RDC : Jean-Paul Mika, un dessinateur de talent

Font size: Decrease font Enlarge font
image Tableaux - Un de tableau de Jean-Paul Mika

«Quand j’étais élève, à l’école primaire comme aux humanités, j’impressionnais mes enseignants tout comme mes condisciples par la qualité de mes dessins, raconte JP Mika. Mon talent émerveillait mes instituteurs au point qu’ils me demandaient toujours d’aller dessiner pour toute la classe au tableau. Ces appréciations m’ont accompagné jusqu’à l’Académie des Beaux arts où aussi mes professeurs et camarades étudiants ont découvert que j’étais un fin dessinateur capable de réaliser le meilleur autoportrait de la classe».

S’il vous arrive de visiter les œuvres de Jean-Paul Mika à l’Espace « Bilembo », aux confins de l’ambassade de France à Kinshasa, vous serez sans doute frappés par la finesse de ses dessins.

Portraitiste de talent, cet artiste plasticien est, depuis le 29 janvier 2015, à l’affiche d’une exposition qui va s’étendre jusqu’au 22 mars prochain.

Pour marquer sa toute première exposition individuelle qu’il a préparée depuis une année, le peintre congolais a réalisé une trentaine d’œuvres d’art, dont seize sur toile et quatorze sur papier monopole.

Parmi ses tableaux phares, des toiles qui mettent en exergue des figures emblématiques de la politique, de la musique… et de la peinture populaire en République démocratique du Congo.

En lorgnant de plus près ses toiles, vous verrez défiler Joseph Kasa-Vubu, Patrice Emery Lumumba, Joseph-Désiré Mobutu, Joseph Kabila, Tabu Ley, Kester Emeneya… La liste est longue. De loin comme de près, l’observateur attentif se rendra compte que les images sont fignolés avec une telle précision que la ressemblance avec les personnages réels est frappante.

Un dessinateur de talent

«Quand j’étais élève, à l’école primaire comme aux humanités, j’impressionnais mes enseignants tout comme mes condisciples par la qualité de mes dessins, raconte JP Mika. Mon talent émerveillait mes instituteurs au point qu’ils me demandaient toujours d’aller dessiner pour toute la classe au tableau. Ces appréciations m’ont accompagné jusqu’à l’Académie des Beaux arts où aussi mes professeurs et camarades étudiants ont découvert que j’étais un fin dessinateur capable de réaliser le meilleur autoportrait de la classe».

Malgré ses talents, JP Mika a dû arrêter net ses études de peinture en 2ème année graduat pour se lancer à corps perdu dans la vie professionnelle. Prenant déjà en charge ses propres études dès la 6ème année des humanités commerciale, il avait monté son propre atelier à Mokali, dans la commune de Kimbanseke.

«Evénement des Beaux arts», son atelier de prédilection, implanté depuis 2004, s’est illustré par la production des panneaux publicitaires, des banderoles, des portraits…

Un académicien dans la sphère des peintres populaires

Stimulé par la peinture populaire, en vogue à l’époque, JP Mika s’associe aux pionniers de cette école baptisée ‘‘art naïf’’. Il intègre en 2005 l’Atelier de recherche en art populaire (ARAP), dirigé par Chéri Chérin qui devient son maître. Il y retrouve son aîné Mfumu’Eto, un autre produit de l’Académie des Beaux arts, converti en peintre populaire.

Ses deux années de graduat à l’Académie dès 2006 permettront à JP Mika de maîtriser l’abc de la peinture classique. Des notions qu’il va se donner la peine d’intégrer dans cet ‘‘art naïf’’ où les partisans se plaisaient à peindre en toute liberté les faits de société sans chercher à coder le message.

Sur cette lancée, JP Mika tâchera, lui, d’intégrer les règles académiques qui lui permettent de respecter les proportions du corps, tenant compte des notions de l’anatomie de l’art et des normes des croquis.

Fort de ces acquis, JP Mika amorce son odyssée dans l’univers des artistes populaires. Il participe, dès 2009, à plusieurs expositions collectives à Kinshasa, en province et à l’étranger. Ainsi, se retrouve-t-il deux années consécutives en exposition collective en Espagne avec Chéri Chérin. Puis, à Bruxelles et Anvers avec Chéri Benga, en 2011 et 2012.

L’odyssée des expositions collectives va continuer à Lubumbashi, puis à Kinshasa avant de déboucher à cette toute première exposition individuelle de JP Mika à l’Espace Bilembo. Une facon pour lui de laisser des traces.


Cet article a été lu 5410 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0