RDC : Les Congolais veulent un gouvernement pragmatique

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image Augustin MATATA PONYO MAPOM - Premier ministre de la RDC, depuis mercredi 18 Avril 2012.

Les Congolais n’ont pas besoin d’un gouvernement théorique, c’est-à-dire un gouvernement qui tient des réunions sur réunions ; des conférences sur conférence. Les Congolais veulent un gouvernement pragmatique. Cette nouvelle équipe dirigée par le Premier Ministre Augustin Matata Ponyo Mapon, doit s’inscrire dans la nouvelle vision, du Président de la République Joseph Kabila. Celui-ci a proposé une approche de développement dite « autocentrée et intégrée », qui consiste au déploiement équilibré sur le territoire national des pôles économiques et industriels de croissance.

Dans son discours d’investiture du 20 décembre 2011, le Président de la République et Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange avait tracé sa vision et des idées forces pour le développement et l’émergence de la RD Congo à l’horizon 2030, lesquelles s’articulent autour du concept de la révolution de la modernité. Ce slogan consiste à cette échéance de faire du Congo, « un pool d’intelligence et du savoir-faire, un vivier de la nouvelle citoyenneté et de la classe moyenne, un grenier agricole, une puissance énergétique et environnementale, un pool économique et industriel, une terre de paix et de mieux-être et une puissance régionale au cœur de l’Afrique », avait-il déclaré. C’est dans cette perspective, en fait que doit s’inscrire le programme du gouvernement qui sera présenté ce lundi devant les honorables députés à la chambre basse du parlement. Le souhait de tout le monde est que ce programme puisse poursuivre et finaliser les réformes institutionnelles en vue de renforcer l’efficacité de l’Etat ; consolider la stabilité macro-économique et accélérer la croissance et la création des emplois ; poursuivre la construction et la modernisation des infrastructures de base ; améliorer le cadre de vie et les conditions sociales congolaises un vivier de la nouvelle citoyenneté ; renforcer la diplomatie et la coopération au développement.

Le gouvernement doit définir les stratégies et arrêter les principales actions et mesures qu’il doit prendre pour la réussite de son programme. Pour ce faire, la nouvelle équipe de la deuxième législature de la troisième République qui compte réaliser ce programme ambitieux doit compter d’abord sur ses propres sources de financement qui sont « les ressources internes qui est le budget ordinaire de l’Etat, dont il va falloir impérativement accroître la capacité de mobilisation et améliorer la qualité et la composition de la dépense ; les ressources additionnelles ; les ressources issues des partenaires publics/privés ; les contrats de construction d’infrastructures contre échange des ressources naturelles » peu avant de compter sur les ressources provenant des partenariats avec les institutions multilatérales.

Diagnostic de la situation politique, économique et sociale

Le tableau que présentait l’économie congolaise avant 2011 était celui d’une économie exsangue, caractérisée par un tissu industriel délabré, des infrastructures socio-économiques de base totalement détruites, un chômage de masse important, une inflation galopante avoisinant les 4000% l’an, un taux de croissance en net recul de moins 14% en moyenne par an sur la décade 90, un revenu par capital de l’ordre de 80$ par an, une monnaie chancelante ayant perdu nombre de ses fonctions primaires et un différentiel entre le taux de change officiel et parallèle de l’ordre de 150%.

Evolution de la situation depuis 2001

Pendant cette année, la République Démocratique du Congo s’était engagée dans un ambitieux programme pluriannuel de redressement économique et de reconstruction nationale, autour de la construction d’un Etat de droit, de la consolidation de la paix et la cohésion sociale par la mise ne place des institutions républicaines et la réforme de l’armée, de la police et de ses services de sécurité ; la stabilisation du cadre macroéconomique par la mise en œuvre des réformes structurelles de l’économie, des finances publiques et de la gouvernance économique ; la construction des infrastructures socio-économiques de base dans le cades du programme des cinq chantiers.

Au terme de dix ans d’exécution de ce programme, la RD Congo a retrouvé la paix quand bien même que quelques poches de tensions existent ça et là, et que l’autorité de l’Etat a été renforcée et étendue dans toutes les provinces ; le cadre macroéconomique s’est durablement stabilisé, reflété par une inflation à un chiffre et un taux de change stable ; l’environnement économique s’est fortement amélioré, reflété par un flux relativement important des investissements directs étrangers et la restauration de la confiance du secteur privé à l’égard du gouvernement ; une croissance économique positive s’est maintenue durant la décennie 2000 avec une moyenne annuelle de 5% ; plusieurs infrastructures ont été réhabilitées et/ou construites dans le cadre du programme de Cinq chantiers ; l’offre intérieure des produits locaux de base s’est progressivement accrue, suite à l’amélioration de l’état des routes d’intérêt national et local ». Ces bons résultats se sont aussi traduits par l’amélioration de la crédibilité et de l’image de la République Démocratique du Congo vis-à-vis des partenaires bi et multilatéraux. Ils ont conduit à la réduction de 90% du stock de la dette extérieure.

Evolution politique

Malgré quelques imperfections liées à la jeunesse de la démocratie dans le cadre de la consolidation de l’Etat, des avancées notables ont été enregistrées dans le domaine politique se traduisant notamment par l’organisation, pour la deuxième fois, des élections générales présidentielles et législatives libres et démocratiques. De même, plusieurs infrastructures de base ont été réalisées permettant ainsi de relier différents espaces physiques et de créer les conditions nécessaires à l’accroissement de la production et des échanges.

En dépit des effets de crise alimentaire, énergétique et de la dette souveraine des pays développés qui ont impacté fortement l’économie congolaise, le cadre macroéconomique est demeuré stable et solide en 2011. Sinon, les perspectives restent prometteuses. C’est pourquoi, les modèles de développement suivis par la République Démocratique du Congo depuis ces quarante dernières années se sont toujours appuyés principalement sur le développement des exploitations des produits primaires. Cette situation rend l’économie nationale très vulnérable aux chocs extérieurs et tributaires de l’aide internationale. La crise financière internationale de 2008 et les crises énergétiques et alimentaires de 2009 en sont des exemples patents.

Que doit faire le Gouvernement de la RDC ?

Les Congolais n’ont pas besoin d’un gouvernement théorique, c’est-à-dire un gouvernement qui tient des réunions sur réunions ; des conférences sur conférence. Les Congolais veulent un gouvernement pragmatique. Cette nouvelle équipe dirigée par le Premier Ministre Augustin Matata Ponyo Mapon, doit s’inscrire dans la nouvelle vision, du Président de la République Joseph Kabila. Celui-ci a proposé une approche de développement dite « autocentrée et intégrée », qui consiste au déploiement équilibré sur le territoire national des pôles économiques et industriels de croissance. Cette approche s’appuie sur l’opportunité de développer, en fonction des avantages comparatifs et compétitifs de chaque espace économique, des industries de transformation et des industries manufacturées, particulièrement dans les secteurs agro-industriels, de valorisation de nos ressources naturelles et des industries structurantes ou industrialisantes.

La mise en œuvre de ces pôles de croissance sera l’axe central de la politique de la croissance et de l’emploi du programme 2012 – 2016. Cette croissance doit être compétée par les réformes et le soutien de l’Etat aux secteurs économiques-clés dont l’agriculture, les mines, l’énergie, les hydrocarbures, les télécommunications, la forêt et l’environnement. Au cours du quinquennat 2012-2016, le gouvernement doit s’engager à assurer le passage de la stabilisation vers une croissance partagée et un développement réel de la nation congolaise.

P. Romain Rolland


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