Cartes SIM : Zoom sur un marché naguère anarchique en RDC

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La RD Congo pourrait se classer parmi les rares pays du monde où les puces de téléphones portables se vendent à bas prix. Avec l’équivalent d’1$US, le Congolais de Kinshasa pouvait se procurer plusieurs cartes SIM. Si, en termes de valeur marchande, la situation n’a pas changé, du moins du point de vue de la procédure, l’achat d’une puce est désormais normalisé. Un grand coup réussi, signé " Gouvernement ". La vente des cartes SIM à Kinshasa quitte les rues pour les Shops des opérateurs de réseaux GSM. Les tenanciers de petites cabines téléphoniques publiques, autrefois vendeurs des puces, n’en peuvent plus. Ils se limitent à vendre des cartes prépayées. En tout cas, pas plus.

A Kinshasa, capitale de la RD Congo, le marché parallèle de vente d’accessoires du téléphone portable ressemble à celui de produits alimentaires. Tout y est ou presque. Tout s’y vend. Mais sans aucun préalable réglementaire. Des téléphones d’occasion, des cartes prépayées de recharge, des chargeurs, des puces ou cartes SIM...Rien ne manque. Un commerce florissant qui a séduit des milliers de jeunes gens sans emploi. Du pain béni pour les opérateurs GSM. Car, leurs points de vente et leurs forces de vente se sont accrus.

Cependant, depuis quelques semaines, on peut tout acheter dans la rue de Kinshasa, sauf une carte SIM. Quiconque voudrait se procurer une puce devra se rendre à un Shop. Sur place, le client devra remplir une fiche d’identification, préalable à l’activation de ladite puce. Voilà, une exigence administrative qui a contraint les " dealers " et autres anciens revendeurs de cartes SIM d’abandonner ce petit commerce. Moralité, il n’y a plus de cartes SIM en vente dans les rues de Kinshasa. 

Junior, la vingtaine révolue, tient une petite cabine publique de téléphone, Place Jakarta, en plein Matonge. Dans le lot des marchandises exposées, il n’a aucune puce. 

Pourquoi ne vend-il plus de SIM ? Junior répond avec empressement : " Faux coop (pas intéressant) ! Depuis que le Gouvernement a instauré l’identification des usagers des téléphones portables, la vente des SIM n’est plus rentable. Par conséquent, aucun " coopérant " (ndlr : tout celui qui se débrouille dans le petit commerce) ne peut plus s’approvisionner en cartes Sim ", dit-il. Plusieurs autres vendeurs de cartes prépayées interrogés en plein Matonge, " capitale " de Kinshasa, ont dit la même chose.

CHAPEAU BAS AU GOUVERNEMENT

La RD Congo pourrait se classer parmi les rares pays du monde où les puces de téléphones portables se vendent à bas prix. Avec l’équivalent d’1$US, le Congolais de Kinshasa pouvait se procurer plusieurs cartes SIM. Si, en termes de valeur marchande, la situation n’a pas changé, du moins du point de vue de la procédure, l’achat d’une puce est désormais normalisé. 

Que les cartes prépayées se négocient sans condition dans la rue, la pratique n’énerve peut-être pas. Tout le problème tient à la vente des cartes SIM. Contrairement à une carte de recharge, la puce remplit une fonction essentielle de contrôle. Pour des raisons de sécurité, elle permet aux services qualifiés de remonter la filière. Surtout lorsqu’il s’est produit un événement touchant à la sûreté de l’Etat.

UNE MESURE STRATEGIQUE

A priori, ce travail n’est pas une simple tasse de chocolat, dans la mesure où les acheteurs des SIM ne sont jamais identifiés au moment de l’achat. Dans ces conditions, il devenait plus facile pour les Kinois de se procurer une SIM, rien que pour assouvir une sale besogne : insulter, brandir des menaces sous couvert de l’anonymat…

Compte tenu de nombreux abus consécutifs à la vente désordonnée des puces à Kinshasa, les pouvoirs publics avaient enjoint aux opérateurs GSM d’identifier leurs clients. Ce même message a été relayé aux usagers des téléphones portables, invités à se présenter dans les différents shops de leurs opérateurs réseaux aux fins de se faire identifier. Autrement, la SIM, dont l’utilisateur est anonyme serait simplement bloquée. Depuis, cette injonction est encore de stricte rigueur et ne souffre d’aucune " exception".

Ce n’est pas la première fois que le Gouvernement de Kinshasa prenne des mesures. Mais, c’est l’une des rares fois qu’une décision du Gouvernement soit respectée dans une proportion satisfaisante. Quitte aux sociétés de télécommunication cellulaire, d’organiser des équipes d’identification mobile pour rendre la décision du Gouvernement plus effective.

[Laurel KANKOLE]


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