En conflit avec le Soudan du Sud : Le Soudan sollicité l’aide de la diplomatie de RDC

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image Aubin MINAKU - Le président de la Chambre basse du Parlement congolais et Secrétaire général de la Majorité Présidentielle (MP)

Le chargé d’affaires du Soudan à Kinshasa, M. Abbas Mustafa Armed, a rencontré samedi au Palais du peuple le président de la Chambre basse du Parlement congolais, Aubain Minaku, à qui il a fait part de la situation politique qui prévaut dans son pays et sollicité l’aide de la diplomatie parlementaire congolaise. «J’ai demandé au président de l’Assemblée nationale de convaincre le gouvernement de la République du Soudan du Sud d’abord de respecter le principe des accords signés, ensuite d’accepter de résoudre les problèmes qui peuvent se poser entre nos deux pays par la paix et non par la guerre».

Le conflit qui oppose les gouvernements de Khartoum et de Juba mobilise les énergies de part et d’autre. C’est ainsi que le chargé d’Affaires du Soudan à Kinshasa, M. Abbas Mustafa Armed, s’est rendu samedi auprès du président de l’Assemblée nationale au Palais du peuple pour solliciter l’implication de la République démocratique du Congo dans ce conflit, afin de trouver une issue pacifique. Au sortir de l’audience, le diplomate soudanais a expliqué à la presse le motif de sa visité auprès du numéro un de la Chambre basse du Parlement congolais en ces termes : «Je suis venu lui présenter les félicitations de son homologue soudanais pour sa brillante élection en qualité du président de l’Assemblée nationale de la deuxième législature de la troisième République».

Il a ajouté l’avoir également félicité pour les élections générales qui se sont bien déroulées en RDC et qui ont permis de former un gouvernement dans la paix prouvant ainsi la réussite de ces scrutins. Abbas Mustafa Armed a situé sa démarche auprès du président de l’Assemblée nationale dans le cadre de la bonne coopération qui existe entre les deux pays, et dans celui du renforcement de la diplomatie parlementaire entre Kinshasa et Khartoum. Il a profité de l’occasion pour donner au président de l’Assemblée nationale de la RDC «la lumière sur des informations précises concernant la situation politique en République du Soudan, entre autres, le problème qui oppose la République du Soudans au Soudan du Sud». Le diplomate soudanais a surtout mis l’accent sur la dernière attaque de la République du Soudan du Sud qui a occupé illégalement la zone de Heglig, une zone riche en pétrole et qui appartient à la République du Soudan.

«J’ai demandé au président de l’Assemblée nationale de convaincre le gouvernement de la République du Soudan du Sud d’abord de respecter le principe des accords signés, ensuite d’accepter de résoudre les problèmes qui peuvent se poser entre nos deux pays par la paix et non par la guerre».

Le diplomate soudanais a fustigé le comportement du gouvernement de Juba qui encadre et arme les rebelles du Soudan pour déstabiliser le gouvernement de Khartoum. Selon lui, le gouvernement du Soudan du Sud, en tant que jeune Etat, a plus à gagner en cherchant à s’attaquer au développement de son pays et à l’avenir de son peuple, au lieu d’utiliser la force pour résoudre les problèmes qui se posent.

C’est ainsi que dans le cadre de la recherche d’une solution pacifique au conflit qui oppose les deux pays, le gouvernement de Khartoum a pensé s’adresser à la RDC pour qu’elle s’implique dans la recherche d’une solution idoine. Légende : Le chargé d’affaires du Soudan à Kinshasa, M. Abbas Mustafa Armed après l’entretien avec le président de l’Assemblée nationame AT/«La Journée internationale des Casques Bleus» T/La Monusco organise des activités socio-culturelles à Kinshasa.

Ludi Cardoso

Les Nations unies célèbrent, ce mardi 29 mai, «la Journée internationale des Casques bleus», placée cette année sous le thème de «Maintien de Paix et Partenariat». A cette occasion, la Monusco a prévu d’organiser plusieurs activités à caractère socio-culturel dans la ville de Kinshasa.

Selon le programme d’activités remis à la presse, une cérémonie officielle est prévue, dans l’avant-midi du mardi 29 mai, au QG du bataillon Ghanéen de la Monusco (GHANBAT), au rond point SOCIMAT. Y prendront part, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, les membres du gouvernement congolais, les représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat, les représentants spéciaux adjoints du secrétaire général des Nations unies en RDC, le chef d’Etat-major des FARDC, le commandant de la Force des Nations unies, l’inspecteur général de la Police nationale congolaise, le commissaire de la Police onusienne et les représentants des Agences des Nations unies, ...

Comme en pareille circonstance, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Roger Meece, et le représentant du gouvernement de la République prononceront, tour à tour, des discours. Ces allocutions interviendront après le défilé des Casques bleus. Il s’en suivra une démonstration de Karaté par l’équipe sportive de la Monusco.

Dans l’après-midi, la Mission onusienne prévoit d’organiser des journées portes ouvertes à la base de la Police Monusco, UNPOL-ALCATEL, sur avenue ex-Flambeau. Le siège de la Police Monusco sera honoré par la visite du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC et du ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières.

Autre activité : inauguration du système d’éclairage et des actions sociales par Roger Meece à la prison centrale de Makala. Ce programme sera suivi par un match de football qui va opposer l’équipe des détenus à celle de la Monusco. L’Assemblée générale des Nations unies, en sa 73ème séance plénière du 11 décembre 2002, décidait de « proclamer le 29 mai Journée Internationale des Casques bleus des Nations unies, qui devra être célébrée chaque année pour rendre hommage à tous les hommes et toutes les femmes qui ont servi et servent encore dans des opérations de maintien de la paix des Nations unies, en raison de leur niveau exceptionnel de professionnalisme, de dévouement et de courage, et pour honorer la mémoire de ceux qui ont perdu la vie au service de la paix». Cinq questions à Emmanuel Adu Cole (*)

1. La RDC a un nouveau gouvernement que dirige le Premier ministre Matata Ponyo. Avez-vous un avis à ce sujet ?

Je commence d’abord par féliciter le nouveau Premier ministre pour sa nomination dans les circonstances les plus difficiles que traverse la RDC. Il doit savoir qu’il est entouré d’anciens opportunistes. S’il n’attire pas attention, ces derniers risquent de faire échouer son action. Du reste, je lui souhaite bonne chance et lui demande la stricte application des droits de l’Homme, la bonne gouvernance telle qu’il l’a lui-même annoncé dans son programme défendu à l’Assemblée nationale. Que son gouvernement envisage un dialogue entre la Majorité présidentielle et l’Opposition, s’il veut que son mandat soit un succès.

2. Quel est, d’après vous, l’état des lieux actuel des prisons de la RDC

La situation des prisons en RDC est très précaire. Elles éprouvent d’énormes difficultés sur le plan sanitaire. Ce qui est à la base des maladies infectieuses dont souffrent les détenus. Les bâtiments de certaines prisons du pays sont sur le point de s’écrouler. L’eau n’y coule presque pas. Les prisons préalablement conçues pour 1 500 détenus, hébergent actuellement plus de 7 000. La plupart des directeurs gestionnaires de ces centres pénitenciers ne sont pas suffisamment qualifiés pour exercer les fonctions qui sont les leurs aujourd’hui. Les procédures

judiciaires sont trop lentes, voire existantes. Le gouvernement ne nourri pas les prisonniers. Il ne s’occupe pas non plus de leurs soins. C’est pourquoi, l’on enregistre des décès au quotidien. Ceux qui n’ont pas de familles sont les plus malheureux. Si une telle situation sévit même ici à Kinshasa, qu’en est-il des prisons de l’arrière pays. Et pourtant, le Premier ministre sortant avait convoqué un Conseil des ministres qui avait inscrit à son ordre du jour, l’amélioration des conditions des prisonniers. Hélas, ce dossier est resté lettre morte.

3. Président d’une ONG des droits de l’Homme. Avez-vous un commentaire à faire dans ce domaine?

Bien que les droits de l’Homme soient marginalisés en Afrique, les violations de ces derniers sont préoccupantes en RDC. Les méthodes d’arrestations telles que prévues par la loi ne sont pas toujours respectées, les bulletins de service utilisés par la police pour les différentes arrestations ne sont pas prévus par la loi. Les enlèvements sont fréquents, les arrestations arbitraires sont légion, les cas de viols se multiplient, surtout dans l’Est du pays. Cela, sans compter l’insécurité généralisée. Curieusement, les auteurs de tous ces actes ne sont nullement inquiétés, malgré les mesures prises par les autorités du pays pour combattre l’impunité. Des politiciens font l’objet des menaces. Il y en a qui sont arrêtés et ne sont pas jugés depuis plusieurs mois. Le cas des militants de l’UDPS et ceux d’autres partis politiques, en est une illustration. Les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes ne sont pas épargnés par des menaces. Cela, sans oublier la confiscation des médias publics par la Majorité au pouvoir.

4. Que faire pour qu’il ait amélioration des droits de l’Homme en RDC

Il est difficile d’amener tout d’un coup les tenants du pouvoir à l’application sans failles des droits de l’Homme. Malgré les intimidations et autres méthodes utilisées, nous n’allons pas croisés les bras non plus. Nous allons continuer à lutter et dénoncer tous les jours tout ce qui concerne la violation des droits de l’Homme en RDC et demander que ses auteurs soient punis. Le ministère des Droits humains devrait être un ministère autonome et apolitique. A ce sujet, nous aimerions que le ministère de la Justice soit séparé de celui des Droits humains parce que le ministre de la Justice ne doit pas être à la fois juge et partie. Les ONG locales et internationales doivent avoir un lobby très efficace pour défendre valablement les droits de l’Homme en RDC.

5. Vous avez réalisé dernièrement un sondage qui avait débouché sur l’octroi des brevets aux différentes personnalités. Où en est-on?

De prime abord, je félicite les peuples congolais et africains qui ont exprimé leurs points de vue lors de ce sondage. Quant aux Congolais, ils ont démontré leur maturité lors des élections du 28 novembre 2011. Même si la CENI a déçu le souverain primaire. Nous continuons à préparer cette assise, malgré que certains politiciens et personnalités n’aient pas honoré leurs promesses pour sa réussite. Mais, les contacts continuent avec les gens de bonne volonté disposés à nous aider pour la réalisation de cette activité. Nous saisissons cette opportunité pour lancer un appel à tous, pour que ceux qui étaient retenus et ceux qui ne l’étaient pas puissent nous sponsoriser. D’ailleurs, nous ne nous sommes pas limités à ce sondage. Quel que soit le problème, nous espérons qu’avec les gens de bonne volonté, ces assises auront lieu.

Propos recueillis par T.M.E. Président de la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP)


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