RDC : Le journaliste patriote

Font size: Decrease font Enlarge font
image Journaux - Quelques quotidiens Kinois

Les différentes dictatures qui se sont succédé au Congo ont mis les journalistes dans les conditions de paupérisation telles qu’ils sont devenus des clochards ou des véritables mendiants. Leurs conditions de vie sont misérables et le salaire qu’ils touchent ne peut pas leur permettre de vivre ne fut ce que pendant une semaine. Ils doivent faire la courbette devant n’importe qui. Sous  d’autres cieux lorsqu’un journaliste se présente  devant un bureau pour recueillir des informations, sa présence fait frémir. Au Congo, il est un marginalisé, un laisser pour compte.

La BBC Afrique définit le journaliste patriote comme celui qui fait preuve de patriotisme. C’est celui qui fait tout son possible pour que ses compatriotes comprennent comment ils sont gouvernés, pour qu’ils connaissent les priorités du gouvernement, son ouverture, son honnêteté ou plus précisément ses objectifs et ses actions.

Le journaliste patriote donne à ses compatriotes les informations et les arguments solides  pour qu'ils puissent critiquer leur gouvernement de façon juste et honnête, avec un esprit ouvert et pour qu'ils comprennent pourquoi il a pris des mesures impopulaires.

Ceci dit, posons-nous maintenant la question de savoir s’il y a des journalistes compatriotes en RDC pour ne pas parler de l’Afrique en général. On ne saurait répondre à cette question sans commencer par se demander si la démocratie existe  vraiment  au Congo, si la liberté d’expression existe réellement dans ce pays. C’est également chercher à savoir  dans quelles conditions les journalistes travaillent-ils et s’ils ont  la liberté de faire leur travail comme ils l’ont appris à l’école ou encore comme ils doivent le faire.

En effet, les différentes dictatures qui se sont succédé au Congo ont mis les journalistes dans les conditions de paupérisation telles qu’ils sont devenus des clochards ou des véritables mendiants. Leurs conditions de vie sont misérables et le salaire qu’ils touchent ne peut pas leur permettre de vivre ne fut ce que pendant une semaine. Ils doivent faire la courbette devant n’importe qui. Sous  d’autres cieux lorsqu’un journaliste se présente  devant un bureau pour recueillir des informations, sa présence fait frémir. Au Congo, il est un marginalisé, un laisser pour compte. La radio et la télévision nationales sont devenues des instruments de propagande au service d’un individu. Tous les journalistes qui y travaillent doivent s’aligner de gré ou de force du côté du pouvoir en place. C’est comme à l’époque du Parti-État, qu’on le veuille ou pas on est membre du MPR. Depuis l’époque de Mobutu, il suffit d’être le chantre de la révolution pour accéder aux hautes fonctions ou pour être embauché comme journaliste à la radio et à télévision nationale congolaise. On a vu Lambert Mende présenter des émissions de la MOPAP sans aucune notion sur la présentation d’un programme à la radio et IMANA Ingulu, Siama Bamolona présenter les informations à la radio et à la télévision. Il est bien vrai que la plupart des grands journalistes à la RTNC n’ont pas étudié à l’ISTI, mais ils ont suivi une formation sur le tas et bénéficié d’un bon encadrement qu’ils sont devenus brillants. Cela n’a pas été le cas pour ceux que je viens de citer.

Aujourd’hui, le même rythme se poursuit. N’est-ce pas la continuité de la pensée unique? On a vu avant les élections Mende embaucher plusieurs animateurs d’émissions sans aucune notion en journalisme pour venir faire la propagande de l’imposteur, injurier le Cardinal, transformer le plateau de la télévision à un podium  pour le théâtre. Ces comédiens qui avaient pour seule compétence leur degré de militantisme et de fidélité au PPRD sont venus remplacer les journalistes formés.

Je citerai encore la BBC pour dire  qu’en démocratie, le journaliste patriote a le devoir de faire en sorte que les électeurs de son pays disposent de tout ce dont ils ont besoin pour choisir le meilleur gouvernement. Quel journaliste osera le faire en RDC au risque de laisser sa peau sur la rue. Combien ont laissé des veuves et des orphelins pour avoir osé dire la vérité? Si le Congo était réellement une république démocratique et si on laissait au journaliste la liberté de faire son travail, cette bande de collabos incompétents n’allait plus revenir aux affaires. Mais comme le fameux Docteur en tricherie Ngoy Mulunda, serviteur du diable et son professeur assistant qui ont fait la honte du Congo et de l’Afrique toute entière étaient aux affaires, on pouvait s’attendre à tout sauf rien. Les véritables résultats des élections de novembre 2011 sont jalousement gardés dans les coffres forts de la Monusco.

Ce ne sont ni les journalistes patriotes qui manquent au Congo. Le problème réside au niveau du système qui est totalement pourri et soutenu par la communauté internationale. Le journaliste doit faire la ronde de la ville durant toute la journée et visiter différents bureaux ou différents ministères avant de venir présenter le journal télévisé ou une émission radiophonique. Ceux de la presse écrite n’en font pas exception avant de rédiger un article. Ils racontent de n’importe quoi dans leurs articles. Il suffit de lire un papier rédigé par tel ou tel autre journaliste pour éprouver du dédain. Des fois, on se demande si c’est un réellement un tel qui a produit cet article.  

Tout journal qui n’est du côté du pouvoir est dans l’impossibilité de payer son personnel. Se sentant dépaysé ou abandonné à son triste sort, le personnel est obligé d’écrire des titres parfois farfelus simplement pour vendre le  journal. Avoir les titres des articles, on se sent attiré pour acheter le journal. Lorsqu’on entre en profondeur de l’article, on regrette l’argent dépensé. Comme leurs collègues de la presse audiovisuelle, ils sont obligés de faire le tour des bureaux pour trouver de quoi  s’acheter le «Matembele» afin de nourrir leurs familles. C’est de la véritable débrouillardise. Les kinois les surnomment les «QUADOS». Ne peuvent rouler dans des voitures que ceux qui sont attachés de presse dans un ministère, ceux qui sont les serviteurs de tel homme politique qui est au pouvoir et ceux qui encensent le pouvoir de l’imposteur Kanambe dans leurs programmes quotidiens.

En démocratie, le pouvoir  appartient au peuple et il ne fait que le prêter à ceux qu’il choisit pour l'exercer en son nom. Un journaliste patriote est une courroie de transmission entre le peuple et le pouvoir. Il a le devoir  de faire son possible pour dire à ses compatriotes comment leur pouvoir est employé en leur nom.  Qui osera critiquer l’action gouvernementale? Tout ça se comprend dans ce sens que le pouvoir du peuple est confisqué par une bande de maffieux à la tête du pays. Il n’est pas exercé par ceux-là que le peuple a choisis. Comment pourront-ils alors lui rendre compte?

Qui au moyen des arguments judicieux a pu pendant et après l’élection faire comprendre aux électeurs de l’UDPS, UNC et consorts comprennent pourquoi ils ont perdu, pourquoi le parti pour lequel ils ont voté est toujours dans l’opposition et pourquoi le PPRD pour lequel ils n’ont pas voté est toujours au pouvoir? L’Occident a une fois de plus confisqué au peuple congolais son pouvoir. Il croyait que le peuple allait se laisser faire. Cette fois le peuple se dit : «Est pris qui croyait prendre». Les observateurs avérés suivent la scène de loin. Peuple congolais, tenons bon et nous vaincrons. A nous la victoire!  Le Congo n’appartient pas aux Occidentaux. Bientôt plusieurs collabos viendront rejoindre le camp de ceux qui luttent pour la libération du grand Congo. Attendons la formation du bureau définitif de l’Assemblé nationale et du gouvernement. Il y aura des pleurs et des grincements des dents pour plusieurs collabos. Cette parole est prophétique. 

VATA  M. NGANDU KASESE


Cet article a été lu 8181 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
1.50