Crimes de guerre : Ban KI-MOON se moque des Congolais

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image Ban KI-MOON

Alors qu’à Malabo, le SG de l’ONU invite les dirigeants africains à ne pas protéger les auteurs des crimes de guerre et autres, le même SG se tait de manière assourdissante sur le cas des ex-CNDP et ex-M23 qui vivent au Rwanda où Paul Kagame compte leur accorder un statut spécial pour éviter leur extradition vers la RDC. Faisant d’une pierre deux coups, Ban Ki-moon vient également soutenir la démarche du Rwanda qui veut faire échouer le rapatriement des ex-FDLR…

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a, dans son discours prononcé jeudi 26 mai à l’ouverture du 23e sommet de l’Union africaine à Malabo en Guinée équatoriale, demandé aux dirigeants africains de ne pas protéger les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes graves. Il leur a, pour ce faire, recommandé de ne pas accorder l’asile aux présumés auteurs des crimes commis en RDC. « Je compte sur tous les signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour n’accueillir aucune personne accusée de crimes réprimés par le droit international, et ne protéger aucun des individus visés par le régime de sanctions de l’ONU ».

Ces propos du SG de l’ONU n’ont pas suscité d’intérêt dans le chef des Congolais. Au contraire, ceux-ci se sont sentis plutôt offusqués d’entendre ce genre de discours au regard de la violation continue de ces dispositions de l’Accord-cadre d’Addis Abeba par le Rwanda sans que le même Ban Ki-moon ne pipe mot. Les Congolais estiment que ban Ki-moon joue un jeu sournois qui, d’un côté tend à faire échouer le déplacement des FDLR de la RDC vers d’autres pays du continent et, d’autre part, à fermer les yeux sur la présence, en territoire rwandais, d’ex-rebelles qui ont le profil des personnes devant répondre devant la justice internationale.

Depuis que l’opération DDRRR visant le retour des FDLR dans leur pays a été lancée, Kigali multiplie des incidents pour décourager les candidats à ce retour. D’autres discours d’officiels américains ont abondé dans le même sens. En effet, les autorités du Rwanda ne font jamais la distinction entre les éléments FDLR auteurs des crimes de génocide et d’autres, notamment leurs dépendants dont certains n’étaient même pas nés en 1994 lors du déclenchement de ce génocide. De ce fait, en répétant ce genre de discours renvoyant les FDLR, même avec cette distinction historique, ne peut résonner, dans le chef de ces derniers, que comme une traque qui se poursuit à leur encontre. La solution, pour eux, serait alors d’éviter de se rendre au Rwanda où ils pourraient être facilement appréhendés, ce qui fera l’affaire de Kigali qui ne désire pas les accueillir.

L’ONU connaît parfaitement l’implication de ce discours, mais ne s’empêche pas de l’amplifier. En fin de compte, on voit que la question des FDLR est renvoyée à la seule responsabilité de la RDC qui, aujourd’hui plus qu’hier, ne ménage aucun effort pour s’en débarrasser afin de pacifier définitivement son territoire.

En retour, pour faire droit à la justice, Kinshasa multiplie des appels en direction de Kigali pour obtenir l’extradition des ex-rebelles aussi bien du CNDP que du M23 qui ont trouvé refuge au Rwanda depuis 2002. L’un d’entre eux, Jules Mutebusi, qui vivait au Rwanda avec une quarantaine de ses éléments qui avaient fui Bukavu, est, d’ailleurs, décédé récemment. Les Congolais sont perplexes de constater que ban Ki-moon et l’ensemble de la communauté internationale n’ont jamais tenus de discours pour appeler le Rwanda à livrer ces personnes ne fut-ce qu’à la justice internationale. Une attitude paradoxale lorsque l’on sait que la même ONU dispose d’un rapport d’enquête qui accablent ces personnes avec force détails.

Très récemment, Kinshasa a réitéré sa demande d’extradition des chefs militaires et politiques du M23, mais Kigali s’y est à nouveau opposé, allant jusqu’à proposer un statut spécial en leur faveur. Tout cela sous les yeux et au creux de l’oreille de Ban Ki-moon qui a brillé par un silence assourdissant…

Pascal Debré Mpoko


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