Avec le coup d’Etat du 24 Novembre, la RDC est descendue aux enfers d’où il lui est difficile de sortir aujourd’hui

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image Mobutu et Tshisekedi

Les indicateurs socio-économiques de la RDC ne sont pas au vert. Pour un pays qui se trouvait au même diapason que le Canada en 1960, occuper actuellement une des dix dernières positions sur l’échelle mondiale suivant l’indice du développement humain (IDH), constitue plus qu’un drame. Nous devrions être tristes et nous remettre constamment en cause parce que cette situation est la conséquence de nos propres turpitudes.

Après avoir commémoré avec faste les tristes assassinats de Patrice Emery Lumumba, le tout premier Premier ministre du Congo indépendant, et de Laurent-Désiré Kabila, cet homme à qui les Congolais rendent hommage pour avoir fait fuir le dictateur Mobutu, la manière la plus éloquente de perpétuer le souvenir de ces deux personnages est de pérenniser leurs pensées.

Lumumba avait déclaré en son temps que c’est au Congo que sera écrite l’histoire du Congo et non en Belgique. C’était une manière implicite d’appeler les Congolais à la prise de conscience de leurs responsabilités. Ce sont eux qui devraient prendre en main les destinées de leur Etat dont ils ont acquis l’indépendance au prix des mille et un sacrifices. Pour cet homme, après avoir festoyé avec  » l’indépendance cha-cha « , les Congolais devenus libres devaient se remettre immédiatement au travail pour bâtir un pays plus beau qu’avant(l’indépendance).

Malheureusement Lumumba avait prêché dans le désert. Car aussitôt les Belges partis, le pays était tombé dans le chaos. Bien que certains politiciens fassent incomber la faute de cette anarchie aux anciens colonisateurs, la vérité est que les Congolais eux-mêmes ont joué un rôle capital dans la déliquescence de leur nation. Ils ont servi de complices aux fossoyeurs de leur pays pour leurs intérêts personnels.

Ceux qui ont occupé les postes laissés vacants par les Belges se sont lancés dans l’enrichissement illicite en vue de mener la dolce vita sans songer à maintenir le même type de gouvernance. Le comportement exemplaire du président Kasa-Vubu n’a malheureusement pas fait des émules. Les autres responsables se sont plus servis au lieu de servir l’Etat. Avec le coup d’Etat militaire du 24 novembre qui a instauré une des pires dictatures en Afrique, la RDC est descendue aux  enfers d’où il lui est difficile de sortir aujourd’hui.

Ne jamais trahir la RDC et se prendre en charge : vœux pieux.

A son avènement à la tête de la RDC un certain 17 mai 1997 avec l’appui de la population qui en avait marre du maréchal-dictateur, Mzee Laurent-Désiré Kabila (LDK) avait suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population. Il avait mobilisé ses compatriotes autour des valeurs de travail en mettant en place notamment le Service national (SN) dans le but d’assurer la sécurité alimentaire à la population. Malheureusement, après son assassinat, toutes les valeurs nées avec son régime entres autres le respect des biens publics, la crainte de l’autorité, etc…ont disparu. Même les petits receveurs des bus ont repris avec leur sale habitude de s’accrocher aux portières de leurs engins alors que cette pratique avait disparu au temps de LDK.

Depuis quelques années des groupes armés qui écument l’est du pays sèment désolation et mort au sein des populations en toute impunité. Ces brigands ne peuvent pas réussir tous leurs coups s’ils ne bénéficiaient pas de complicités des Congolais. Est-il possible que des fils d’un pays trahissent leur pays jusqu’à ce point ?

Son mot d’ordre axé sur l’auto-prise en charge a disparu dans les mœurs. Les Congolais aiment que les autres fassent tout à leur place. Pour preuve, nous nous nourrissons et nous nous habillons des produits importés. Plus grave encore est le fait que le nombre des chômeurs ne fait qu’augmenter alors qu’il y a énormément à faire dans le pays.

Nous citons à titre révélateur l’assainissement de nos grandes agglomérations. Si cette tâche qui doit être permanente était revalorisée, nous nous demandons s’il y aurait tant de désœuvrés dans nos villes. Pourtant tant des milliers de jeunes gens tournent les pouces à longueur de journées faute d’occupation.

L’inconscience des politiciens est encore plus révoltante. Incapables de trouver des solutions qui se posent à leur société, ils attendent que la communauté dite internationale vienne leur dicter la ligne de conduite à suivre. Il y a là à faire remuer les pères de l’indépendance dans leurs tombes.

Le moment de la léthargie doit prendre fin. Heureusement qu’aux mois de février, mars et avril, le calendrier ne prévoit pas autant de jours fériés comme c’est le cas en janvier. Remettons- nous au travail. Le temps joue contre les paresseux.  » Travaillez, prenez de la peine. C’est le fonds qui manque le moins « . Faisons de cette recommandation du poète français Jean de La Fontaine tirée du conte  » Le laboureur et ses enfants  » notre devise, et nous bâtirons réellement un pays plus beau qu’avant l’indépendance. Ainsi, la commémoration de la mort de ceux que nous appelons héros aura de la signification. Sinon, nous jouons du théâtre.

[Rombaut Ot]


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