Au pouvoir depuis 1989 : Omar El-Béchir, candidat unique pour la présidentielle du 13 avril au Soudan

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image Omar El-Béchir

Aucun autre candidat n'a pour l'heure annoncé son intention de défier le président sortant, qui a déposé officiellement dimanche sa candidature pour la présidentielle du 13 avril 2015. L'opposition s'apprête à réitérer la consigne de boycott qui avait prévalu en 2010 lors d'un vote critiqué par des observateurs internationaux. Agé de 71 ans, Omar el-Béchir dirige le Soudan depuis plus de 25 ans. Arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire en 1989, il est réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) pour répondre d'accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour, une région de l'ouest soudanais. Il est à la tête d'un grand pays secoué par des multiples crises économiques et sociales et ravagé par les conflits, notamment celui au Darfour depuis 2003, qui a fait plus de 300. 000 morts selon l'ONU.

Omar el-Béchir, à la tête du Soudan depuis 25 ans, part largement favori pour les élections d'avril en dépit des accusations de crimes de guerre pesant contre lui et des révoltes qui minent ce pays à l'économie exsangue.

M. Béchir, 71 ans, est selon ses soutiens, l'homme fort qu'il faut pour tenir les rênes d'un pays chaotique où les voix de l'opposition ont peu d'échos.

Aucun autre candidat n'a pour l'heure annoncé son intention de défier le président sortant, qui a déposé officiellement dimanche sa candidature pour la présidentielle du 13 avril. Des législatives sont également prévues à la même date.

L'opposition s'apprête à réitérer la consigne de boycott qui avait prévalu en 2010 lors d'un vote critiqué par des observateurs internationaux. Selon les opposants, les bulletins avaient été truqués au cours de cette première élection multiparité organisée depuis l'arrivée au pouvoir de M. Béchir.

Omar el-Béchir a pris les commandes du Soudan à la faveur d'un coup d'Etat en 1989 et dirige aujourd'hui le troisième plus vaste pays africain où résident quelque 39 millions d'habitants.

Son quart de siècle au pouvoir a été marqué par un conflit dévastateur au Darfour --qui lui vaut d'être réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide-- et la création du Soudan du Sud en 2011 après un accord de paix ayant mis fin à 22 ans de guerre civile.

M. Béchir avait laissé planer le doute l'année dernière sur sa possible candidature à la présidentielle avant d'être réélu en octobre chef du Parti du Congrès national (PCN).

"M. Béchir dispose d'une position forte en interne au sein du gouvernement", estime Ahmed Soliman, du centre de recherche Chatham House.

Les pouvoirs du président ont été renforcés en janvier par une série d'amendements constitutionnels lui permettant de nommer les gouverneurs d'Etat, qui étaient jusqu'alors élus.

A l'international, il a également cherché à polir son image de "paria" par des voyages en Egypte et Arabie saoudite et en recevant le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Dialogue national en suspens

Dans le même temps, les enquêtes dans lesquelles il est visé ont été suspendues par la procureure de la CPI pour allouer les fonds de la Cour à d'autres dossiers et dénoncer la passivité de l'ONU dans l'ouest du Soudan, déchiré par les violences.

Cette décision "a été interprétée comme une victoire par le président Béchir, mais en réalité le mandat d'arrêt à son encontre reste actif", estime Jérôme Tubiana, expert à l'International Crisis Group.

"Le PCN devrait gagner sans difficultés, mais tous les problèmes resteront à régler", ajoute-t-il.

En première ligne, figurent les difficultés économiques du pays dont près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Après avoir perdu 75% de ses revenus pétroliers lors de la partition de 2011, le Soudan ploie sous le poids d'une dette extérieure de 45,1 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.

Dans les régions du Darfour, du Kordofan-Sud et du Nil bleu, des combats meurtriers opposent par ailleurs les forces gouvernementales à des mouvements de rébellion armés.

C'est dans ce contexte que le président a lancé en janvier dernier un "dialogue national", invitant groupes d'oppositions et rebelles à y participer, mais ce dialogue a du mal à prendre forme.

Opposition "fragile"

L'opposition a de son côté avancé vers plus d'unité et signé en décembre un accord, baptisé "l'Appel du Soudan" réclamant un gouvernement de transition garant de la tenue d'élections impartiales.

Les puissants services de renseignements continuent cependant de maintenir toutes les voix dissidentes sous pression, arrêtant ainsi deux signataires de l'accord à leur retour d'Ethiopie, où un large spectre de partis politiques et groupes rebelles s'étaient réunis.

Cette unité "reste fragile car ces groupes d'opposition ont longtemps été déchirés par des rivalités personnelles", nuance Ahmed Soliman.

Pour l'éditorialiste Mahjoub Mohamed Salih, l'opposition a longtemps "été affaiblie et la nouvelle génération s'est construite sans liens avec les anciens partis" hypothéquant ainsi ces chances de succès aux élections.

[Afp]


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