Francophonie, une affaire de la France

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image Francois HOLLANDE

Le XVème Sommet de la Francophonie vient de clore ses travaux à Dakar (Sénégal) avec l’élection au forceps de la canadienne Michaelle Jean au poste de Secrétaire générale. Cette élection-imposition va sans doute laisser des traces indélébiles dans l’histoire de l’organisation francophone tant le consensus n’a pas véritablement été au rendez-vous de cette messe. Jusqu’à la dernière minute, le Congo/Brazza n’a pas voulu laisser tomber son candidat, le diplomate Henri Lopez. L’ancien président burundais Pierre Buyoya non plus n’a pas voulu se désister. C’est là où il apparaît que certains Africains, bien que faisant la politique active, n’ont jamais compris les règles du jeu dans ce monde plein d’embûches.

Qui est cet homme lucide surtout un homme d’Etat qui n’a jamais compris que la Francophonie est avant tout une affaire de la France. Cette organisation peut-elle exister sans le pays de De Gaulle? A moins qu’on soit un obnubilé pour croire le contraire. Par conséquent, lorsque quelqu’un veut occuper de hautes fonctions dans cet espace, il doit avant tout et impérativement s’assurer du soutien de l’Hexagone. C’est ce que le Congo/Brazza n’a pas du tout compris.

Depuis que François Hollande est entré en guerre contre les dirigeants africains qui sont tentés de tripatouiller la constitution de leurs pays pour se maintenir au pouvoir, les relations entre la France et le Congo-Brazza ne sont plus au beau fixe étant donné que Sassou Nguesso est parmi ces dirigeants pointés du doigt par le président français. A cet effet, il était inimaginable que la France puisse avaliser la candidature de quelqu’un qui, une fois à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), pouvait entrer en contradiction avec le pays-propriétaire de cette organisation dans sa lutte contre les  » révisionnistes  » surtout en Afrique. Le sort d’Henri Lopez dont on dit qu’il est trop proche de Denis Sassou Nguesso, était déjà scellé. S’il était un fin diplomate, cet ancien Premier ministre  et ambassadeur du Congo en France aurait dû jouer sa carte à partir de la France même pour s’attirer la sympathie des  » propriétaires  » de la Francophonie. Il ne l’a pas fait fondant sa stratégie sur le passé de l’OIF dont les secrétaires généraux ne sont que des Africains depuis son existence. Grave erreur de la part d’un politicien qui est au pouvoir depuis de longues années.

Dans les organisations internationales, la bourse a aussi un grand mot à jouer. Si depuis sa création l’OIF n’a eu comme secrétaires généraux que des Africains c’est parce que, par la force des choses, ils n’étaient que seuls comme candidats. Mais cette fois-ci il y avait un candidat vertébré venu d’un des grands pays financièrement forts de la planète. Qui ne sait pas que le Canada compte parmi le G8 ? Encore que Michaelle Jeanne a assumé des fonctions suprêmes dans ce pays. François Hollande ne devait que soutenir le candidat de ce pays sur qui il compte à cause de sa bourse pour financer des projets de développement pour l’épanouissement de  » sa  » Francophonie. Sur ce plan là, le Congo-Brazza était d’orès et déjà battu.

A Dakar, les Africains se sont distingués malheureusement par leur instabilité chronique. Les dirigeants qui étaient présents aux assises promettaient aux divers candidats leur soutien. Ils n’avaient pas le courage de donner leur véritable position. La réalité est que ceux qui n’avaient pas présenté des candidats regardaient du côté de la France pour se prononcer en définitive. Même si, par manque de consensus, les participants devaient passer au vote comme semblait l’exiger la ministre rwandaise des Affaires étrangères, il est certain que c’est Michaelle Jean qui gagnerait le scrutin parce que la France en avait ainsi préalablement décidé.

Ce qui vient de se passer à Dakar doit absolument réveiller ceux des Africains qui se font beaucoup d’illusions. A voir la manière dont François Hollande s’est ostentatoirement réjoui de la défenestration de Blaise Compaoré et la façon dont il a félicité le peuple burkinabé pour son courage, il va sans doute que tous ces dirigeants qui feront de la résistance face à la volonté des grands de ce monde dont le président français n’est d’ailleurs que le porte voix,  subiront le triste sort de l’ex homme fort du Burkina Faso. Il ne faut pas qu’ils se leurrent. Vaut mieux pour eux sortir tête haute et mériter des fleurs à l’instar d’Abdou Diouf que d’être sur les traces de ceux qui sont en train de regretter aujourd’hui leur entêtement dans les geôles ou en exil.

[Rombaut Ot]


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