Rwanda : La mort de KAGAME ouvrira la voie vers une paix durable dans la region des Grands Lacs

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image Paul KAGAME

Fêter un mort ? Ce n’est pas courant en Afrique. Mais cela doit interpeller le maître de Kigali qui passe par cette réaction des populations congolaises pour un diable des Grands lacs. Celui-là même qui en fait voir de toutes les couleurs aux populations congolaises tout aussi bien qu’aux Rwandais eux-mêmes. Il est indiscutablement l’élément déstabilisateur des Grands lacs au point que sa disparition ouvrira à coup sûr la voie vers une paix durable dans cette aire sous-régionale. C’est par lui que sont venus tous les malheurs endurés par les populations des Grands lacs depuis un certain 6 avril 1994, journée noire qui a connu l’assassinat du général-major Juvénal Habyarimana, le Président Hutu du Rwanda déclenchant le génocide de près d’un million de tutsi et hutu modérés.

Il n’est pas mort, le dictateur rwandais, le généralisme Paul Kagame. Il est bien vivant. Mais vendredi dernier, à l’annonce de sa mort, tué par balles par l’un de ses gardes- du- corps, toutes les métropoles de l’Est de la Rdc notamment Goma, Beni et Butembo sont entrées en délire et en transe pour célébrer « l’heureuse nouvelle ».

Même lorsqu’informé des événements, l’homme a fait diffuser un démenti sur fond d’images le montrant en audience avec des étudiants américains, la fête a continué, nombreux étant ceux qui ont préféré s’en tenir à l’information de la mort mettant en doute la mise au point de la Présidence rwandaise. Fêter un mort ? Ce n’est pas courant en Afrique. 

Mais cela doit interpeller le maître de Kigali qui passe par cette réaction des populations congolaises pour un diable des Grands lacs. Celui-là même qui en fait voir de toutes les couleurs aux populations congolaises tout aussi bien qu’aux Rwandais eux-mêmes. Il est indiscutablement l’élément déstabilisateur des Grands lacs au point que sa disparition ouvrira à coup sûr la voie vers une paix durable dans cette aire sous-régionale. 

C’est par lui que sont venus tous les malheurs endurés par les populations des Grands lacs depuis un certain 6 avril 1994, journée noire qui a connu l’assassinat du général-major Juvénal Habyarimana, le Président Hutu du Rwanda déclenchant le génocide de près d’un million de tutsi et hutu modérés. 

On aurait cru naïvement à la thèse maintes fois ressassée d’un acte fou des extrémistes du camp présidentiel, c’est-à-dire les propres frères d’Habyarimana opposé à tout partage de pouvoir avec l’APR de Kagame qu’il venait de signer à Arusha, en Tanzanie. Que non ! C’est plutôt la piste du juge français Brugyere qui enquête sur le dossier et qui, lui, est convaincu que Paul Kagame avait réussi à infiltrer un commando spécial dans le périmètre de l’aéroport de Kigali alors contrôlé par la garde présidentielle et tirer sur l’aéronef de Juvénal Habyarimana au moyen d’un lance-missiles portatif. 

C’est ce que vient de confirmer le colonel Karageya, son ancien bras droit, directeur des Renseignements extérieurs pendant des années, qui est un intime de Kagame depuis le collège en Ouganda et qui connait tous ses secrets y compris celui-là. Il dit qu’il n’accuse pas dans le vide. 

Mais il détient des preuves pour étayer son accusation et est prêt à témoigner sur les faits auprès du juge français Brugyere. C’est en septembre dernier que Karageya fait ses révélations contre son ancien colistier. Moins de 3 mois après, le 30 décembre 2013, il est horriblement assassiné dans un hôtel hautement sécurisé de Sandton, le quartier des affaires à Jo’Bourg, égorgé avec un lacet, par un certain " Apollo " avec qui il avait rendez-vous. C’est l’émoi dans la colonie rwandaise en Afrique du Sud.

LA TERREUR DANS LA COLLINE RWANDAISE

Tout le monde sait d’où vient le coup ou plus exactement à qui profite le crime. Maladresse à Kigali où la ministre des Affaires étrangères Louise Mushikwiyabo déclare le plus officiellement du monde qu’il s’agit d’une bonne nouvelle, qu’il n’y a pas à avoir de pitié pour quelqu’un qui cherchait la mort de son pays. 

Kagame est bien le diable des Grands lacs. En fait foi la terreur qu’il fait régner dans les milieux de ses opposants vivant à l’extérieur dont certains ont eu quelque chance d’échapper à ses tueurs à gages. Comme en Grande Bretagne où Scott Land Yard qui avait eu vent les avait protégés. 

Ou encore le général Kayumba Nyamwassa, ancien commandant en chef de l’Armée rwandaise qui l’avait échappé belle en 2010 en RSA et qui depuis est sous protection discrète des Services de sécurité, chose que n’avait pas voulu son compatriote Karageya. 

Pour l’affaire du général Kayumba, les Sud-Africains étaient si furieux qu’ils avaient suspendu les relations diplomatiques avec Kigali jusqu’en 2012 malgré que, comme d’habitude, Kagame continuait à nier les faits. Cette fois-ci, avec l’assassinat de Karageya, il n’y a pas de doute que si l’enquête donne des indices conduisant au pouvoir de Kigali, Pretoria ne s’empêchera pas de frapper le Rwanda plus qu’avec une simple suspension des relations diplomatiques. 

Pour ce qui est de la Rdc où Pretoria qui a affecté à la Brigade d’intervention de la Monusco 1000 commandos avec des hélicoptères d’assaut qui ont pris le dessus sur le M23 sur toutes les collines stratégiques comme à Kibati, avec les « Trois Antennes » ou à Runyonyi et Mbuzi, les Sud-Africains ont vu de visu comment le Rwanda est un agent de la déstabilisation de l’Est. 

Par exemple à la colline de Runyonyi, il y avait un impressionnant stock d’armement sophistiqué dont beaucoup d’armées nationales ne disposent pas et qui pouvait servir le M23 pendant des années. Provenance : le Rwanda. 

Sur le territoire congolais, les troupes de Paul Kagame ont commis des massacres à grande échelle contre des réfugiés hutu rwandais qui se sont apparentés à un deuxième génocide. Mais il n’a jamais été inquiété, la Communauté internationale préférant fermer les yeux ne se faisant des remords qu’au sujet du génocide des seuls Tutsi en 94. Or avec les révélations de Karageya mettant en cause Paul Kagame qu’il présente comme le commanditaire de ce génocide là, c’est celui-là qui a tué Juvénal Habyarimana tout en sachant bien que cet acte allait conduire à un génocide déjà planifié par les extrémistes hutu. 

[KANDOLO M.]


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