Ouganda : MUSEVENI continue à protéger MAKENGA

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image Sultani MAKENGA

Ce n’est pas aujourd’hui que Sultani Makenga sera remis aux autorités de la Rd Congo où il a un mandat d’arrêt international. Car selon notre source, le chef militaire des rebelles congolais du M23, défaits par l’armée de la République démocratique du Congo (RDC), se trouve à Kampala, sous protection de l’armée ougandaise, a affirmé hier mardi un membre des services renseignements ougandais.

Sultani Makenga "est en lieu sûr en ville (à Kampala), mais pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas révéler sa position", a indiqué cette source sous couvert d’anonymat. "L’armée fournit la sécurité nécessaire", a-t-elle souligné. Le porte-parole de l’armée ougandaise, le colonel Paddy Ankunda, a refusé mardi de commenter le cas Makenga, recherché par la RDC et qui fait l’objet de sanctions américaines et onusiennes.

Ce comportement de l’Ouganda viole dangereusement les prescrits de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé le 24 février 2013 qui oblige les pays de la Région des Grands Lacs de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des Etats voisins ; ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés ; Respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats voisins ; Renforcer la coopération régionale, y compris à travers l’approfondissement de l’intégration économique avec une attention particulière accordée à la question de l’exploitation des ressources naturelles ; Respecter les préoccupations et intérêts légitimes des Etats voisins, en particulier au sujet des questions de sécurité ; Ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies ; et Faciliter l’administration de la justice, grâce à la coopération judiciaire dans la région.

La Rd Congo conteste le nombre des rebelles

Selon la même source, le porte-parole de l’armée ougandaise a en revanche indiqué que les plus de 1.000 autres rebelles du M23, qui se sont réfugiés en Ouganda lors de la débâcle du mouvement au début du mois, avaient été transférés de la frontière congolaise dans le district de Kasese. Située dans l’Ouest de l’Ouganda, près de la chaîne de montagnes de Rwenzori, Kasese est également proche de la frontière congolaise, mais plus éloigné du Rwanda que ne l’était Kisoro, le centre où étaient jusqu’ici gardés les combattants défaits du M23.

Il sied de souligner que le Rwanda est, comme l’Ouganda, accusé de soutien aux rebelles. Et les preuves ne manquent pas pour étayer ces informations, d’autant que ce sont les experts de l’Onu qui l’ont attesté. "Selon les chiffres officiels, nous avons 1.320 combattants sous notre protection", a indiqué M. Ankunda. "Ils ont été transférés à Kasese, à un endroit appelé Kavera".

Voilà un mensonge et un montage de mauvais goût effectué par ce faux voisins, lorsqu’on sait que défait, le M23 ne pouvait jamais avoir un tel effectif. En plus, comment expliquer qu’au cours d’un même entretien, il doit tantôt parler de 1.000 rebelles du M23, tantôt de 1.320 combattants.

Il est un fait que quand les membres du M23 ont passé la frontière ougandaise face à l’avancée de l’armée de RDC, l’Ouganda a immédiatement affirmé que les combattants étaient sous sa protection et ne seraient pas remis à Kinshasa. En tout cas pas tant que la déclaration de clôture des pourparlers de Kampala ne sera pas lue par la délégation du Gouvernement de Kinshasa.

Le 11 novembre à Kampala, Kinshasa et les M23 ont encore échoué à signer cet accord. La RDC dit cependant espérer conclure son dialogue avec les rebelles "dans un délai raisonnable". Les M23 sont essentiellement des Tutsi congolais issus d’une précédente rébellion qui avait été intégrée à l’armée de RDC à la suite d’un précédent accord de paix signé en 2009 et appuyés par le Rwanda et l’Ouganda.

Ils combattaient l’armée congolaise depuis avril 2012 dans la riche province minière du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda et de l’Ouganda. L’accord actuellement en discussion exclut tous les rebelles du M23 d’une quelconque intégration au sein des FARDC et que l’amnistie sera accordés par le parlement à ceux qui ne se seront pas illustrés dans les graves violations des droits de l’homme. Le sort des combattants comme Makenga, accusé de massacres, viols, enrôlement d’enfants, est cependant plus compliqué. Raison pour laquelle Museveni se bat comme un diable dans un bénitier afin de lui trouver une sortie moins humiliante.

[L’Avenir]


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