Ouganda : Les Anglais prépareraient-ils un nouveau Calife pour remplacer le Calife actuel ?

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image David Sejusa Tinyefuza - Général ougandais, ancien coordonateur des services de renseignements militaires

Dans une interview accordée, mardi 18 juin, à BBC-Afrique, le général David Sejusa, mieux connu sous le nom de Tinyefuza, ancien coordinateur de l’Agence ougandaise de renseignements militaires, a accusé le président Yoweri Kaguta Museveni, au pouvoir depuis 1986, de chercher à instaurer une sorte de “présidence à vie” en Ouganda. Selon lui, le chef de l’Etat ougandais préparerait une succession monarchique en cédant le pouvoir à son fils, le général de brigade Muhoozi Kainerugaba. Celui-ci est le commandant des forces spéciales. Pour corser l’histoire, le général en exil se dit prêt à diriger l’Ouganda.

Que se passe-t-il en Ouganda? Dans son édition datée du mercredi 19 juin, le quotidien “Daily Monitor” (opposition), dont la devise est “la vérité au quotidien” (Truth everyday), rapporte qu’au cours de son entretien avec la BBC, le général Sejusa a accusé le président Museveni de chercher à instaurer une “présidence à vie” dont le but final serait l’avènement d’une “politique monarchique”. En clair, Museveni préparerait son fils Muhoozi Kainerugaba à lui succéder. Interrogé s’il avait l’ambition d’assumer les fonctions présidentielles, Sejusa a répondu en ces termes : “Un général quatre étoîles qui n’a pas d’ambition n’est pas à sa place”. Il a aussitôt asséné : “Qui a octroyé à Monsieur Museveni le droit de nous diriger ad vitam eternam?”

Réagissant à ces propos, au cours de la même émission, Ofwono Opondo, directeur du Centre de média ougandais, a qualifié Sejusa de “lâche” en l’invitant à regagner l’Ouganda pour démontrer qu’il n’avait rien à se reprocher. Pour lui, "les accusations" proférées par cet officier "sont dénuées de tout fondement. "Le président Museveni n’a prévu aucun plan destiné à se faire succéder par son fils à la tête de l’Etat ougandais", a-t-il ajouté.

Le général Sejusa a, pour sa part, souligné que le "système de gouvernement" en vigueur en Ouganda est devenu “décadent et pervers” de sorte que le President Museveni, au pouvoir depuis 1986, fait l’objet de dévotion tel un Dieu. “L’heure est venue pour dire : Trop c’est trop!”, s’est-il exclamé.

Opondo est revenu à la charge en relevant que le général Sejusa - qui est membre du parlement et siège dans le haut commandement militaire - est “libre” de rentrer en Ouganda "à moins qu’il ne soit un lâche". Sejusa de répliquer que les officiers manifestant quelques ambitions politiques ont toujours été empêchés de quitter l’armé".

A Kampala, le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda, a confié à "Daily Monitor" que le général Sejusa avait la possibilité d’exposer ses "préoccupations" dans un cadre approprié. Pour ne l’avoir pas fait, il a violé les règlements militaires de l’armée ougandaise (UPDF). Des poursuites judiciaires seront intentées à son encontre. “Nul ne peut recourir à des moyens inconstitutionnels pour renverser une démocratie qu’est l’Ouganda”, a-t-il martelé. 

“L’affaire Sesuja” a commencé fin avril dernier. En mission au Royaume-Uni, le général David Sesuja, alors coordonnateur des agences de renseignements ougandais, a écrit au patron de la Sûreté nationale ougandaise (ISO), le colonel Ronnie Balya, lui demandant d’ouvrir une enquête sur des "rumeurs" faisant état d’un complot en vue de l’assassinat des personnalités opposées à la succession de Museveni par son fils. Dans cette correspondance, l’officier citait, outre lui-même, deux autres responsables de premier plan. A savoir : le chef d’état-major de l’UPDF Aronda Nyakarairima et le Premier ministre Amama Mbabazi. Etrangement, les journalistes qui avaient relayés les "révélations" de Sesuja ont été interpellés et brutalisés par la police. 

La défection de cet officier supérieur dérange manifestement Museveni et son régime. Le général Sesuja n’est pas n’importe qui sur l’échiquier politico-militaire ougandais. L’homme a, sans doute, dit à haute voix ce que ses pairs préfèrent encore murmurer. Une affaire à suivre.

[Issa Djema/B.AW/Congoindépendant (avec Daily Monitor)]


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