Pour avoir quitter la MP : « KABILA » interdit la RTLJ de MUYAMBO d’émettre en RDC

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image Jean-Claude MUYAMBO KYASSA - President du Parti politique SCODE

La Radio Télévision Lubumbashi Jua (RTLJ), émettant à Lubumbashi, dans la province du Katanga, est interdite d’émettre en RDC. Il est reproché à cette entreprise audiovisuelle, appartenant à Jean-Claude Muyambo, ancien membre de la Majorité présidentielle qui a basculé la semaine dernière dans le camp de l’opposition, d’«incitation à la haine et à l’insurrection». Les responsables de  la RRLJ qualifient cette décision de «politique».

Au terme d’un arrêté signé  jeudi 20 novembre par le directeur de cabinet du ministre des Médias, la Radio Télévision Lubumbashi Jua (RTLJ), émettant à Lubumbashi, dans la province du Katanga, est interdite d’émettre.

Selon Radio Okapi qui a donné l’information samedi 22 novembre, il est reproché à cette entreprise audiovisuelle, appartenant à Jean-Claude Muyambo, ancien membre de la Majorité présidentielle qui a basculé la semaine dernière dans le camp de l’opposition, d’«incitation à la haine et à l’insurrection». Les responsables de  la RRLJ qualifient cette décision de «politique».

Contacté, le ministre Lambert Mende précise que la suspension qui frappe la RTLJ est une mesure conservatoire pour non respect des dispositions légales de diffusion des entreprises privées du secteur audio-visuel.

D’après le ministre des Médias, il appartiendra au Conseil supérieur de l’audio-visuel et de la communication (Csac) de prendre une décision finale.

De son côté, le directeur général de la RTLJ, Guelord Mukanya, se dit surpris par cette mesure qu’il qualifie de «politique».Il indique que cela  fait  3 ans que sa maison n’avait jamais changé sa grille de programme et il ne comprend pas pourquoi on les accuse d’incitation à la haine et à l’insurrection.

«Comment vous pouvez comprendre qu’après la réaction du bâtonnier Jean-Claude Muyambo, il y a des répercutions directes sur son entreprise. Ca ne s’explique pas. C’est une décision politique et non administrative», a dénoncé Guelord Mukanya.

Malgré cette décision ministérielle, la RTLJ continue de diffuser ses programmes. Cette mesure «conservatoire» tombe trois mois après que le ministre des Médias a interdit 61 journaux et périodiques de Kinshasa de fonctionner.

CONCERTATION DES ONGs DE BONNE GOUVERNANCE

La suspension de la Radio Télévision Lubumbashi JUA par le ministre congolais de l’Information et presse, Monsieur Lambert Mende est une entorse grave au droit de l’information"

La Concertation des Organisations Non Gouvernementales pour la Bonne Gouvernance, une plate forme regroupant des organisations de la société civile congolaise pour la promotion des valeurs républicaines exprime ses vives inquiétudes et protestations au sujet des violations sans cesse grandissantes du droit à l’information constitutionnellement garanti en RDC, violation dont les pouvoirs publics se rendent coupables.

En effet, le dernier cas en date concerne la Radio Télévision Lubumbashi Jua, RTLJ en sigle, médias appartenant à Monsieur Jean-Claude Muyambo Kyassa et qui vient d’être frappé par une lettre du ministre congolais de l’Information et presse, Monsieur Lambert Mende Omalanga qui reprocherait à cette chaîne privée d’avoir diffusé des informations d’incitation à la haine et à l’insurrection, sans en apporter la moindre preuve.

Il nous revient des informations fiables que la Primature, en convoquant les responsables du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel Congolais (CSAC), a tenté de les persuader de formaliser cette suspension pourtant manifestement illégale et irrégulière de la RTLJ.

Il faut rappeler que cette sanction intervient quelques jours seulement après que Monsieur Jean Claude Muyambo Kyassa ait annoncé le retrait de son parti politique, dénommé Solidarité Congolaise pour la Démocratie et le Développement(SCODE) de la plateforme politique de la Majorité présidentielle. Ce retrait est intervenu à la suite de l’interdiction par l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) d’atterrissage à Mbuji-Mayi de l’avion transportant des membres de la SCODE attendus dans la capitale diamantifère pour y tenir un meeting de mobilisation de la population contre la révision de la constitution du pays, en date de samedi 14 novembre 2014.

Le ministre Lambert Mende serait très remontée contre la RTLJ au motif qu’elle diffuse à longueur des journées l’interview qu’il avait accordé à la télévision française TV5 au cours duquel il affirmait parler au nom du président de la République en disant qu’en 2016, il y aura une remise et reprise entre un Président entrant et un Présidant sortant d’une manière civilisée.

Aussi, la lettre précitée du ministre des Médias, chargé des relations avec le Parlement et de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté suspendant la RTLJ de toute émission viole intentionnellement les prescrits de l’article 24 de la Constitution qui garantit le droit à l’information, la liberté de presse, la liberté d’information et d’émission.

Cette lettre a été prise également en violation de la loi organique n°11/001 du 10 janvier 2011 portant composition, attribution et fonctionnement du Conseil supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication le CSAC qui est donc seul organe compétent pour contrôler et sanctionner les medias en cas de dérapage. Le ministre épinglé en tant que tel n’a donc pas qualité d’interdire ou de suspendre la RTLJ.

Pour la Concertation, seul le CSAC a la mission de veiller au respect de la loi fixant les modalités d’exercice de la liberté de presse en RDC et peut garantir le droit de la population à une information pluraliste, fiable et objective. En bref, en prenant une mesure intempestive et à contre temps, le Ministre Lambert MENDE a trahi son mépris envers la loi de RDC. Comme pour dire qu’il est au-dessus de la loi et que ses décisions ne souffriraient d’aucun contrôle.

Or, de telles interférences régulières du Ministre des Médias dans les attributions du CSAC empêchent les Congolais d’avoir accès à une information objective, et par conséquent les prédisposent à subir la pensée unique à travers les messages diffusés à longueur des journées par des médias officiels.

Eu égard à tout ce qui précède, la Concertation des Organisations Non Gouvernementales pour la Bonne Gouvernance recommandent :

Au ministre des Médias :

- De rapporter immédiatement son arrêté qui viole gravement la législation en vigueur et porte atteinte à la liberté de presse constitutionnellement garantie ainsi que les instruments juridiques internationaux dûment ratifiés par la RD Congo.

- De cesser toute interférence dans les attributions du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication

Au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication :

- De saisir les instances judiciaires et le Parlement pour obtenir l’interpellation du ministre des médias pour toutes les violations des droits à l’information et ses interférences dans un domaine où ses prérogatives sont strictement limitées ;

A la Radio, Télévision Lubumbashi JUA :

- De saisir les instances judiciaires compétentes pour obtenir l’annulation de l’arrêté de suspension pris par le ministre des médias pour abus, voire excès de pouvoir.

Fait à Lubumbashi, le 21 novembre 2014


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