Levée de l’état d’urgence : Egypte, 30 ans d’arrestations arbitraires

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image Anouar El-Sadate -

La levée de cette législation qui symbolise la répression et l’arbitraire de l’ancien régime était une des principales revendications des mouvements de jeunes militants pro-démocratie qui sont à l’origine de la révolution du janvier 2011. Car cette loi était utilisée pour restreindre les libertés publiques et politiques des citoyens. Elle donnait des pouvoirs élargis à la police en matière d’arrestation et de détention, permettait le renvoi devant des tribunaux d’exception, empêchait les manifestations et les regroupements publics. L’état d’urgence avait été imposé en 1981 après l’assassinat du président Anouar el-Sadate par des islamistes. Il avait depuis été reconduit sans discontinuer, pour la dernière fois en 2010, jusqu’au 31 mai 2012.

L’état d’urgence imposé en 1981 en Égypte a été levé jeudi 31 mai, a fait savoir le Conseil suprême des forces armées.

Depuis la chute du président Moubarak le 11 Janvier 2011, l’histoire de l’Égypte est jalonnée d’évènements historiques. La levée de l’état d’urgence, ce jeudi 31 mai, 30 ans après son entrée en vigueur est certainement une étape importante dans la transition démocratique du pays.

La levée de cette loi était en effet réclamée avec insistance par l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme qui l’accusent de porter atteinte aux libertés.

L’armée reste au pouvoir

Le Conseil suprême des forces armées, qui dirige la transition politique du pays depuis la démission du président Moubarak, a cependant tenu à préciser qu’il continuerait d’assurer la protection du pays.

« L’armée continuera à assumer la responsabilité nationale de protéger la sécurité de la nation et des citoyens en cette période importante de l’Histoire de la nation et ce jusqu’à la remise du pouvoir (à un président civil) », ont ainsi indiqué les militaires dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle Mena.

Aux termes de la déclaration constitutionnelle adoptée par le Conseil suprême en mars 2011, l'armée, étant responsable de la protection du pays, pouvait demander au Parlement de voter l'état d'urgence. Mais sa durée était limitée à six mois et il ne pouvait être ensuite renouvelé que par référendum.

Selon Essam el-Eriane, le vice-président du Parti de la Liberté et de la Justice, organe politique de la puissante confrérie des Frères musulmans qui domine le Parlement, le communiqué de l'armée signifie qu'elle ne demandera pas la prorogation de l'état d'urgence.

30 ans d’arrestations arbitraires

La levée de cette législation qui symbolise la répression et l’arbitraire de l’ancien régime était une des principales revendications des mouvements de jeunes militants pro-démocratie qui sont à l’origine de la révolution du janvier 2011.

Car cette loi était utilisée pour restreindre les libertés publiques et politiques des citoyens. Elle donnait des pouvoirs élargis à la police en matière d’arrestation et de détention, permettait le renvoi devant des tribunaux d’exception, empêchait les manifestations et les regroupements publics.

L’état d’urgence avait été imposé en 1981 après l’assassinat du président Anouar el-Sadate par des islamistes. Il avait depuis été reconduit sans discontinuer, pour la dernière fois en 2010, jusqu’au 31 mai 2012.

En janvier 2012, pour célébrer le premier anniversaire du soulèvement populaire qui a poussé Hosni Moubarak à démissionner, le maréchal Hussein Tantawy, chef du Conseil suprême, avait annoncé une levée partielle de la loi, pour qu’elle ne soit applicable qu’aux voyous.

En 2010 déjà, le Premier ministre de l’époque, Ahmed Nazif, avait assuré que le gouvernement s’engageait à ne pas utiliser les mesures d’exception disponibles pour autre chose que la lutte contre les menaces terroristes et les trafics de drogue, cherchant en vain à calmer les inquiétudes quant à son usage à des fins politiques.

(Avec AFP)


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