Hosni MOUBARAK : Un procès qui traine en longueur

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image Hosni MOUBARAK - Allongé sur une civière lors de son procès, le 7 sept 2011 au Caire

Après trois mois d'interruption, le procès de l'ancien dictateur égyptien Hosni Moubarak a repris ce mercredi 28 décembre. Mais la séance a été ajournée au lundi 2 janvier 2012.

Alors qu'il passionnait les foules lors de la première audience le 3 août, le procès du président égyptien déchu Hosni Moubarak, qui a repris ce mercredi 28 décembre au Caire avant d'être ajourné au lundi 2 janvier 2012, passe cette fois presque inaperçu.

Il y a quelques mois, la population égyptienne, tout comme le reste du monde, avait les yeux rivés sur ce procès historique, celui du premier dictateur du Printemps arabe à comparaître en personne devant la justice de son pays - certes allongé sur une civière. Mais les récents affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et manifestants et les élections législatives ont fait passer au second plan les préoccupations concernant le sort d'Hosni Moubarak.

Pendant trois mois, le Raïs n'est plus apparu au tribunal, le procès ayant été interrompu suite à un recours des parties civiles contre le président de la cour instruisant l'affaire. Le juge Ahmed Refaat a été en effet accusé de partialité en faveur des partisans de l'ancien dictateur. La justice n'a finalement pas tenu compte de ces critiques et a décidé de maintenir le magistrat à son poste dès le 7 décembre.

Hosni Moubarak, âgé de 83 ans, est arrivé ce matin au tribunal à bord d'une ambulance. Il a été placé sur une civière pour être transporté dans la salle d'audience. L'ancien président, en détention dans un hôpital militaire, est jugé pour la répression de la révolte populaire qui a conduit à sa chute, et dont le bilan humain est officiellement de 850 morts. Lors de l'audience, les avocats d'Hosni Moubarak ont plaidé non coupable, tandis que la défense a réitéré ses accusations contre l'ex-président. Le juge a écouté les deux parties avant d'ajourner la séance au lundi 2 janvier.

Outre son rôle joué dans la répression sanglante des manifestations, l'ex-Raïs doit également répondre d'accusations de malversations financières et de corruption, des charges qui visent aussi ses deux fils, Alaa et Gamal. Ces deux derniers sont incarcérés à la prison de Tora, dans le sud du Caire, où ils ont reçu mardi la visite de leur mère, Suzanne, et de leurs épouses respectives Heidi et Khadiga, selon les médias officiels. Devra également répondre de ses actes l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli ainsi que plusieurs autres de ses collaborateurs en poste lors des événements de janvier et février.

"Nouveaux documents"

Lors des dernières audiences, à huis-clos, des personnalités du nouveau pouvoir ont été amenées à témoigner. Le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et ancien ministre de la Défense d'Hosni Moubarak devenu son successeur de fait, avait pour sa part assuré que l'ancien président n'avait jamais donné l'ordre de tirer sur la foule des manifestants. Les familles des victimes et leurs avocats ont immédiatement dénoncé un procès qui multiplie les auditions de « témoins à décharge », favorables à Hosni Moubarak, au détriment d'une recherche des responsabilités.

Aujourd’hui les avocats des parties civiles déplorent qu'après plusieurs mois de suspension, le procès puisse n'être qu'une pure procédure et faire fi des débats sur les accusations contre l'ancien président. Les avocats de ce dernier espèrent de leur côté être en mesure de faire avancer la cause de leur client. Me Yousri Abdel Razek, président d'un comité de défense de l'ancien chef d'État, a d'ailleurs expliqué mardi 27 décembre avoir « trouvé de nouveaux documents qui prouveront l'innocence de M. Moubarak ».

(Avec AFP)


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