A travers ses œuvres : Luambo MAKIADI restera gravé dans la mémoire des mélomanes congolais et africains

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image Franco LUAMBO MAKIADI

A travers les œuvres amoureuses, satiriques, humoristiques… " Grand Maître Franco " libérait toutes ses émotions en touchant le cœur de plus d'un mélomane. Dans son style populaire, il réussissait facilement à peindre ses contemporains à travers leurs défauts, leurs qualités…  un adage dit : « l’artiste ne meurt jamais », car ses œuvres lui survivent.

12 octobre 1989-12 octobre 2011. Cela fait exactement 22 ans jour pour jour que disparaissait, l'un des maîtres de la rumba congolaise. Franco Luambo Makiadi. Ce grand artiste restera à jamais gravé dans la mémoire des mélomanes congolais et africains. Une série d'activités est prévue ce mercredi  pour rendre hommage à ce grand baobab de la musique congolaise moderne. Au programme, une exposition -photo de Franco se tiendra sur la Place des artistes au rond-point Victoire à Matonge. Sans oublier la cérémonie de dépôt des gerbes des fleurs au cimetière de la Gombe où repose à jamais Luambo Makiadi.

A travers les œuvres amoureuses, satiriques, humoristiques… " Grand Maître " libérait toutes ses émotions en touchant le cœur de plus d'un mélomane. Dans son style populaire, il réussissait facilement à peindre ses contemporains à travers leurs défauts, leurs qualités…

C'est à Sonabata, dans le Bas-Conco, dont est originaire sa mère Hélène Mbonga, qu'est né Luambo Makiadi, le 6 juillet 1938. Son père,  est d'origine tetela, au Kasai .  A l'âge de 10 ans, Luambo  est orphelin de père. A Léopoldville, il rencontre Ebengo Dewayon. A ses côtés, il s'initie aux premières notes de la guitare.

A 15 ans, il enregistre déjà  des chansons avec le groupe de Dewayon. Il commence à interpréter les chansons des autres sur des thèmes faisant allusion aux réalités de la rue.

Le début d'une aventure : O.K Jazz

En 1956, le 6 juin à Léo,un nouvel orchestre est né.  Il  enregistre "Bolingo na ngaï Béatrice". Avec le concours de Bowané , Franco s'est fait un nom. Mais Bowané  décide de s'installer à Luanda, voilà Franco se retrouve seul.  Avec ses amis, ils décide de créer un groupe musical grâce à l'apport de quelques musiciens congolais de deux rives comme Pandy Saturnin (Tumba), Loubelo Daniel, De la lune (guitariste) J. Serge Essous (saxo) venus à sa rescousse. Ils s'accordent sur la mise en place d'un nouveau style.Ils font du succès.  En 1957, l'orchestre connaît une scission. Les Congolais de Brazza créent leur groupe. Luambo est arrêté en 1958 par les autorités coloniales, pour des raisons obscures. Bolhen le remplace.

Le récrutement  de Lutumba Simaro

A Léopoldville où il a recouvré sa liberté, Franco retrouve Vicky Longomba qui lui était resté fidèle, pour procéder au recrutement de nouveaux musiciens.  Mujos, Tshamala Piccolo et Lutumba  Simaro Masiya, font leur entrée dans OK Jazz. La Table Ronde est convoquée à Bruxelles pour statuer sur le devenir de cette colonie belge.

A cet effet, Joseph Kabasele dit Kalle Jeff est choisi pour animer la manifestation. Son orchestre fait le voyage en Belgique et Vicky Longomba, choisi par Kalle fait partie du voyage. C'est à cette époque que Kalle, lance la chanson "Indépendance chacha" qui va connaître un succès continental.

Franco au sommet de la musique

En deux décennies (70-80 et 80-90), Luambo Makiadi est au sommet de la musique. L'OK Jazz est devenu le Tout Puissant OK Jazz. La première décennie   marque un grand tournant dans la vie de l'orchestre. Des musiciens Sam Mangwana, Dizzy Mandjeku, Josky Kiambukuta, Ntesa Dalienst, Jo Mpoy, Ndombe Opetum Pépé et autres sont récrutés.

En 1982, il décide de s'installer en Europe avec tous ses musiciens pour une durée indéterminée. Le succès est au rendez-vous. Des titres comme "Non", "Très fâché", "Mamou", "très impoli",  "Mario"… sont des œuvres qui caracolent.  En 1983, le «grand maître» se rend aux Etats-Unis pour une grande tournée, où il confirme sa célébrité auprès des afro-américains.

La disparition de Luambo Makiadi

Au début de l'année 1988, Luambo, souffrant, refait le voyage de Bruxelles pour aller subir des analyses et trouver la cause de sa maladie. De plus en plus épuisé, il perd du poids.  Il traîne sa maladie, sans trouver le moindre répit. 

Mais malgré les maux qui le ronge, il trouve les forces d'enregistrer ses dernières chansons soutenues par la voix de Sam Mangwana et d'autres musiciens qui sont à Bruxelles. Mais ses jours sont comptés.  Il annonce quand- même son retour au pays pour d'ici peu. Finalement, voyant son état empirer, les médecins l'hospitalisent  non loin de la ville de Namur (Belgique). C'est là où le  Grand Maître va s'éteindre. 

La nuit du 12 octobre 1989, Luambo n'en peut plus de lutter. Il jette l'éponge. Un grand baobab de la musique congolaise moderne est tombé.

L'après Franco

C'est Lutumba Simaro Masiya qui est aux commandes de l'orchestre T.P OK Jazz après sa mort.  Il maintient le groupe avec les chanteurs comme Madilu System, Josky Kiambukuta et Ndombe Opetum. L'orchestre réalise du succès malgré la disparition de son géniteur.

Quelques années après, suite à une incompréhension avec la famille biologique de Franco, Lutumba quitte le T.P OK Jazz et crée le groupe Bana OK. Pendant ce temps, la famille de Luambo fait appel à Youlou Mabiala ( chanteur congolais de Brazzaville qui avait aussi évolué au sein du groupe de Franco) pour diriger le T.P OK Jazz. Mais, Youlou Mabiala n'a pas pu gérer ce groupe. Et c'était la mort de l'orchestre.

De son côté, Simaro, continue à gérer son groupe Bana OK jusqu' à ce jour.

Diemerci MAYAMBI


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