RDC - Zambie : 3 milliards USD pour la construction d'un centrale hydroélectrique

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image Centrale hydroélectrique

Une centrale hydroélectrique va être construite sur la rivière Luapula à la frontière entre la RDC et la Zambie. Résultat d’un accord conclu en début de semaine entre la SNEL (RDC) et la ZESCO (Zambie) pour pallier le déficit en énergie électrique dans la province du Katanga. Capacité de production : 1 400 mégawats, à raison de 700 MW pour chaque partie. Durée du projet : 3 ans. Coût : 3 milliards USD.

Il est superfétatoire de parler du déficit en énergie électrique en RDC et, particulièrement, dans la province du Katanga. Le taux de desserte de 9% régulièrement avancé ne serait pas conforme à la réalité. A l’occasion de la conférence sur la bonne gouvernance et la transparence dans le secteur minier tenue en février dans la ville de Lubumbashi, le ministre de l’Energie avait reconnu que l’Etat n’était pas en mesure de satisfaire les besoins énergétiques des entreprises minières avant 2020, date probable de l’exécution du projet Grand Inga.

C’est que la question se pose avec beaucoup d’acuité dans cette partie du territoire national du fait des besoins énormes exprimés par les entreprises minières qui sont estimés à environ 6 mille MW. Ce déficit énergétique est tel que, jusqu’à ce jour, les 50% de l’énergie électrique fournie au Katanga sont importés de la Zambie, par le biais de la ZESCO (correspondante de la SNEL).

C’était une solution palliative imaginée par le gouverneur Moïse Katumbi Chapwe pour calmer, tant soit peu, les  récriminations des opérateurs miniers.  Il avait usé de ses relations  pour convaincre les autorités zambiennes, responsables de la Société nationale d’électricité (ZESCO), à répondre à cet appel pressant et urgent.

Puisque les besoins n’ont fait qu’augmenter  au rythme de l’arrivée massive des investisseurs étrangers dans le secteur minier, il fallait agir vite. Aussi le gouverneur Moïse Katumbi n’a-t-il pas croisé les bras. Il a pris le taureau par les cornes pour contourner la difficulté en attendant la concrétisation du projet Grand Inga.

Le chef de l’exécutif provincial du Katanga a usé des coudes et de cervelle pour réduire les exigences des miniers. En fin démarcheur, il a réussi à mettre autour d’une table la SNEL et la ZESCO pour une étude de faisabilité relative à la construction d’une centrale hydroélectrique sur la rivière Luapula qui forme la frontière naturelle entre les deux voisins.

Il nous revient de Lubumbashi que, lundi dernier, la dernière touche a été apportée à ce projet dont le coût est estimé à près de 3 milliards USD. La durée du projet est de trois ans, qui sera exécuté dans toute transparence et facilité. La capacité installée de la nouvelle centrale hydroélectrique de la Luapula sera de 1 400 Mégawats. Les parties contractantes, en l’occurrence SNEL et ZESCO, ont convenu de  se répartir fifty fifty cette  puissance, à raison de 700 MW chacune.

D’autres initiatives du même genre ont vu le jour, notamment dans la réhabilitation des groupes à Inga en vue de permettre une convergence de puissances nécessaires pour les industries minières du Katanga. Toutefois, la construction d’un nouveau barrage va renforcer la coopération entre la RDC et la Zambie, en même temps qu’elle va permettre l’intégration au niveau de cette région.

Cette nouvelle a été accueillie avec enthousiasme dans les milieux des opérateurs miniers qui voient ainsi augmenter la part qui leur est fournie jusqu’à ce jour. Ce qui peut leur permettre de répondre à l’exigence du gouvernement d’installer concentrateurs et autres usines de traitement des concentrés.

D’autres sites à rentabiliser

Dans le Katanga, l’industrie minière est friande d’électricité. Elle en consomme tellement que malgré ces efforts, le déficit devra toujours être comblé. D’autres sites attendent d’être alignés parmi les priorités de la province et de la République. C’est notamment le site de Nzilo, ou encore le site de Bushanga. Il est vrai que sur la rivière Luapula, la puissance est supérieure aux deux derniers sites cités, ce qui justifie que l’autorité provinciale l’ait privilégiée.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’avec de réalisations de ce type, la RD Congo va améliorer notablement la production et la desserte en électricité en vue de se rapprocher davantage du standard africain. D’ailleurs, la valorisation de nouveaux sites permettra également de desservir des milieux ruraux qui sont souvent ignorés.

L’amélioration de la desserte passe nécessairement par la construction de nouveaux ouvrages, mais aussi par l’entretien de l’existant. Ces efforts fournis au Katanga doivent constituer des aiguillons qui appellent les uns et les autres à redoubler d’initiatives en vue d’assurer un essaimage des unités de production de l’électricité, contribuant ainsi à l’amélioration du climat des affaires.

Construire des centrales électriques veut également dire améliorer la position de la RD Congo dans le classement Doing Business. L’électricité étant un secteur structurant de l’économie, une création d’emplois est attendue, tout comme une modernisation de la vie dans les villages. L’hydroélectricité étant peu polluante, elle participe donc à la lutte contre la déforestation en milieu rural. Cette forme d’électricité est également bon marché pour la population congolaise et les industries minières.

[Le Potentiel]


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