Mandats présidentiels : Mise en garde des Etats-Unis aux chefs d’Etat africains

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image Barack OBAMA - AU speech

Les Etats-Unis ne transigent pas sur la question de limitation des mandats présidentiels en Afrique. Profitant d’une déclaration visant spécifiquement le Rwanda et son président, Paul Kagame, qui s’apprête à embarquer son Parlement dans une procédure de révision de la Constitution, Washington a lancé une mise en garde qui s’applique également à d’autres chefs d’Etat africains qui se retrouvent dans la même situation.

Si Washington respecte « la capacité de tout parlement à adopter des lois reflétant la volonté du peuple qu’il est appelé à représenter », il continue de « défendre fermement le principe de passation démocratique du pouvoir dans tous les pays par le biais d’élections libres, justes et crédibles, conformément aux Constitutions, y compris les dispositions concernant la limitation des mandats ». Dans des termes ne prêtant à aucune confusion, Washington précise qu’il ne soutient pas « ceux (Ndlr : les dirigeants africains) qui, à des postes de pouvoir, modifient les constitutions uniquement dans leur propre intérêt politique ».

Le message est clair. En effet, les Etats-Unis se sont cabrés sur la ligne qu’ils se sont toujours tracés. Ils ne sont donc pas prêts à cautionner une quelconque modification de la Constitution aux fins juste de se pérenniser un régime. Ils l’ont rappelé autant à Paul Kagame, le président du Rwanda, qu’à d’autres qui tenteraient de lui emboiter le pas.

Washington a choisi son camp. Qu’en est-il des dirigeants africains, interpellés ? Difficile à prédire. Ci-dessous, la déclaration du département d’Etat américain.

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Communiqué de presse John Kirby, porte-parole du Département d’État Washington

Les États-Unis prennent acte avec inquiétude de la décision du Parlement du Rwanda et du président Paul Kagame de mettre en place une commission de réforme constitutionnelle pouvant amender ou supprimer la limitation des mandats du pouvoir exécutif et permettre au président Kagame de briguer un troisième mandat en 2017.

Nous respectons la capacité de tout parlement à adopter des lois reflétant la volonté du peuple qu’il est appelé à représenter ; toutefois, nous continuons à défendre fermement le principe de passation démocratique du pouvoir dans tous les pays par le biais d’élections libres, justes et crédibles, conformément aux constitutions, y compris les dispositions concernant la limitation des mandats. Nous ne soutenons pas ceux qui, à des postes de pouvoir, modifient les constitutions uniquement dans leur propre intérêt politique.

Comme l’a déclaré le président Obama : « Quand un dirigeant tente de changer les règles du jeu au cours de la partie simplement pour rester au pouvoir, il risque d’engendrer instabilité et conflits – comme nous l’avons vu au Burundi. Et ce n’est souvent qu’un premier pas sur une voie périlleuse ».

Le président Kagame a réaffirmé à maintes reprises son engagement de respecter la limitation des mandats fixée par la Constitution et de guider une génération de leaders capables de soutenir la stabilité et la croissance économique remarquables du Rwanda. Les États-Unis soulignent l’importance de ces engagements.

Washington, D.C. le 4 septembre 2015


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