Extradition : échangeait NTAGANZWA contre NKUNDABATWARE

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image Ladislas Ntaganzwa - Génocidaire rwandais du FDLR

Il ya quelques semaines, Kinshasa, à la suite de l’offensive de son armée contre les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), a arrêté Ladislas Ntaganzwa, l’un des neuf génocidaires rwandais présumés recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), car accusé d’avoir participé au génocide de 1994. Le Rwanda demande son extradition, alors qu’il détient, depuis 2009, Laurent Nkunda qu’il refuse toujours d’extrader vers Kinshasa. Pourquoi Kinshasa n’exigerait-il pas  l’extradition du génocidaire présumé Ladislas Ntaganzwa contre celle de Laurent Nkundabatware ?

A Kinshasa, depuis l’arrestation dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu puis l’extradition à Kinshasa, de Ladislas Ntaganzwa, le souvenir de Laurent Nkundabatware a refait surface dans la mémoire des Congolais. En même temps et par conséquent, des voix s’élèvent de plus en plus pour demander aux autorités politiques congolaises de profiter de l’arrestation de ce génocidaire présumé pour exiger à Kigali l’extradition de Laurent Nkunda en République démocratique du Congo pour qu’il puisse y être jugé pour ses nombreuses exactions contre les civils dans les deux Kivu principalement.

Une aubaine que Kinshasa n’entend pas louper. Alors que le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux de l’Onu, qui remplace le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), avait demandé une extradition rapide de M. Ntaganzwa vers le Rwanda, Kinshasa y accède sous quelques conditions.

» Oui, nous extraderons le génocidaire rwandais, mais nous attendons que le Rwanda agisse de même « , souligne le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba. Il rappelle que son pays a lancé  » plusieurs mandats  » contre des ressortissants congolais exilés au Rwanda et qu’ils sont restés lettre morte. Cette fois, il attend de Kigali un  » engagement  » qu’elle enverra l’un des Congolais recherchés, sans plus de précision.

Retour sur son arrestation

A la tête d’une rébellion, le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) qui a déstabilisé depuis 2004 les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Laurent Nkunda avait été arrêté depuis le 23 janvier 2009.

Depuis l’arrestation et l’assignation à résidence au Rwanda, en janvier 2009, de l’ex-général Laurent Nkunda, un épais silence s’est abattu sur ce pasteur qui savait manier, au plus fort de sa rébellion,  la Kalachnikov et la Bible, au nom de la  » défense de son peuple « .

A cette époque, selon Jeuneafrique.com, Laurent Nkunda vivait à Kabuga, colline culminant à 800 m d’altitude dans la banlieue est de Kigali. Dans une grande maison entourée d’arbres, quatre à cinq pièces, ni fauteuils ni canapés, mais des chaises en bois de fabrication locale. La résidence était gardée par une douzaine de militaires, dont deux officiers, tous en civil. Nkunda, l’unique prisonnier, n’avait le droit de communiquer avec personne, à l’exception de sa proche famille. Sans doute, aujourd’hui les choses ont beaucoup évolué.

A la faveur de négociations secrètes entre Kinshasa et Kigali en janvier 2009,  qui aboutissent à des actions militaires conjointes sous l’opération dénommée  » Umoja wetu  » ( » Notre unité « ) contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) installées au Nord- Kivu et au Sud-Kivu, avec en toile de fond,  la neutralisation de Laurent Nkunda aux ambitions politiques évidentes.

Appelé d’urgence par James Kabarebe, Laurent Nkunda arrive le 22 janvier à Gisenyi, en compagnie de quelques fidèles. Pendant plusieurs heures, le chef d’état-major de l’armée rwandaise essaye de convaincre son hôte de se retirer de la scène. Une pilule que Laurent Nkunda ne veut pas avaler. Les deux hommes se séparent dans une atmosphère tendue.

Le 23 janvier, l’ancien homme fort du CNDP va apprendre cette triste nouvelle de son arrestation de la bouche de sa femme, Elisabeth Maheshe Nkunda. Les événements se précipitent ensuite?: l’arrestation devient officielle et Nkunda, sans téléphone portable, est coupé du monde. Gardé au secret à Gisenyi, il ne sera transféré à Kabuga que le 26 mai.

Depuis ce temps, Kinshasa a tenté d’exiger l’extradition de ce pasteur-militaire, sans succès. Et, depuis, le nom de Laurent Nkundabatware a quasiment disparu de la mémoire de bien des Congolais. Pourquoi Kinshasa ne relancerait-il pas ce dossier à la faveur de l’arrestation et de la détention de Ladislas Ntaganzwa ? Il semble qu’il existe des accords entre la RDC et le Rwanda que Kinshasa pourrait exhiber pour obtenir l’extradition de l’ex-général dissident.

En mars 2009, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, avait certifié que Laurent Nkunda serait extradé conformément aux accords signés entre le Rwanda et la RDC :  » Dans tous les cas, jusqu’à preuve du contraire, Laurent Nkunda est Congolais. Il a même eu le grade le plus élevé dans l’armée congolaise. Il a été général d’armée. En tout état de cause, c’est au Congo, et au Congo seul qu’il revient de déterminer si Nkunda est coupable ou non… « 

[Kléber Kungu]


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