La RDC devait atteindre 7% de taux de croissance en 2013

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La Banque mondiale est convaincue que la RDC peut améliorer son niveau de croissance. Selon une étude réalisée par ses services, la RDC devait atteindre 7% de taux de croissance en 2013.

Selon la première analyse économique approfondie réalisée par la Banque mondiale en République démocratique du Congo en 25 ans, le pays devrait afficher une croissance annuelle de près de 7% au cours de deux prochaines années. Le secteur des produits de base demeure cependant important, directement et indirectement, car il aide à financer la construction, le commerce et d’autres activités. À moyen terme, le maintien de la croissance et la création d’emplois dépendront de l’aptitude des pouvoirs publics à créer des conditions favorables à la mise en place des infrastructures indispensables, à améliorer le climat des affaires et à donner au secteur privé la marge de manœuvre nécessaire pour se développer et innover.

Selon la Banque, le maintien de la stabilité économique offre à ce pays d’Afrique centrale la meilleure chance en plus de 25 ans de renouer avec la prospérité et de «tourner une page dans l’histoire de son développement économique et humain».

Le nouveau Mémorandum économique de la Banque sur la RDC, publié récemment à Kinshasa sous le titre : «Résilience d’un géant africain : accélérer la croissance et promouvoir l’emploi en République démocratique du Congo», indique qu’en dépit d’une croissance régulière depuis la fin du conflit, la République démocratique du Congo n’a pas encore retrouvé la paix et la prospérité. En pourcentage du Produit intérieur brut (PIB), les secteurs suivants ont été les moteurs du redressement économique : commerce de gros et de détail (40%), agriculture (24%), extraction minière (12%), bâtiment (11%) et transport et communications (10%). Il semblerait que la croissance économique, notamment dans le secteur agricole, ait été supérieure à 7% pendant la période 2007-2010, soit plus du double du chiffre officiel (3%).

Les économistes de la Banque mondiale notent qu’après une longue guerre civile (1994-2002), le pays a connu une croissance économique moyenne de 5,8% par an entre 2002 et 2010. En 2007, après cinq ans d’expansion, l’économie avait retrouvé ses niveaux d’avant-guerre (1994), mais la population avait augmenté de près de 50%.

S’exprimant au nom du gouvernement, Olivier Kamitatu Etsu, alors ministre du Plan de la République démocratique du Congo, a déclaré que l’analyse détaillée de la gouvernance administrative, politique et économique pendant les 20 dernières années permettait de mieux apprécier les facteurs qui contribuent à la situation précaire de la RDC.

«En tant que ministre du Plan et ancien président de l’Assemblée nationale, j’ai trouvé cet ouvrage d’autant plus intéressant qu’il appelle une revue profonde de la manière d’aborder la gestion des affaires de l’Etat. Il nous invite instamment à nous départir de nos égoïsmes, à faire fi de nos intérêts particuliers afin de privilégier la recherche du bien commun et à cultiver le sens de l’Etat», a-t-il déclaré.

LA PROSPERITE A LONG TERME PASSE PAR UNE CROISSANCE ECONOMIQUE SOUTENUE

Selon la Banque mondiale, la croissance économique récente offre au pays la meilleure chance d’attirer l’investissement étranger, de promouvoir le commerce et d’encourager les petits agriculteurs et les entreprises à produire plus.

Avec une superficie totale de plus de 234 millions d’hectares, la RDC est le plus grand pays d’Afrique subsaharienne. Il possède la plus vaste forêt tropicale du monde, après le Brésil, et 80 millions d’hectares de terres cultivables. La RDC comptait jadis parmi les plus gros producteurs mondiaux de cuivre, de cobalt et d’or, mais faute d’exploration pendant des années, les réserves connues sont encore relativement peu exploitées. La population de la RDC, estimée aujourd’hui à quelque 71 millions d’habitants, devrait atteindre 85 millions d’habitants d’ici à 2020.

L’exploitation minière représente environ 12% du PIB, mais elle occupe une place beaucoup plus grande dans l’économie en raison des entreprises et des services associés à cette activité. La Banque souligne toutefois que les recettes tirées de l’exploitation minière sont aussi une cause et un moyen de financement des conflits. Elle a également invité le gouvernement à mettre en place des mesures de sauvegarde environnementale pour protéger l’un des écosystèmes les plus importants de la planète.

La mauvaise gestion économique a faussé les cycles budgétaires et monétaires et entraîné une perte de devises fortes liée à la baisse des recettes d’exportation, un effondrement du système financier et une inflation galopante – facteurs qui ont eux-mêmes pratiquement paralysé l’investissement public comme privé.

«La nouvelle analyse économique de la République démocratique du Congo met en lumière une trajectoire positive de croissance économique et de développement humain», a indiqué Eustache Ouayoro, directeur des opérations de la Banque mondiale en RDC. «Les autorités doivent cependant prendre des mesures crédibles pour promouvoir l’investissement privé à long terme, tout en assurant une croissance économique qui n’exclut personne et profite à tous les Congolais», a-t-il précisé.

Les jeunes Congolais recherchent activement des possibilités d’emploi, selon le nouveau rapport. L’ancien secteur privé, non comprises les entreprises publiques récemment privatisées, pourrait créer tout au plus 300 000 emplois, ce qui représente 1,2% de la population active. Le reste devra se replier vers l’agriculture de subsistance ou le secteur non structuré. La situation ne s’étant pas sensiblement améliorée depuis 2006, la Banque souligne que le gouvernement devra veiller à offrir des possibilités d’emploi aux jeunes dans tous les secteurs qui sont des pôles de croissance.

Dans le cadre de l’initiative Open Data de la Banque mondiale les autorités congolaises, les universités locales et la Banque ont créé une base de données détaillée sur l’évolution récente de la situation économique, qui est affichée sur le site Web de la Banque mondiale dans le cadre de cette publication. En autorisant la publication de la base de données complète, les autorités congolaises démontrent leur attachement aux principes de transparence et de responsabilité.

PRINCIPES DE TRANSPARENCE ET DE RESPONSABILITE

Le principal défi à relever par les autorités congolaises est d’assurer le respect des principes de transparence et de responsabilité dans tous les secteurs de l’économie, selon la Banque. Le développement a été gravement entravé au cours des quinze dernières années par le manque d’efficacité de l’administration publique. Non seulement l’état actuel de la gouvernance n’incite guère ceux qui définissent ou influencent les politiques à protéger l’intérêt public, mais il les empêche de parvenir à un consensus durable. Il faut rétablir la confiance entre la population et les investisseurs potentiels.

LA RDC ET LA BANQUE MONDIALE

Le Mémorandum économique sur la RDC, une collaboration entre le Groupe de la Banque mondiale et les autorités congolaises, est la première analyse économique détaillée du pays en plus de 25 ans. Publié aujourd’hui à Kinshasa, le rapport met en lumière les grands défis à relever par le pays pour promouvoir une croissance et une prospérité partagées au cours des années à venir.

Le portefeuille de la Banque mondiale en RDC compte actuellement 19 projets dont deux et régionaux financés par l’IDA, représentant un montant de 2,8 milliards USD d’engagements nets.


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