RDC : Hommage a Vicky Longomba

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image Franco LUAMBO, Vicky Longomba et Tabu Ley

Comme ‘’Kallé’’ et ‘’Vicky’’ sont au sommet de la notoriété, surtout avec "Indépendance Cha Cha", l'un et l'autre ont des projets à la hauteur de ce qu'ils sont. Mais à ces à-côtés-là, il y a aussi des pressions des politiques et des culturels qui veulent avoir tout à eux ces personnages dans leur camp.

Il faut signaler ici que Kallé et Vicky étaient promus à des fonctions politiques dans le "Ministère de la Culture et des Affaires coutumières" du gouvernement Lumumba. Par la manière dont ces derniers ont dirigé les événements de la préparation et la célébration de l'indépendance, Kallé et Vicky méritaient effectivement d'être des hauts-cadres politiques tout en restant musiciens comme ils l'avaient souhaité.

Notons qu'après le Bal de l'indépendance Cha Cha, à Bruxelles, Kallé, Vicky et l'African Jazz avant de revenir à Léopoldville ont animé plusieurs rencontres négro-africaine en Europe, je veux dire en Belgique et en France, ils ont successivement joué :

  1. À Bruxelles au Bal de la Table-Ronde ;
  2. À Liège devant les Congolais et Africains étudiants ;
  3. À Louvain devant les Congolais et les anciens du Congo-Belge ;
  4. Au XVI arrondissement de la Mairie de Paris devant les Français, les Africains, les Noirs Américains et les Antillais, etc.

En partant pour la Belgique à l'occasion des Accords de l'indépendance prochaine à Léopoldville, Vicky aurait fait entendre dans le cercle des amis qu'il ne reprendra plus sa place dans l'OK Jazz, mais qu'il allait monter son propre orchestre pour s'affirmer et se propulser sans contrainte équivoque, s'il y en avait ou s'il y en aura.

Franco était au courant, mais Franco face à Kallé et à Vicky, en 1960 est un très jeune musicien, car le Grand Kallé est de dix années plus grand que lui et Vicky de huit années son aîné. Franco a peur, il demande à Vicky de revenir. 

À ces demandes auxquelles Vicky ne répond pas tout de suite, dès avant de partir en Belgique, il prend soin tout de même de montrer à Franco son attachement en lui dédiant une chanson très amicale, "Sentiment emonani" (Cette chanson était en fait pour dire à Franco, je ne suis pas encore parti, tu es toujours mon ami, il faut bien écouter son message).

Dans cette chanson "Sentiment emonani", il faut également y découvrir comment la Voix de Grand Kallé et de Vicky Longomba se mariaient avec une concordance allègre.

Je n'écris pas uniquement pour rapporter les histoires seulement, mais j’écris aussi pour faire quelques remarques et annotations musicologiques quand il y lieu. C'est pourquoi, je me permets de souligner cette caractéristiques de la Voix de Grand Kallé avec Vicky Longomba. (…). 

Le message de Sentiment emonani est en soi une adresse qui signale à ceux qui savent comprendre dans la structure des mots que les relations entre Franco et Vicky ne sont pas au beau fixe. Ce contexte-là va pousser "Vicky Longomba" à créer le "Négro Succès" avec les dissidents de l'OK Jazz de cette époque-là. Source : Djamba Yohé, le 1er novembre 2012 dans ‘’Autant en emporte le vent sur la vie de Bavon Marie-Marie.

I. LE PREMIER FESTIVAL DES ARTS NÈGRES DE DAKAR

Cliquez ‘’Malraux et Senghor parlent’’ Dakar, le 1er Avril 1966

Joseph Kabaselle et Vicky Longomba à Bruxelles, en 1960.

À cette époque-là, entre Roger Izeidy et Longomba, celui qui était Dauphin à Grand Kallé dans leur parlé fut Vicky.

L’absence de l’African Jazz s’était fortement ressentie, en 1966, comme orchestre de taille pour aller affronter d’autres ensembles musicaux négro-africain d’envergure à Dakar d’où se tenait le 1er Festival International des Arts Nègres conçu est organisé par le Président Sénégalais ‘’Léopold Sédar Senghor’’.

Le Congo n’avait pas montré le signe d’un pays qui est en déficit de production musicale. Ce qui se passe sur son terrain, pour les Africains et les Négro-Africains (comprenez USA, Caraïbes, Antilles, Amérique latine noires), est inconnu pour eux.

En d’autres mots, les conflits inter-orchestres et d’autres problèmes de l’univers musical ne les atteignent pas. Ceux-ci sont sûrs que la vie des artistes musiciens congolais est toujours celle que l’on connaît toujours.

Ce rappel est important puisque de ‘’Dakar’’, l’invitation pour prendre part à ce ‘’1er Festival des Arts Nègres’’ avait été lancée en direction de l’African Jazz. Car, quelques années plus tôt, ce géant orchestre est allé faire une tournée en Afrique de l’Ouest.

Pour mémoire, à cette occasion-là, en 1962, Joseph Kabaselle et ses compagnons furent des hôtes personnalisés du Président Modibo Keita du Mali.

Et bien avant cela, plusieurs Africains avaient écoutés la Musique Congolaise Moderne de Radio-Léopoldville et, pour parachever tout cela, l’Afrique de la diaspora de France, de Belgique, de Grande Bretagne et du Portugal, par son élite universitaire a assisté au ‘’Concert d’indépendance Cha Cha’’ à Bruxelles, c’était un évènement sans pareil que ‘’Manu Dibango’’ peut raconter sans recours aux textes.

Le musicien le plus célèbre des Congolais d’alors était Grand Kallé. C’est pourquoi, le Ministère de la Culture du Sénégal a envoyé une invitation à l’African Jazz. Mais, les autorités d’alors ont choisi l’OK Jazz. Car, en 1966, les vrais observateurs de la scène musicalz, malgré la concorde apparente ont commencé à percevoir des tensions entre Rochereau et Nico partis fonder l’African Fiesta après avoir quitté Kallé.

À Léopoldville même, l’ambiance politique dans les cercles politiques les plus hauts, l’ambiance n’était pas à la fête, mais les responsables du ‘’Ministère de la Culture’’ qui était à un point d’annuler la participation musicale congolaise décidèrent de ne pas lâcher puisque, s’était-ils dits, le ‘’Congo-Brazzaville’’ va prendre toute la place, mais si nous sommes avec les musiciens de l’autre rive, c’est le nom ‘’Congo’’ que nous allons renforcer dans la Constellation musicale africaine.

Notons qu’en 1966, les relations diplomatiques entre Léopoldville et Brazzaville sont rompues, mais les musiciens eux continuent à collaborer. ‘’Pablito’’ dit Pamela Mounka était encore dans l’African Fiesta de Nico et Rochereau. (Il venait de repartir dans son pays d’origine Congo-Brazza).

Au retour du Festival des Arts Nègres, Franco et Vicky ont profité de la proximité de l’Europe pour séjourner quelque peu en Belgique. Ce séjour était utile, car ils devaient tous les deux s’organiser pour acheter des nouveaux instruments. Et, au-delà, c’était un séjour technique qui fait date dans les relations ‘’Franco-Vicky’’.

En effet, au début de 1965, Franco et Vicky s’étaient entendu de créer chacun une ‘’Maison d’Édition’’. Franco a choisi pour lui le nom de « Édition Epanza Makita ». Tandis que Vicky Longomba avait seulement mis son nom en abréviation « Édition Vicklong ». n’importe qui connaît la personne entend dans cette consonance, le nom de ‘’Victor Longomba’’.

À Bruxelles, Franco et Vicky ont vu leurs éditeurs pour organiser leurs repartis en bénéfice et leur séparation d’intérêt tout en restant uni sans être obligé à enregistrer sous le même label. Dans l’entre-temps, ce fut là l’occasion de retrouver la communauté congolaise de Belgique et les Africains, bien sûr, fanatiques de la ‘’Musique Congolaise Moderne’’.

Car à l’époque, l’Afrique ne résonne qu’au son de la RDC. les Éditeurs rencontrées en Europe, sont pour la plupart, les mêmes noms que ceux qui étaient aux commandes de l’Édition au Congo-Belge, mais l’indépendance a poussé plusieurs d’entre-eux à retourner dans leurs pays natals.

1.2  VICKY LONGOMBA LA CHANCE DE L’EMANCIPATION DE FRANCO ET LE FER DE LANCE DE L’OK JAZZ 

Cliquez ‘’Mino ya Luambo diamant’’ Vicky-Franco, 1967 (Cette chanson date de la même époque musicale)

Rochereau réconfortait Franco et Vicky qui passaient un mauvais temps dans la vente du disque, public moins nombreux au concert, départ des as, Mujos, Boyibanda, les autres dans l’orchestre Révolution de Kwamy. Franco venait d’acheter la guitare à douze cordes, celle que l’on voit là.

Revenons au 1er Festival des Arts Nègres de Dakar. Pour ‘’Vicky Longomba’’, aller à ‘’Dakar’’ ne fut pas un événement à s’arracher les cheveux de la tête. Le ‘’BAL DE l’INDÉPENDANCE’’ à la fin de la Table-Ronde de Bruxelles, en Belgique, lui avait déjà donné le tempo de l’ambiance de rencontres internationales autour de la musique comme centre d’intérêt et de rassemblement donné.

Aller au 1er Festival des Arts Nègres, c’était pour ce musicien une occasion d’affirmer sa notoriété, sa maîtrise de l’art du chant, mais également son côté alter ego à ‘’Joseph Kabaselle’’, qui, jusque-là passait pour le seul musicien international du Congo à être connu à l’étranger dans un large éventail de la discothèque.

Or, depuis la déconfiture de l’ « African Jazz », en 1963, l’ « OK Jazz » fut aussi, par le départ de Nico et Rochereau de chez Kabaselle mis en situation de danger face aux mélomanes. Car, Rochereau devenait de plus en plus lourd, il était, à vrai dire, celui qui a pris l’aura de ‘’Grand Kallé’’ pour construire sa propre légende.

Je ne veux pas faire des éloges faux. Ce que je raconte vient de ce que j’ai vu et vécu à côté de ces hommes.

Vicky Longomba était un homme de grande culture. À côté de mon grand frère du quartier que fut ‘’Minsiensi Crispin’’, alors étudiant à l’IPN puis plus tard professeur à l’ISP Mbanza Ngungu qui m’entraînait à l’écriture de la dissertation française, il était complété par ‘’papa Victor Longomba’’. Celui-ci corrigeait carrément mes dissertations et me proposait parfois des idées pour enrichir mon sujet. Cette habitude a continué dans ma vie d’adulte.

Quand j’étais au bout de la création, c’est chez Papa Victor Longomba que j’allais pour me ressourcer en idée, surtout celles qui vont de pair avec la musique et les Beaux-Arts.

C’est avec : ‘’Vicky Longomba ; Manuaku Waku ; Simaro Masiya ; Maître Liyolo ; Wamushala ; Dave Mputu Kabamba ; Mpembele Lema ; Princesse Haïssa ; Barly Baruti, Bafa Mastaki ; Maheta Viviane ; Lushima Djate’’.

C’est avec ces personnalités que nous avions entrepris avec la Station de la ‘’Voix du Zaïre et la RENAPEC’’ à introduire la fête de la ‘’Saint Valentin dans les habitudes populaires de Kinshasa et de la République du Congo/Zaïre. Ce témoignage se recoupe avec l’affirmation selon laquelle l’émancipation de Franco a eu un levier. C’était ‘’Vicky Longomba’’. Là-dessus, Franco l’a dit encore plus souvent.

Et les hommes par qui il a eu la volonté d’aller plus loin sont le Grand Kallé et Vicky Longomba. C’était les propos que ce dernier avait eu à l’endroit de ces personnages lors de son élévation au grande de ‘’Membre de l’Ordre national du Léopard’’, en 1976, au Mont Ngaliema au cours de la réception tenue en son honneur.

2.1  L’AFRICAN FIESTA UN DANGER SUR VIS-À-VIS FACE À L’OK JAZZ ET TOUS LES ORCHESTRES

Cliquez ‘’Vis-à-Vis’’ Rochereau-Nico

L’irruption de l’African Fiesta dans le paysage de la musique Congolais moderne entraîne un remue-ménage dans les arrangements de la chanson.

L’organographie instrumentale de la ‘’Musique Congolaise Moderne’’, c’est-à-dire la manière de faire des arrangements musicaux répondent aux canon fixés par ‘’Joseph Kabaselle’’. En fait, il s’agit de prévoir dans l’orchestration, la place qui donne à tout musicien, l’occasion de s’exprimer individuellement dans le chœur des sons de l’ensemble synchrone.

Kallé n’a pas appelé son orchestre African jazz pour rien, il l’avait nommé ainsi puisque dans l’orchestre de Jazz, il est offert à chaque artiste-musicien l’occasion de s’exprimer dès par son instrument.

En clair, on entendait de l’African Jazz, sur disque, l’instrument de chaque musicien en plus du fait que celui, parmi ces derniers, qui voulait faire valoir son talent particulier, Joseph Kabaselle permettait à ce la propre partition entrevue soit joué par son créateur (partition : notation écrite ou de l’oreille). Ainsi, le musicien avait la fierté de se manifester dans l’harmonie instrumentale du son composite de l’orchestre.

De là, on a connu les individualités comme :

  • Edo Clary qui joue de la clarinette d’où Clary ;
  • Roger Izeidy dit Roi des Maracas ;
  • Willy Mbembe qui était un grand trompettiste ;
  • Docteur Nico, guitare solo ;
  • Tino Baroza, guitare solo typique, jazz et classique ;
  • Mwena qui jouait de la basse type jazz ;
  • Déchaud, l’accompagnement très afro-latino ;
  • Faugus, guitare accompagnement ;
  • Petit Pierre, percussionnistes très célèbre ;
  • Maproquo, Saxophone ;
  • Depuissant ; percussion ;
  • Manu Dibango, saxo et piano ;
  • Kallé, Rochereau, chant, etc …

Tous les musiciens de l’African étaient des vedettes. Il en fut de même dans l’OK Jazz. Mais, avec l’African Fiesta, c’est une autre donne qui change la façon de faire de la ‘’Musique Congolaise Moderne’’.

Ce ne sont pas tous les musiciens qui sont des vedettes. Ceux qui brillent, tant mieux, mais les vrais tête d’affiches sont : « le Docteur Nico et Rochereau Pascal Tabu ». Ces deux hommes, à eux tout seul sont l’ossature du nouvel orchestre qui gagne tout de suite en popularité et arrachent à leur influence, toute la jeunesse adolescente et adulte de l’ère de l’indépendance.

Or, Vicky Longomba, Franco Luambo et Grand Kallé passent, pour les jours premiers de l’African Fiesta pour des hommes du Congo-Belge. Pourtant, Franco a le même âge que le Dr. Nico et Rochereau, avec des différences mineures d’intervalles de naissance, soit une année ou deux.

Cette réalité s’est ainsi imposé parce que l’OK Jazz vient du Congo belge, il a été créé en 1956, au Vis-à-Vis Bar. Mais l’African Fiesta n’est pas du Congo-Belge. Nico et Rochereau n’étaient pas assez connu au Congo-Belge.

Avec la sortie de leur orchestre, qui est en fait l’African Jazz transmuté avec des musiciens qui s’affirment, l’OK Jazz est presque mis KO. Qui plus est, l’OK Jazz est un ensemble musical plein des ‘’Yankée’’ (Grand Bill) alors que l’African Fiesta est construit des intellectuels qui attire à lui les universités dont Lovanium et les jeunes de l’Athénée de Kalina pour ne citer que ces façades-là des mélomanes.

Franco Luambo jeune musicien à Loningisa, 1953, va lancer ‘’Marie Catherine’’ dans ce Studio-là. Cliquez ‘’Bella Bella Mambo’’ Franco-Vicky 1957.

Le style de l’OK Jazz est déjà construit, la voix d’or de Vicky et la guitare de Franco s’harmonisent. 

Cette situation fait à ‘’Franco’’, car celui-ci n’a pas l’instruction de Nico voire celle de Rochereau. Qui plus est, ce tandem s’entend tellement bien et utilise son expérience reçue de ‘’Grand Kallé’’ avec une rationalité stupéfiante.

‘’Manu Dibango’’, quoi que déjà repartit du Congo pour Paris, s’en étonnera d’ailleurs et dira que ces deux jeunes gens, Rochereau et Nico, sont des véritables génies de la musique, l’un chante merveilleusement bien et l’autre joue de la guitare comme un piano.

Dans Kinshasa, on entend que des éloges ici et là. Mais, ces échos de louanges rencontrent une résistance de la part des Yankées qui refusent de reconnaître à Nico et à Rochereau l’autorité de l’excellence sur la ‘’Musique Congolaise Moderne’’.

Les fanatiques de l’OK Jazz se rendent en surnombre dire à ‘’Vicky et Franco’’ qu’ils ne sont pas de la ‘’Vieille École’’, ils attendent d’eux de se réveiller de montrer de quoi ils sont capables face aux musiciens qui ne sont pas les auteurs de leurs succès, mais des dissidents d’un ensemble dès par lequel, ils ont tout emporté de la galerie par un ‘’Coup d’État artistique’’.

Les mélomanes de l’OK Jazz, parmi lesquels, plusieurs fanatiques de l’ « AS V. Club » de Léopoldville s’obligent à soutenir l’OK Jazz.

Du coup, une concurrence de style chant, guitaristique et orchestral se met en place. Vicky Longomba remanie sa façon de chanter de fond en comble. Franco, sur conseil de Vicky en ce qui concerne le solo de leurs compositions, reconstruit son doigté.

Aux solos du Dr. Nico qui fait des quintes, des sixtes et des octaves, Franco Luambo Makiadi se renforce dans les tierces (espace de deux notes souvent consonant) et les vibratos (vibration périodique parfois accompagnés des modulation).

Cette concurrence se fait jour en 1964. Car, c’est exactement cette année-là que l’African Fiesta est à l’apothéose de sa production. Vicky Longomba prend de plus en plus le micro, il va souvent chanter seul comme ‘’Joseph Kabaselle’’ et il réussira un coup de maître puisque la musique produite par l’OK Jazz entre 1964 et 1965 sera l’une des plus belles. L’African Fiesta ne pourra pas dire qu’elle a mis KO l’OK Jazz. Ce fut vraiment une compétition des géants.

En effet, Vicky Longomba aura montré qu’il était un ténor sans pareil et Franco démontra, lui aussi, la hauteur de son talent, à savoir qu’il était un épais soliste lorsqu’il avait à faire face à une compétition menaçant l’OK Jazz.

À Brazzaville, l’arrivée de l’African Fiesta poussa ‘’Essous Serge’’ de ramener dans son orchestre ‘’Papa Noël Nedule’’ et d’engager ‘’Joseph Mulamba’’, dit Mujos, directement de l’African Fiesta de Nico et Rochereau, dans le but de produire une musique qui s’équivaut avec la leur et celles qui passent pour les géants en tant que nouveauté du moment.

Voyons un peu les grands tubes de l’OK Jazz face à l’African Fiesta et un peu avec l’orchestre de ‘’Bantous de la Capitale’’ dont je ne chois qu’un chant, une composition de Mujos avec le solo de Papa Noël. (Vérifier auprès de ce dernier, j’étais z’enfant, mais je m’en souviens). Après tout, une correction qui fixe les choses est aussi pour moi un rappel de ce que j’ai oublié et j’en apprend. 

Production Musicale de l’OK Jazz de 1964 à 1965, comparée à la production de l’African Fiesta.

OK Jazz 1964

Tu bois beaucoup

Polo

Marie

Bolingo ya bougie

Catherine ndoki

African Fiesta 1964

Nakufa na ngai kala

Minge Minge

Milano

Sawa molatisi

Marie Chantal

OK Jazz 1965

Savon Reward

Quatre boutons

Finga Mama munu

Madame la maison

Ngai Valenta

African Fiesta 1965

Ndaya paradis

Biantondi Kasanda

Ba Bill oye

Mama Ida

Suke

Elie Bolingo : Bantous de la Capitale 1964 et 1965, longueur du succès : https://www.youtube.com/watch?v=Q43Xp3BPqtw (Chant Mujos)

Avec les musiques mises en hit-parade dans ce tableau, ceux qui sont été jeune à mon époque se souviendront des discussions d’alors entre les fanatiques de l’OK Jazz et ceux de l’African Fiesta.

On ne parlait de Vicky-Franco et Nico-Rochereau à la blague, être partisan d’un tel ou tel orchestre d’entre les deux était un acte de foi dans l’affichage de son obédience musicale. En somme, c’est à Vicky Longomba qu’il faut reconnaître l’origine de la force morale de Franco au cours des années difficiles que l’OK Jazz a traversé.

Aux craintes que l’African Fiesta a provoqué sur la scène des mélomanes de Kinshasa, il y a eu un énorme bénéfice pour Vicky et Franco. Soit dit en passant, à certains moments, les tensions entre les fanatiques de l’OK Jazz et de l’African Fiesta sont presque en tous points comparables aux adversités qui ont fait mouche entre le ‘’Zaiko Langa-Langa’’ et le ‘’Stukas Boys’’.

En fait, l’OK Jazz comme l’African Fiesta ne se produisait pas loin l’un par rapport à l’autre. C’est à Matonge au Vis-à-Vis ou à ‘’Engels Bar’’ à Dendal (Kasa-Vubu) quand ces orchestres en sont pas invités à Bandal chez ‘’David-Bar, Alphosno-Bar’’ ou encore à Kintambo au ‘’Bar-La-Délice’’ voir chez ‘’Nzuzi Bar’’.

Ce sont là les grands bar de l’époque de Léopoldville-la-Capitale. Quant à moi, celui qui m’amenait acheter les nouveautés de cette époque-là, c’est le grand frère du ‘’Major André Mpika’’, alors Lieutenant âgé de 22 ans. Ce grand frère à l’illustre officier que j’évoque, nous l’appelions affectueusement ‘’Tonton’’.

De son vrai nom ‘’Mandiangu Boniface’’, il était un haut cadre de la compagnie nationale d’aviation ‘’Air Congo’’. Il fut l’un des personnalités présentes à sa création.

Revenons au brûlant sujet. En tenant bon face à deux musiciens de talent accompagnés de tout ce qui est resté de l’African Jazz du Grand Kallé, Vicky et Franco se sont entraînés à perfectionner leurs vocalise et leur doigté.

Dans le fond, cet exercice-là est prélude à la participation du ‘’Festival des Arts Nègres de Dakar’’. Par ailleurs, Franco et Vicky, du Festival qui les attendaient au Sénégal, ils en avaient une idée vague, car ils ont pensé que cette rencontre sera pareille à celle qu’ils ont vécu au Brésil lorsqu’ils y étaient invités en 1962.

Or, dans l’entendement intellectuel, le ‘’Festival Carnaval’’ n’est pas du tout pareil à un rendez-vous de l’expression de la ‘’Culture Négro-Africaine’’. Certes, il y avait une part de Carnaval, mais c’Est la religion de la négritude qui a supplanté tout le temps de la célébration culturelle que ‘’Dakar’’ a tenu.

2.2  IL ÉTAIT UNE FOIS VICKY LONGOMBA ET LE JEUNE FRANCO LUAMBO

Cliquez ‘’Oyangani mpo na kimbundi’’ Vicky Longomba

L’entrée de Franco dans la musique est un événement parlant avec éloquence. En 1956, quand Franco devient musicien professionnel, la différence physique entre lui et Vicky Longomba est très remarquable, ce jeune artiste a seulement 16 ans et Vicky a 23 ans.

Avant d’en arriver là, Franco a appris à jouer de la guitare auprès de ‘’Dewayon’’, le frère aîné de ‘’Johnny Bokelo’’ (mobali ya ba ndumba), mais sa vie d’artiste n’a pas d’atomes crochus avec ce mentor.

Au fil de ses pérégrinations musicales dans la constellation des artistes de Léopoldville, il rencontre le ‘’Grand Kallé’’ avec ses pairs en âge que sont Vicky Longomba, Izeidy et autres staff de Loningisa et de Rock-A-Mambo. On peut citer Papa Noël Nedule qui est lui aussi dans ses débuts et que ‘’Léon Bukasa’’ encadre.

Disons-le comme ça. C’est en fait le giron de l’African Jazz et des Éditions. Au fil des jours, Franco qui admire la culture de ses aînés se sent à l’aise et préfère vivre dans ce cercle. Et, c’est vraiment auprès de ceux-ci que Franco se sent bien. Son amitié avec ‘’Vicky Longomba’’ commence à est à prendre des allures fraternelles. Puis, les deux deviennent grand frère et petit frère.

Tous les musiciens de l’OK Jazz des origines sont plus âgés que Franco, et la plupart a un emploi rémunéré au Centre-Ville de la Capitale du Congo-Belge.

Comme la musique est le centre d’intérêt de tous, ‘’Vicky Longomba’’ s’oblige à encadre Franco qui cherche par tous les moyens à être l’égal de ses aînés dans le boulot. Cela ne tarde pas, celui-ci a du talent, il joue bien de la guitare, mais la personnalité de Longomba influe aussi sur des personnes comme Essous Serge, Nino Malapet, Edo Nganga, Guy Léon Filla qui sont tous plus âgés que Franco.

Les premiers disques de l’OK Jazz ont une grande facture, la voix de Vicky est d’une teinte douce qui charme. Alors, l’Éditeur se frotte les mains, il a le groupe qu’il lui faut. Du coup, les orchestres de studio, comme le collectif Loningisa se désagrège en ne laissant de Loningisa que le nom sur le label du disque. Vicky Longomba écrit plusieurs chansons et entraîne Franco à étudier, à côté de la Rumba, des nouveaux rythme comme le Cha cha, le Calypso, le Merengue, la Boléro, le Pachanga (nom de la salsa autrefois).

Les orchestres qui émergent dans Léopoldville d’alors, ce sont l’African Jazz, l’OK Jazz, le Rock-A-Mambo avec Rossignol qui est parti faire sa vie d’artiste ailleurs. Et, de cet essor de la ‘’Musique Congolaise’’ qui commence à s’affirmer, Dewayon crée de son côté le ‘’Conga Jazz’’ duquel sortira plus tard, à la dissidence des deux frères, le ‘’Conga Succès’’ de Johnny Bokelo et le Co-Bantou de Dewayon, son grand frère.

Vicky Longomba est patient avec Franco, mais avec lui-même aussi. Ce qu’il entreprend dans les années ’50, c’est faire valoir l’OK Jazz comme un orchestre équivalent à l’African Jazz. Franco n’avait qu’à bien se tenir puisque c’est lui qui se signale désormais comme le plus grand soliste populaire dans la deuxième moitié de la décennie ’50 vers sa fin.

Vicky Longomba crée des œuvres de grande notoriété et Franco se surpasse. On entend cela dans les chansons comme :

  1. Masumbuku, 1959 ;
  2. OK Jazz makila maba, 1958 ;
  3. Bonne année na ban VÉA ;
  4. Butu na moi se nzoto na yo.

Évidemment, toutes ces chansons ne sont pas les compositions de Longomba, mais c’est la facture de sa voix qui transporte l’écho de la facture de l’OK Jazz. Longomba et Franco ne se quittent plus, ils deviennent des inséparables et leurs relations est, par elle-même, une promesse de ne plus jamais se quitter.

Lorsque ‘’Vicky Longomba’’ va à Bruxelles avec le Grand Kallé pour le ‘’Bal de l’indépendance’’, c’est un grand deuil chez Franco. Car, dans l’OK Jazz, il y a une brouille. Des musiciens comme Dihunga dit Djeskain (créateur de ce nom à l’ origine), Flujos, Bohlen (seront tous  dans le Négro-Succès plus tard) se rebellent et ne veulent plus rester dans l’OK Jazz.

Après la « Table-Ronde », Vicky, qu’à l’époque on considérait comme le ‘’Dauphin du Grand Kallé’’, voir la photo au volet # 1, n’est plus pressé de retourner dans l’OK Jazz. Pour les mélomanes, ce refus de ne pas vouloir revenir au bercail est une sorte de complot de la communauté mongo.

Il paraît, pour les plus branché que c’est ‘’Justin Marie Bomboko’’ qui incite Vicky à créer un espace musical mongo pour rapprocher l’électorat de l’Équateur. Mais pour Vicky Longomba, le problème n’est pas celui-là. en vérité, il veut créer son propre orchestre et être autonome.

Ce qu’il a vu à Bruxelles et à paris au cours du séjour avec le ‘’Grand Kallé’’ a interpellé sa vision du monde musical. Vicky pense que convoler seul à ses dépens, il fera mieux que ce qu’il fait dans l’OK Jazz. C’est du moins ce que la mémoire a retenu de sa propre retenue face au retour dans l’OK Jazz.

Alors, à cause de cette inertie, les mélomanes de l’OK Jazz, parmi lesquels, des proches de ‘’Franco’’ comme ‘’Jean-Jean’’ s’en vont trouver ‘’Joseph Kabaselle’’. Ils iront jusqu’à rencontrer le Ministre des Affaires Étrangères, ‘’Mr. Justin Marie Bomboko’’ pour lui demander d’agir en faveur du retour de Vicky dans l’OK Jazz.

La démarche réussi, Vicky rentre au bercail  mais donne une condition. Franco et les autres fanatiques doivent lui laisser la liberté de créer son orchestre, le « Négro Succès ». Sitôt crée, Vicky confie cet ensemble à ‘’Bohlen Bombolo Léon’’ qui va très bien conduire cet orchestre-là. Lorsque plus tard, Franco aura des difficultés pour encadrer ‘’Bavon Marie-Marie’’, son jeunes frère, c’est vers le ‘’Négro-Succès’’ que celui-ci va le rediriger.

Notre mémoire collective, pour ceux de mon temps, est très claire sur ce que fut cet orchestre-là. Le Négro-Succès monta si haut que même la vedette française des variété, ‘’Claude François’’ choisit d’aller s’y produire et danser au cours de son séjour kinois après son concert au ‘’Ciné Albertum’’, qui devint peu après le Palladium.

On ne peut pas s’empêcher de dire que la compagnie de ‘’Vicky Longomba’’ est celle qui a assuré à Franco une bonne immersion dans la musique comme professionnel. Si, en 1960, ‘’Vicky Longomba’’ avait choisi de ne pas retourner dans l’OK jazz, le destin de ‘’Franco’’ aurait été tout autre.

Là-dessus, je ne me hasarde pas en prédiction, mais le tandem que ces deux artistes ont formé était plus fort que la présence de Kwamy Munsy Lasitura et de Mulamba Joseph dit Mujos. L’OK Jazz connaîtra des chocs de toutes sortes, mais la réponse de la force de l’OK Jazz sera cette parole de la chanson de ‘’Minu ya Luambo Diamant’’.

Dans cette chanson-là, Franco dit : ‘’Mongongo ya OK mongongo ya Vicky bandeko, likembe ya OK maboko ya Luambo’’ ce n’est pas faux. Même séparés, l’un et l’autre a marqué son alter ego. Dans tous les orchestres qui naîtront du style de l’OK Jazz, soit de l’orchestre Révolution au Vévé et du Thu Zaïna au Trio Madjesi, voire des Trois Frères à l’Orchestre Kamikaze de ‘’Youlou Mabiala’’, il y a dans ces musiques quelque chose d’intemporelle de « Franco et de Vicky Longomba ».

L’influence de ces deux musiciens est par soi-même un patrimoine immatérielle d’un style légué à la postérité comme celui de l’African Jazz que Nico et Rochereau ont emporté de ‘’Joseph Kabaselle’’. D’ailleurs, là-dessus, Rochereau n’a jamais mis en doute cet héritage.

2.3  DANS LA CAPITALE SÉNÉGALAISE

Cliquez ‘’Quand le film est triste’’ Vicky Longomba chante Sylvie Vartan dans cette mélodie, 1965

Le Soukous est la création du Négro-Succès comme danse en 1968. Soukous signifie ‘’Jeu du corps’’ ou escantel ou encore ‘’Mouf’’. Donc dribler quelqu’un.

C’est dans la capitale sénégalaise que la vie culturelle de Franco bascule. Pendant longtemps, après le retour de Dakar, une anecdote sur ‘’Franco’’ a fait de choux gras chez les anti-Franco et surtout les anti KO Jazz.

D’aucuns savent qu’à la naissance de l’OK Jazz, Franco Luambo ne parlait pas français quand bien même il en savait comme tout le monde pour des questions réponses. Ceux qui n’ont pas aimé voir l’OK Jazz se rendre à ‘’Dakar’’ ont laissé circuler une anecdote dans tout Kinshasa.

C’est un fait divers qui arrive à la descente d’avion. La délégation de l’accueil qui est venu chercher Vicky Longomba et Franco était émerveillé de voir arriver l’OK Jazz sur le sol du Sénégal. Comme Franco était devant, c’est à lui que le premier mot fut adressé. Bonjour Franco, lui a-t-on dit, enchanté de vous voir.

Mal en pris Franco. Et comme il était surpris ne sachant pas quoi dire puisque, selon l’anecdote, ‘’Oncle Yorgho’’ n’a pas compris le mot ‘’enchanté’’, celui-ci aurait répondu pour couper court : « Non, je ne chante pas ce soir ». Il faut supposer avec cette réponse que l’OK Jazz est arrivé en soirée.

Mais Vicky égal à lui-même, d’après la même anecdote passât devant et compléta la réponse en laissant voir que Franco était fatigué, il a mal entendu le français des Sénégalais à cause de leur accent qui loin d’être celui de Kinshasa.

Comprenne qui pourra ! il n’en reste pas moins vrai que dans cette anecdote, une chose est vraie. Franco était faible en français. Et, depuis 1960, il ne cessait de dire à ‘’Vicky’’ son désir d’apprendre cette langue et la maîtriser.

À Dakar, cette disposition de bien parler français se fit fort chez ‘’Franco’’ puisque partout où Vicky se rendait avec Franco, l’univers du Festival était plein des locuteurs de la ‘’langue de Molière’’.

C’est là que prenant toute son énergie en investissement d’épanouissement, ‘’Franco’’ charge Vicky de l’aider à apprendre à parler français couramment. Kallé et Vicky avait encouragé Franco à étudier le français bien avant. Et à Dakar, Franco a décidé de sortir de l’impasse son inélocution française et se confia complètement à Vicky Longomba.

Il est important que le lecteur sache que l’entrée de Franco dans l’univers des Grands est avant tout le bon accueil que lui ont réservé ‘’Vicky Longomba et Kallé’’ dans l’ « Espace musique de Loningisa ». Certes, Franco savait jouer de la guitare, mais seul il ne pouvait pas atteindre les hautes sphères de ce milieu, car plusieurs musiciens parlaient couramment français.

Qui sont-ils ? on peut citer quelques-uns :

  • Nedule Papa Noël ;
  • Essous Serge ;
  • Nino Malapet ;
  • Dewayon Ebengo ;
  • Guy-Léon Filla ;
  • Rossignol ;
  • Simaro Lutumba ;
  • Nico Kasanda ;
  • Tino Baroza ;
  • Lutula Edo Clary ;
  • Frank Lassan, etc.

Ces musiciens étaient des artistes des deux rives, ils sont tous congolais, mais les uns sont ont le sceau français de Brazzaville/AEF et les autres, le sceau du Congo-Belge.

Pendant les arrangements et les enregistrements chez Loningisa, qui était en fait un odéon des artistes musiciens, tous parlaient lingala et français dépendamment de qui était devant eux. Franco était en difficulté, mais comprenait sans avoir suffisamment de vocabulaire pour exprimer couramment ses idées. Celui qui doit l’aider à aller de l’avant, c’est définitivement ‘’Vicky’’ quand l’OK Jazz est créé en 1956.

Dès lors, celui qui signe les contrats et qui organise la vie administrative de l’OK Jazz, n’est nul autre que Vicky Longomba. Aussi, il faut dire les choses telles qu’elles sont, l’OK Jazz, à l’origine n’est pas un orchestre de ‘’Franco’’, mais un ensemble commun des musiciens dont presque la totalité est mentionné ci-dessus. Et, au-dessus de l’OK Jazz, il y a ‘’Omer Kashama’’, le propriétaire du Vis-à-Vis Bar. Certains iront jusqu’à dire que l’OK Jazz est le sigle de ‘’Omer Kashama Jazz’’.

Ces propos sont sortis de ‘’Rochereau’’ quand Franco et celui-ci était en conflit ouvert dans la presse kinoise, autour des années 1976 avant ou après. Ces conflits étaient récurrents au point qu’en 1986, Franco a sermonné Rochereau dans cette chanson ‘’Kinshasa mboka makambo’’. Cliquez dans ce lien pour entendre comment Franco avait improvisé au ‘’Kin Kiese’’ devant Lukunku et le public du ‘’Studio Mama Angebi’’ contre Tabu Ley.

Vous avez entendu comme moi : ‘’Baninga ya Salongo, boluka mosika te’’. Il s’agit très clairement de ‘’Rochereau’’ que Franco ne cite pas. Passé cette parenthèse, l’épisode de la capitale sénégalaise est déterminante dans la vie de Franco. Nul autre personne ne peut aider ce dernier que ‘’Vicky Longomba’’, les deux formaient un tandem inséparable.

Donc, à partir de Dakar, ‘’Franco’’ cherche à sortir de l’ignorance du français, car là-bas, même, les griots parlent français. Rien d’étonnant, le Sénégal fait partie de cet espace qui était inclus dans la colonisation française sous le sigle de l’AOF (Afrique Occidentale Française). En clair, Franco veut en finir de voir les autres parler français couramment et pas lui.

Alors, ensemble avec ‘’Vicky Longomba’’, ils toquent plusieurs portes pour découvrir qu’à l’ « Académie des Beaux-Arts de Kinshasa », il se donnait là des cours de français. Franco qui a commencé à étudier français au dernier trimestre de 1966 reçoit son brevet au deuxième trimestre de 1967.

La première chose que ce dernier fait, c’est d’aller à la radio répondre en français à l’émission ‘’place aux Vedettes de ‘’Simon Lungela’’. Il parlait de l’Éditeur ‘’Ecodis’’ qui devait, d’après lui, aider les musiciens à s’enrichir plutôt que de les exploiter leur offrant très peu des bénéfices après la vente de leurs œuvres.

Donc, de retour de Dakar, Franco est devenu un homme de culture au sens académique du terme. Vicky Longomba l’a beaucoup aidé à faire ce chemin. Depuis les années ’50, Vicky Longomba se tient aux côtés de Franco comme un grand frère avant que le temps ne les fasse ressembler par la taille et la morphologie extérieure.

Il y a bien une grande différence d’âge entre ‘’Franco et Vicky’’. L’amitié chez ces deux artistes a moulu leur personnalité dans un seul regard, la prospérité de l’OK Jazz. Bien entendu, c’était un idéal.

[LERAN]


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