Manifestations à la place Tahrir en Egypte : L'armée met de l’huile sur le feu

Font size: Decrease font Enlarge font
image Manifestants à la place Tahrir du Caire, en Egypte

De nouveaux heurts se sont produits sur l'emblématique place Tahrir, au Caire, après la mort dans la nuit de deux manifestants en Egypte dans de violents affrontements avec la police à huit jours du premier scrutin législatif depuis le départ d'Hosni Moubarak.

Des manifestants continuaient dimanche de s'opposer aux forces de l'ordre sur la place Tahrir du Caire, au lendemain d'une journée d'affrontements ayant fait deux morts et près de 800 blessés.

Dans des scènes qui n'étaient pas sans rappeler la révolution de février qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, des centaines de jeunes Egyptiens ont scandé "le peuple veut la chute du régime", réclamant à l'armée un transfert rapide des pouvoirs.

Des milliers de jeunes manifestants continuaient de défendre dimanche matin leur présence sur la place Tahrir en disposant des barrières.

"Voilà ce que fait le ministère de l'Intérieur, qui dit faire acte de légitime défense !", criait un manifestant brandissant une cartouche. Dans les rues portant les stigmates des évènements de la nuit, d'autres montraient des douilles et des restes de bombes lacrymogènes.

Les heurts ont éclaté samedi lorsque les policiers ont tenté d'évacuer les quelque 500 manifestants qui se trouvaient toujours sur la place, au lendemain d'une grande manifestation qui avait réuni 50.000 personnes.

Un homme de 23 ans a été tué par balle au Caire, un autre à Alexandrie, et 766 personnes ont été blessées selon le ministère de la Santé cité par l'agence de presse officielle Mena.

Un responsable des forces de sécurité a assuré que la police n'avait pas tiré à balles réelles et que l'armée était restée en dehors des affrontements.

"PRATIQUES DE L'ANCIEN RÉGIME" 

Le gouvernement s'est réuni dans la matinée pour évoquer les évènements.

"Nous sommes au bord du danger", a dit le général Mohsen Fangary, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis la chute de Moubarak.

"Ceux qui demandent la chute du gouvernement demandent la chute de l'Etat", a-t-il dit à la télévision.

Le général a assuré que les élections législatives commenceraient comme prévu le 28 novembre et que l'armée et le ministère de l'Intérieur continueraient d'assurer la sécurité.

Selon la télévision d'Etat, 40 policiers ont été blessés et 18 "fauteurs de trouble" ont été arrêtés.

Le parti Liberté et justice de la mouvance des Frères musulmans a dénoncé la dispersion du sit-in du Caire par les forces de l'ordre. "L'intervention (contre le sit-in) a dégénéré en blessures, certaines graves, selon les médias", a-t-il indiqué dans un communiqué. "Cela rappelle les pratiques du ministère de l'Intérieur de l'ancien régime."

Un islamiste radical candidat à l'élection présidentielle, Hazem Salah Abou Ismaïl, s'est rendu dimanche matin place Tahrir pour soutenir les manifestants.

"Je vous dis de ne pas quitter cette place. Cette place va donner le ton dorénavant. Demain, toute l'Egypte vous suivra", a-t-il lancé.

La manifestation de vendredi, rassemblant islamistes et libéraux, visait à montrer l'opposition à une proposition constitutionnelle du gouvernement. 

Le texte incriminé accorderait à l'armée une autorité exclusive sur la gestion de ses affaires et de son budget et les négociations avec les groupes islamistes et libéraux ont été rompues sur ce point.

Selon une dépêche de l'agence Mena diffusée samedi soir, le vice-Premier ministre Ali al Silmi a modifié deux articles contestés du projet. L'alinéa de l'article 9 qui faisait de l'armée la garante de la légitimité constitutionnelle a ainsi été retiré.

Celui selon lequel les forces gouvernementales devaient être seules responsables de leurs affaires internes, de leur budget et de leur législation a en outre été modifié, tout comme l'article 10, qui annonçait la création d'un Conseil national de défense présidé" par le chef de l'Etat.

[Reuters]


Cet article a été lu 3491 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0