Immigration illégale : La Tanzanie frappe le Rwanda

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image Paul kagame et Jakaya kikwete

Le Président tanzanien Jakaya Kikwete a ordonné l’expulsion de 6.000 sujets rwandais vivant illégalement sur son territoire, sans aucun document. Ce sont donc des immigrés illégaux, dont la plupart sont là depuis des années qui ne se préoccupent pas de régulariser leur situation auprès des autorités du pays. Frappé dans le vif, Kagame rumine sa revanche.

Jakaya a frappé le Rwanda même si son Gouvernement s’explique en se refusant de dire que la mesure ne vise que les ressortissants rwandais. Alors qu’en réalité, elle concerne tous les expatriés vivant en Tanzanie sans document légal, donc en situation irrégulière. Le nombre de Rwandais dans cette situation serait même plus élevé que les 6.000 expulsés, car ils ont commencé leur mouvement de migration depuis 1959.

A Kigali, on accuse la Tanzanie d’avoir expulsé même des Rwandais légalement installés au pays. Mais, le Rwanda soutient qu’il ne va pas répliquer en renvoyant les Tanzaniens qui vivent aussi illégalement sur son territoire et qui sont tout aussi nombreux et qu’il se réverse le droit de saisir la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est à laquelle les deux pays font partie et qui impose une procédure pour de cas des expulsions massives. Kigali estime que Dar-es Salam l’a violée.

Mais, la Tanzanie persiste et signe qu’elle s’est strictement conformée à toutes les réglementations internationales en la matière avant d’en arriver aux expulsions des illégaux comme le prévoient les mêmes textes. Frappé dans le vif, Kagame rumine sa vengeance. Il attend le moment propice pour agir. Comme il l’avait fait en Rdc en 1996, avec la fausse révolte des tutsis Banyamulenge qui lui avait permis de massacrer de dizaines de milliers de réfugiés hutus de l’Est de la Rdc parmi lesquels les vieillards, les enfants et les invalides, mais jamais les génocidaires, objet de son invasion.

Ce qui est vrai, c’est que cette affaire des expulsions des sujets rwandais est le prolongement de la guerre du M23 à l’Est de la Rdc déstabilisée par le Rwanda. Depuis quelque trois mois, un froid glacial caractérise les relations entre Paul Kgame, le président rwandais, et Jakaya Kikwete, le Président démocratiquement élu de la Tanzanie. Celui-ci avait dit, en son temps à haute et intelligible voix, ce que d’aucuns disent bas. C’était lors d’un sommet de l’UA à Addis-Abeba en marge duquel, comme d’habitude, la crise en Rdc.

Kikwete estime tout simplement que de la même manière que l’on demande à Joseph Kabila de négocier avec ses ennemis du M23, on devrait le faire pour le Rwanda avec ses ennemis des FDLR, l’Ouganda avec des ADF/NALU et de la LRA. Proposition mal perçue surtout à Kigali où il avait provoqué une levée de boucliers.

Mais, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est quand le Rwanda lui demande officiellement de présenter des excuses à Paul Kagame à cause de ses « hérésies ». C’est là où, à Dar-es Salam, on décide d’attaquer. D’abord, rejet avec virulence de la demande de présentation des excuses. Ensuite, la Tanzanie  avait opéré un mouvement de troupes à la frontière commune avec le Rwanda pour prévenir un coup fourré de Paul Kagame.

Autre point de discorde qui a fait couler encre et salive, c’est la création de la Brigade d’intervention de la Monusco chargée de traquer les forces négatives y compris le M23 conformément à la Résolution 2098. Or, le Rwanda qui arme le M23 n’en veut pas du tout. Il fait tout pour l’étouffer dans l’œuf.

Or la Tanzanie y a fortement contribué avec 1000 hommes et le commandant de la Brigade. Même des lettres de menaces adressées par le M23 sous la dictée du Rwanda au Parlement tanzanien afin d’empêcher le déploiement  de leur contingent  à l’Est de la Rdc où ils connaitront hécatombe n’y a rien fait. Un défi pour Kigali.

S’en est alors suivie une guerre des tranchées à laquelle la Tanzanie semble s’être bien préparée. En fin de compte, c’est le Rwanda qui est pris au dépourvu. Il n’a pas vu venir le coup. Chapeau bas à Jakaya Kikwete.

[Kandolo M.]


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