Combats entre les factions du M23 : Interruption du trafic Goma - Rutshuru

Font size: Decrease font Enlarge font
image Deplacees dans l'Est de la RDC

La reprise des combats entre les factions du M23 a obligé les transporteurs exploitant la route Goma-Rutshuru à interrompre le trafic sur cet axe, craignant pour leurs vies et leurs biens avec comme conséquence la pénurie des biens de première nécessité dans les prochains jours, et donc une perturbation de l’économie de la région. « Il n’y a aucun véhicule qui peut quitter Goma pour Rutshuru. Tous les passagers sont à Goma dans nos parkings »,  a déclaré à Radio Okapi l’un d’eux qui dit attendre voir des véhicules venir de Rutshuru [zone occupée par les rebelles du M23] avant de lâcher ses camions sur la route, tout en soulignant que  « Notre vie dépend de ce trafic ».

La société civile du Nord-Kivu a accusé dimanche les deux factions de la rébellion du M23 de « simuler des affrontements inutiles » qui les opposent depuis le samedi 9 mars pour tuer des civils innocents et les a appelées à cesser immédiatement les massacres et les violations des populations.

Au cours d’un point de presse dimanche 10 mars à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, Omar Kavota, a prévenu les responsables de cette rébellion « qu’à la suite de ces atrocités imposées aux victimes innocentes, la justice les attend ».

« Nous voudrions demander au M23 d’arrêter cette mascarade en simulant des affrontements inutiles qui font des victimes dans la population », a déclaré Omar Kavota.  Il a également appelé le Conseil de sécurité des Nations unies « à envoyer d’urgence la  brigade d’intervention promise devant traquer les forces négatives au Nord-Kivu pour qu’elle trouve le M23 dans cette flagrance ».

En présentant son rapport spécial sur la RDC et les Grands Lacs, le 5 mars dernier, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait appelé le Conseil de sécurité à autoriser le déploiement d’une brigade internationale d’intervention en République démocratique du Congo (RDC). Cette brigade serait chargée de mener des « opérations offensives contre tous les groupes armés qui menacent la paix dans l’est » du pays, et de « fournir à la brigade l’appui politique nécessaire ».

Selon Omar Kavota, les derniers affrontements entre les deux factions du M23 ont fait au moins une dizaine de morts et neuf blessés côté civil. Mais il a dit craindre que les combats de dimanche n’aient alourdi ce bilan.

INTERRUPTION DU TRAFIC GOMA-RUTSHURU

La reprise des combats entre les factions du M23 a obligé les transporteurs exploitant la route Goma-Rutshuru à interrompre le trafic sur cet axe, craignant pour leurs vies et leurs biens avec comme conséquence la pénurie des biens de première nécessité dans les prochains jours, et donc une perturbation de l’économie de la région.

« Il n’y a aucun véhicule qui peut quitter Goma pour Rutshuru. Tous les passagers sont à Goma dans nos parkings »,  a déclaré à Radio Okapi l’un d’eux qui dit attendre voir des véhicules venir de Rutshuru [zone occupée par les rebelles du M23] avant de lâcher ses camions sur la route, tout en soulignant que  « Notre vie dépend de ce trafic ».

Les affrontements entre les deux factions du Mouvement du 23 mars (M23), aile Makenga et aile Runiga, ont repris le samedi 9 mars sur les collines surplombant la localité de Rugari, à plus de 30 kilomètres au Nord de Goma, capitale du Nord-Kivu.

Après plusieurs heures d’accalmie, les deux parties ont repris les combats le dimanche 10 mars dans la matinée vers le petit parc de Kibumba. Chacune de deux forces rejette la responsabilité de la reprise des combats sur l’autre, avant de  revendiquer  des victoires sur l’adversaire. Vianney  Kazarama, porte-parole des hommes fidèles à Makenga, assure que les éléments de Bosco Ntanganda, l’autre faction, ont perdu certaines positions qu’ils tenaient jusque-là.

De son côté, Seraphin Mirindi, porte-parole du groupe de Bosco Ntanganda, qualifie ces allégations de « tapages inutiles » et affirme que son camp n’a perdu aucune de ses positions.

Les dissensions au sein du M23 sont apparues à la fin du mois de février. Deux camps s’opposent: celui de Sultani Makenga, chef militaire du M23 et Bosco Ntaganda, parrain de cette rébellion et ancien chef militaire de l’ex-rébellion du CNDP dont est issu le M23.

Le 28 février, Sultani Makenga a destitué Jean-Marie Runiga de ses fonctions de coordonnateur politique de ce mouvement rebelle et a nommé à sa place Bertrand Bisimwa. Le chef militaire du M23 a accusé notamment Jean-Marie Runiga de se rallier à Bosco Ntaganda.


Cet article a été lu 5440 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0