ONU : Pressions sur «Joseph KABILA»

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image Martin KOBLER et Mary ROBINSON

Intervenant sur un média périphérique à partir d’Addis-Abeba, Mary Robinson, l’Envoyée spéciale de l’ONU dans la région des Grands Lacs, promet de faire pression sur le président Joseph Kabila pour qu’il mette rapidement sur pied un Gouvernement d’union nationale. A quoi riment ces pressions, lorsqu’on sait que l’ancienne présidente de la République d’Irlande est restée muette lorsqu’un rapport des experts des Nations Unies accusait le Rwanda et l’Ouganda de continuer à soutenir les rebelles du M23 ? Qui ne sait pas qu’elle se contente de donner des injonctions à la Rd Congo, pendant qu’au Rwanda et en Ouganda, elle agirait en conseiller stratégique ?

Du 30 au 31 janvier 2014, les Chefs d’Etat et de Gouvernement vont se retrouver au 22ème sommet ordinaire de l’Union Africaine à Addis-Abeba. Selon une source sûre, l’Est de la République démocratique du Congo sera l’un des deux principaux dossiers que vont aborder les Chefs d’Etat.

Les onze pays signataires de l’Accord-cadre sur la région des Grands Lacs se réuniront au niveau des Chefs d’Etat, vendredi matin, pour faire le point sur cette feuille de route signée il y a bientôt un an. Ils devraient valider les quinze priorités définies dans un document de travail que notre source a pu se procurer, rédigé début janvier lors de la dernière réunion des Chefs d’Etat de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL) à Luanda, en Angola.

C’est en marge de ce sommet que Mary Robinson entend de nouveau faire pression sur le Président Joseph Kabila pour qu’il mette rapidement sur pied un gouvernement d’union nationale, qui souhaite aussi que le processus de démobilisation et de réinsertion des M23 aille bien plus vite. Cette prise de position de Mary Robinson surprend plus d’une personne, d’autant plus que l’ancienne présidente d’Irlande est restée muette lorsqu’un rapport des experts des Nations Unies a accusé le Rwanda et l’Ouganda de continuer à soutenir les rebelles du M23.

Pour rappel, en vue de cimenter la cohésion nationale obtenue grâce aux Concertations nationales, le Président de la République avait promis de nommer un Gouvernement de cohésion nationale auquel prendraient part la Majorité, l’Opposition et la Société civile. Mais à cause de certains aménagements et compte tenu de ses propres raisons et de celles de sa majorité, ce Gouvernement se fait toujours attendre.

Voilà qui nous pousse à dire qu’au lieu de presser Joseph Kabila pour la nomination de ce Gouvernement, pendant que celui qui est en place n’a pas démérité, il appartient au Chef de l’Etat, et à lui seul de nommer ce Gouvernement au moment qu’il jugera utile.

Pays souverain, la Rd Congo n’a pas de leçons à recevoir de Mary Robinson qui pense que ce pays est un maillon faible du système. Qui ne sait pas qu’elle se contente de donner des injonctions à la Rd Congo, pendant qu’au Rwanda et en Ouganda elle agit en conseiller stratégique ?

Disons quand même que certains points du document qui sera évalué à Addis-Abeba devraient satisfaire Kinshasa. La source indique par exemple que la Mission des Nations Unies en RDC (Monusco), si le texte est paraphé, sera encouragée à aider l’armée congolaise à combattre les rebelles de l’ADF-Nalu.

Bonne nouvelle aussi pour Kigali, car la Brigade d’intervention de la Monusco devra appuyer des opérations militaires contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une vieille requête du Rwanda, soutenu sur ce point par les Etats-Unis.

Mais la feuille de route distribue aussi des mauvais points. Elle mentionne à plusieurs reprises l’aide apportée à des groupes rebelles. Elle ne nomme aucun pays mais le dernier rapport d’experts de l’ONU pointe de nouveau le soutien du Rwanda aux rebelles du M23. Enfin, le comité de pilotage chargé de superviser les accords de paix de Kampala ne s’est réuni qu’une seule fois et « ce n’est pas assez », a regretté Mary Robinson.

La partialité manifeste de Mary Robinson écœure les Congolais

La communauté internationale doit savoir que les Congolais ne sont pas des naïfs pour gober n’importe quoi. Depuis de longue date, nous avons toujours dénoncé le double jeu d’une partie de cette communauté. Nous en voulons pour preuve la duplicité de cette bonne dame Mary Robinson, l’Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU dans la Région des Grands Lacs.

Quand elle arrive à Kinshasa, elle prononce des propos que l’opinion congolaise considère comme « hypocrites ». Une fois à Kigali face à Paul Kagame ou à Kampala devant Yoweri Museveni, elle est incapable ou mieux muette pour les condamner de vive voix pour l’aide qu’ils apportent à la rébellion du M23. Pendant que plus d’un rapport de l’ONU, structure dont elle émane, le fait sans état d’âme.

On se demande de quel droit doit-elle indiquer dans une interview à une radio périphérique qu’elle fera pression sur Joseph Kabila pour mettre sur pied un gouvernement d’union nationale. Cette idée n’est pas de Mary Robinson ; mais c’est plutôt le chef de l’Etat lui-même qui l’avait annoncé un certain 23 octobre 2013 devant les députés et sénateurs réunis en Congrès.

Et tôt ou tard, il va le faire en toute indépendance d’esprit suivant son pouvoir discrétionnaire que lui reconnaît la Constitution de la République. Que Mary Robinson déclare qu’elle fera pression sur Joseph Kabila est une indélicatesse de sa part ou mieux une injure au chef d’Etat d’un pays souverain. Les Congolais ne peuvent pas du tout supporter de tels propos. A quel jeu joue Mary Robinson ? On le saura tôt ou tard.

[L’Avenir]


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