminer moyennant d’importantes sommes ?

Combien d’argent on peut gagner contre un perroquet ? Vous voyez comment des gens par moment se rendent ridicules. Savent-ils que le Maniema est la seule, si pas l’une des rares provinces où existe depuis 2011 une réglementation par Arrêté du gouverneur de la capture et de la commercialisation des perroquets gris. Depuis que vous posez des questions, je croyais que vous alliez me dire tel jour, à telle heure le gouverneur, en présence de telle personne, en telle circonstance a posé tel acte, contraire à la loi ou à la réglementation en vigueur. Que non, il ne s’agit fort malheureusement que des spéculations de quelques aigris ou négativistes au pouvoir. Du début à la fin, ce sont des spéculations et après ils disent que pour cela, le gouverneur doit partir. Est-ce que vous savez que traiter nos compatriotes qui choisissent de vivre chez-nous d’étrangers est une violation de la Constitution ? Des gens qui s’identifient comme ressortissants du Maniema habitant à Kinshasa où ils ne sont pas considérés comme étrangers. Ce sont plutôt les autres qui viennent chez nous qui sont étrangers ? Si ce n’est pas de l’ignorance alors ils devront subir la rigueur de la Loi pour discrimination.

Parfois l’on pose des actes, on prononce des mots sans en mesurer la teneur. Le tout puissant conseiller financier du gouverneur qui lui, dilapide tout l’argent de la province par ses va et viens incessants, qu’en dites-vous ?

C’est encore le culte de la pauvreté. Je vous informe que le conseiller financier du gouverneur est en même temps membre du comité de gestion de la Ligue nationale de football, Linafoot. C’est à ce titre qu’on le retrouve non seulement à Lubumbashi, Kinshasa mais aussi à Bukavu, Goma, Mbuji-Mayi, dans toutes les provinces dans le cadre de la supervision des matchs. Ils n’ont qu’à briguer les mandats à la Linafoot ou la Fecofa pour faire, s’ils le veulent, le tour du pays comme lui.

Il a fait quand même longtemps comme conseiller ?

Que se soit lui ou un autre, le gouverneur Tutu ou aussi un autre gouverneur n’aura qu’un seul conseiller financier. Il n’a pas de mandat, c’est un collaborateur que le chef se choisit en tout pouvoir discrétionnaire. Dans d’autres pays, les conseillers sont généralement des fonctionnaires et font carrière pour pérenniser la continuité de l’Etat. Car on a besoin ici d’une expertise permanente. A faire la comparaison entre les voyages et le service rendu, je pense que nos amis n’ont pas la bonne information. Ils se sont, une fois de plus, trompés de cible.

Et à propos des canots rapides ou vedettes, vous auriez dû mettre les gens à bord pour payer les frais de leur acheminement à Kindu au lieu de dépenser 20.000 $US ?

Le gouvernement central que nous remercions d’ailleurs, a offert 3 vedettes à la province du Maniema dont 2 sont déjà arrivées à Kindu. On nous remet les vedettes, on ne connaît pas l’état, on a aucun papier nous autorisant le transport des personnes et on décide d’y mettre les gens pour ne pas engager les frais encore une fois, un non sens. Nous gérons en responsables. Les ressortissants du Maniema à Kinshasa sont très hétérogènes, par respect à nos éminentes personnalités nos amis devront chercher une autre appellation pour leurs balivernes. Vous voyez des responsables dont regorgent cette province réfléchir de la sorte ? Les vedettes encore en rodage devraient-elles transporter des charges ? Comprenez l’insuffisance de ces frères.

Tout en qualifiant le gouverneur de délinquant, les pétitionnaires l’accusent d’avoir orienté les fonds du PIRAM aux ONG bidon de députés provinciaux. Est-ce vrai ?

Un bon citoyen ne peut en aucune façon se permettre d’injurier l’autorité établie quel que soit le cas, surtout pas par écrit. Ça dépend bien sûr de l’éducation, mais nous avons le devoir de réprimer de tels comportements. Notre société du Maniema ne reconnaît pas ces genres des personnes sans scrupule. Nos coutumes interdisent les injures, à plus forte raison envers les supérieurs et les plus âgés. Je me demande par là si ces jeunes gens sont réellement du Maniema. C’est choquant dans tous les cas. Le PIRAM, c’est un programme du gouvernement central sur financement du FIDA. Le gouverneur de province n’a aucune emprise sur les fonds dont le décaissement passe par les procédures internationales. Nous comprenons que l’ignorance la plus abjecte est à la base de la démarche de ces jeunes gens y compris de leurs manipulateurs.

Le gouverneur encadrerait-il une milice ?

Où et de qui ? C’est drôle. Ce sont des diffamations de plus. Le gouverneur se refuse de s’occuper des gens sans aucun égard et qui cherchent de nom. Lui qui a des éléments de la police nationale congolaise à sa disposition entretiendrait une milice pour quelle finalité ! Il ne fera pas leur jeu. Ils veulent se faire passer en héros, on n’a pas besoin de ça. On a besoin de gens qui veulent travailler. Nous devons produire du riz, du maïs, du manioc, de l’or, du diamant, produire les services, etc. Savez-vous, vous qui êtes de la presse, que le Maniema constitue un véritable havre de paix ? Suivez les informations même sur les radios périphériques, pour vous en rendre compte. Il n’y a que ceux qui ont des yeux et qui ne veulent pas voir pour débiter de telles élucubrations.

Vous lancez donc un appel ?

Oui, un appel à toutes les intelligences, toutes les énergies de notre province, nous serrer les coudes, poser ensemble le vrai diagnostic de notre développement. Envisager de voies de sortie et consolider la démarche pour son décollage. Voilà ce qui nous intéresse et qui doit nous unir. L’heure n’est plus aux distractions, aux calculs de repositionnement. Où que l’on se trouve, on peut bien servir sa province car le Maniema d’aujourd’hui est de loin meilleur que celui d’hier et, sous la houlette du Chef de l’Etat, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, celui de demain sera certainement meilleur que le Maniema d’aujourd’hui, car il bénéficie de l’implication du gouvernement Matata Ponyo Mapon et de la détermination avérée de l’exécutif provincial dirigé par Tutu Salumu Pascal, et les preuves et témoignages sont légion.


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