Cadre macro-économique : Les Congolais peine encore à en tirer les dividendes

Font size: Decrease font Enlarge font
image Taxi bus coince dans eau a kinshasa

Si la stabilité du cadre macroéconomique demeure incontestablement acquise, en termes d’indicateurs quantitatifs (Taux d’inflation et taux de change), la population peine encore à en tirer les dividendes. Un paradoxe difficile à expliquer, la RDC aligne depuis 2002 une croissance économique positive, accumulant des excédents à chaque exercice budgétaire. « Y aurait-il anguille sous roche ? Quand le peuple palperait-il du doigt les effets positifs de cette stabilité du cadre macroéconomique, maintes fois clamée ? ». Dans les milieux professionnels principalement, des agents émergeant au budget de l’Etat, personne ne s’explique cette contradiction entre la précarité leur imposée, alors que le pays aligne des performances sur les plans économique, financier et monétaire.

Si la stabilité du cadre macroéconomique demeure incontestablement acquise, en termes d’indicateurs quantitatifs (Taux d’inflation et taux de change), la population peine encore à en tirer les dividendes. Un paradoxe difficile à expliquer alors que la RDC aligne depuis 2002 une croissance économique positive, accumulant des excédents à chaque exercice budgétaire. Y aurait-il anguille sous roche ? Quand le peuple palperait-il du doigt les effets positifs de cette stabilité du cadre macroéconomique, maintes fois clamée ? Enigme !

Médusé, ébahi et parfois désabusé, le peuple congolais perd de plus en plus d’espoir quant à l’amélioration de son vécu quotidien. Pourtant depuis 2002, au prix de durs sacrifices lui imposés par les institutions financières internationales, au nom d’une stabilisation du cadre macroéconomique, le peuple congolais attendait la requalification de son vécu quotidien. L’espoir des lendemains qui chantent pointait à échéance, lorsque les principaux agrégats macroéconomiques, principalement le taux de change et le taux d’inflation, se seraient stabilisés. Erreur monumentale.

Voilà dix ans que la RDC aligne un taux de croissance positif dans un cadre macroéconomique relativement stable. Mais, voilà dix ans aussi que le Congolais attend patiemment pour vivre les effets d’une stabilité vantée dans les allées du gouvernement. Un paradoxe qui commence à agacer, voire à irriter. Dans les milieux professionnels, principalement des agents émergeant au budget de l’Etat, personne ne s’explique cette contradiction entre la précarité leur imposée, alors que le pays aligne des performances sur les plans économique, financier et monétaire.

Les statistiques rendues publiques après la dernière réunion de la troïka politique stratégique du gouvernement, qui a réuni, le lundi 03 septembre 2012 autour du Premier ministre, le vice-Premier ministre et ministre du Budget, les ministres de l’Economie et des Finances ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo, ont confirmé la nette stabilité du cadre macroéconomique.

Des indicateurs au vert

Au 31 août 2012, les principaux indicateurs macroéconomiques étaient quasiment au vert, avec notamment un taux de change indicatif de 919,28 Fc contre 921,57, une semaine avant ; un taux d’inflation annualisé de 3,68% contre 3,77% la semaine précédente. Les estimations du taux de croissance ont été maintenues à 7,2% contre 6,9% réalisées à fin 2011 basées sur des projections de meilleures productions minières à fin décembre 2012. Alors que les réserves internationales, en date du 31 août ont été en hausse de 5,1 millions USD et se situent à 1 450,50 millions USD couvrant 8,21 semaines d’importations, contre 1 445,4 millions USD, une semaine auparavant équivalent à 8,18 semaines d’importation.

Des chiffres qui confirment une fois de plus la bonne santé de l’économie congolaise. Malheureusement, sur le terrain, le peuple peine à en tirer les dividendes. En dix ans de stabilité macroéconomique, le Congolais moyen n’a enregistré qu’un maigre changement en termes de pouvoir d’achat. La précarité est toujours criante, pendant que des chiffres présentent des excédents budgétaires cumulés. Au 31 août 2012,  le compte général du Trésor a dégagé, en cumul annuel, un excédent de 200,3 milliards F. Comment se répartissent finalement les revenus de l’Etat ? C’est la question alimente les débats.

La vérité est que depuis la reprise de la coopération structurelle avec les institutions financières internationales, il se pose un sérieux problème de répartition du revenu national. C’est juste une infime partie de la population – moins de 10% de la population – qui a droit au chapitre. Le reste de la population doit se contenter des miettes. Elle se trouve presque exclue du mécanisme de répartition du revenu national. Ce qui constitue le paradoxe d’une embellie économique dans un environnement de forte paupérisation de la population.

Interroger sur les effets réels de la stabilisation dans le vécu quotidien, au sortir lundi dernier de la réunion de la troïka,  le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Daniel Mukoko, n’a pas manqué de mots pour se défendre. Selon lui, «la stabilité profite à tous les Congolais. Quand les prix restent stables, votre pouvoir d’achat est préservé par la stabilité ». « N’est-ce pas, a-t-il renchéri, que vous ne vous posez plus la question de  savoir à combien revient le dollar ? »  Il s’est dit convaincu que la stabilité est telle qu’elle est « intériorisée par chacun de nous ».

« On n’a plus cette incertitude créée par l’instabilité. Les incertitudes sont tous ceux qui ne sont pas compatibles au fonctionnement normal de l’économie. La stabilité, ce n’est pas l’abstrait, c’est du concret. La maman qui se réveille n’a pas à se préoccuper de ce que sera le prix du pain le lendemain ni de ce que va lui coûter un taxi le lendemain ».S’il est vrai que la population ne se fait plus de souci sur l’évolution du taux de change ou des prix intérieurs, il brûle d’impatience d’en apercevoir les effets dans le panier de la ménagère.

Passer du virtuel au réel

« La stabilité du cadre macroéconomique ne se mange pas », commentait, à sa manière, un fonctionnaire de l’Etat, lors d’une récente manifestation des agents de la Fonction publique. C’est dire qu’au sein de la population, il y a bel et bien un malaise que le gouvernement ne doit pas ignorer. En dix ans de stabilité et de croissance positive, la population a été payée en monnaie singe. Elle a été la première à accepter de serrer la ceinture. Paradoxalement, elle est la dernière à en avoir tiré des dividendes conséquents en termes de pouvoir d’achat.

Une dichotomie que le gouvernement se devait de corriger en toute urgence, pour éviter toute implosion sociale. Le malaise est bien réel. La population la ressent dans sa chaire. Il est certes latent. Il est du devoir du gouvernement de mettre en œuvre des mécanismes équitables de redistribution du revenu national pour que le peuple, dans son ensemble, bénéficie d’une manière ou d’une autre, des effets d’une stabilité « virtuelle » pour bon nombre d’entre eux. La stabilité du cadre macroéconomique est, en définitive, une affaire des autres, entend-on dire souvent.

[Le Potentiel]


Cet article a été lu 7672 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0