Plongée dans le chaos : En Libye, deux gouvernements et deux Parlements se disputent le pouvoir à distance

Font size: Decrease font Enlarge font
image Guerre - Combattants de l'insurection libyens

"Nous appelons la communauté internationale à assumer ses responsabilités légales et morales et à armer, sans retard ni délai, l'armée libyenne pour qu'elle puisse accomplir sa mission nationale," a indiqué le représentant du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale. La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de conflit en 2011 et les autorités n'arrivent pas à contrôler les dizaines de milices formées d'ex-insurgés qui font la loi en l'absence d'une armée et d'une police régulières bien entraînées. Le pays est dirigé par deux gouvernements et deux Parlements qui se disputent le pouvoir à distance, l'un proche des miliciens islamistes de Fajr Libya (Aube de la Libye) et l'autre reconnu par la communauté internationale, siégeant à Tobrouk, près de la frontière égyptienne. Pendant ce temps, le président francais, Francois Hollande, a écarté l'idée d'une intervention militaire française dans ce pays.

Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a réclamé lundi des armes pour combattre les milices, lors d'une réunion urgente de la Ligue arabe au Caire axée sur le "terrorisme" en Libye.

"Nous appelons la communauté internationale à assumer ses responsabilités légales et morales et à armer, sans retard ni délai, l'armée libyenne pour qu'elle puisse accomplir sa mission nationale," a indiqué le représentant de la Libye auprès de la Ligue Achour Bou Rached, lors de cette réunion au niveau des représentants permanents.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de conflit en 2011 et les autorités n'arrivent pas à contrôler les dizaines de milices formées d'ex-insurgés qui font la loi en l'absence d'une armée et d'une police régulières bien entraînées.

Le pays est dirigé par deux gouvernements et deux Parlements qui se disputent le pouvoir à distance, l'un proche des miliciens islamistes de Fajr Libya (Aube de la Libye) et l'autre reconnu par la communauté internationale, siégeant à Tobrouk, près de la frontière égyptienne.

"En Libye, plus la victoire militaire contre les milices brutales est retardée, plus leur expansion s?accroît et plus l'on réduit les chances d'une solution politique à la crise", a précisé M. Bou Rached.

De son côté, le secrétaire général de la Ligue Arabe Nabil al-Arabi a exprimé son "regret" face au "blocage des efforts arabes et internationaux", visant à rétablir le dialogue entre les parties en conflit en Libye. Une réunion de dialogue prévue lundi sous l'égide de l'ONU a d'ailleurs été reportée sine die.

"La priorité aujourd'hui est d'adopter une position tranchée qui permette de parvenir à un arrêt immédiat des opérations terroristes armées," a-t-il ajouté.

Le 25 décembre, une roquette tirée par des miliciens de la coalition Fajr Libya avait provoqué un énorme incendie dans l'un des trois principaux terminaux pétroliers du pays.

Et ces derniers jours, 20 chrétiens coptes égyptiens ont été enlevés à Syrte, selon une source proche du gouvernement qui a attribué ces rapts à des miliciens islamistes.

Pas d'intervention militaire française en Libye

Le président François Hollande a écarté lundi l'idée d'une intervention militaire française en Libye, jugeant de nouveau qu'il revenait d'abord pour l'instant "à la communauté internationale de prendre ses responsabilités" dans ce pays : "La France n'interviendra pas en Libye parce que c'est à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et pour l'instant, elle doit faire en sorte qu'il puisse y avoir un dialogue politique, il n'est même pas installé, et deuxièmement que l'ordre puisse être rétabli", a-t-il déclaré à la radio France Inter.

Plusieurs pays de la région - Niger, Tchad notamment - ont estimé récemment qu'une intervention militaire internationale était "indispensable" en Libye. 

Interrogé pour savoir si la France pourrait participer à une éventuelle intervention de l'Onu, François Hollande a répondu qu'une telle direction n'était pas en jeu actuellement. "S'il y a un mandat clair, s'il y avait une organisation claire qui puisse être définie et des conditions politiques", la France pourrait participer mais "ça n'en prend pas le chemin", a-t-il dit.

Sous la présidence de son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy, la France avait pris la tête d'une coalition pour mener une intervention militaire en Libye qui avait abouti à la chute de son dirigeant Mouammar Kadhafi.

[avec Afp]


Cet article a été lu 2167 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0