Congo-Brazzavile : Denis Sassou N’Guesso, MENTEUR

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image Denis SASSOU N'GUESSO

« Le président de la République doit demander pardon au peuple congolais ». Cette exigence a été faite au chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, par le Collectif des avocats de Marcel Ntsourou dont le procès est en cours au Tribunal de grande instance de Brazzaville. Ses avocats l’ont dit suite à l’attaque de sa résidence le 16 décembre 2013 où l’on avait fait croire au peuple congolais que c’était une opération de police, alors que le motif était ailleurs. Ils pensent alors que le président de la République avait menti à son peuple et doit lui demander pardon pour avoir commis un crime de masse.

« Le président de la République doit demander pardon au peuple congolais », a souligné maître Hervé Ambroise Malonga lors de son intervention à l’occasion de la conférence de presse que leur Collectif a organisée le 17 août à Brazzaville. En fait le régime Sassou avait lâché la thèse selon laquelle, il y aurait altercation entre les policiers et les éléments de l’ex-colonel Marcel Ntsourou, le 15 décembre 2013 au Plateau des 15 ans, dans l’arr. 4 Moungali.

Et que, le colonel Ntsourou entretenait une milice qu’il fallait démanteler. « Le lendemain, le procureur de la République prend des réquisitions pour des perquisitions sans dire le nom de la personne chez qui cela allait se passer, après qu’il ait été saisi par courrier par le directeur de la police judiciaire.

Ce sera alors le général de première classe, Antoine Jacques Bouity qui prendra un ordre opérationnel pour mener la perquisition », a rappelé l’orateur. Il a laissé entendre à la presse nationale et internationale qu’à ce procès de Marcel Ntsourou, il y a trois fous : Ondongo, Oniala et un autre ramené de Pointe-Noire.

« Nous ne venons pas plaider, c’est juste pour informer », a rappelé maître Yvon Eric Ibouanga. Il est revenu sur les circonstances dans lesquelles l’attaque de la résidence de leur client avait eu lieu, programmée et organisée par le régime Sassou.

« L’hélicoptère a survolé la résidence. Au troisième tour, il va lâcher sa charge avec des conséquences en biens, en matériels et en hommes. Il y a eu débandade. Des véhicules sont saccagés et s’en est suivi des tirs nourris en direct de la résidence, ce 16 décembre, à 9 heures. Ceux qui ont vécu les faits, ont dit que les voisins de Marcel Ntsourou avaient reçu des consignes de libérer la zone la veille. Nous pensons que c’est un crime de masse.

Parce que se trouvaient dans la parcelle à cet instant les parents, amis et connaissances de notre client, Marcel Ntsourou. Et contrairement à ce qu’on dit qu’il y aurait trois OPJ qui étaient chez notre client, tous ceux qui sont à la barre ont dit n’avoir vu personne. On ne sait pas donc d’où venait l’attaque », a expliqué maître Ibouanga.

Crime de masse

Maître Amedée Ganga : « cette thèse, c’était pour dire que Ntsourou formait et entrainait des miliciens. Et le lendemain, ils ont placé des engins pour justifier leur mensonge. Il pense qu’il n’y a pas eu de lien entre ce qui s’est passé le 15 et le 16 décembre 2013. Et le soir du 15, les parents de leur client étaient informés de la mort de ce dernier : une mère avait eu l’information selon laquelle son fils avait été tué.

Accompagnée de ses deux fils chez Marcel Ntsourou, pendant qu’ils ont fini de rendre visite à notre client, au sortir de la résidence et à quelques mètres de là, on va les interpeller par les unités qui étaient là. Les éléments de la Force publique vont dire à cette maman de rentrer chez elle et aux garçons de repartir dans la résidence. Tout ce qui s’est passé, c’est un crime de masse ».

Et d’ajouter que « la procédure n’arrive pas à démontrer qu’il y a eu des OPJ chez Ntsourou ; on fait passer notre client pour un criminel. Ce qu’il n’est pas ». Il a poursuivi ses propos en soulignant que « tout le monde est d’accord que l’arsenal militaire était mobilisé et ce n’était pas une opération de police. Parce qu’il y avait les Forces armées congolaises ».

Il a fini son intervention en soulignant que « si Ntsourou voulait faire une rébellion, il l’aurait fait. Parmi les 113 accusés, il y a 50 qui n’ont jamais été au domicile de Ntsourou et 40 visiteurs se trouvaient chez lui pendant l’attaque. Allez-y comprendre ». Il est donc établi, à en croire les avocats de Marcel Ntsourou, que ce n’était pas une opération de police.

Lors de son message devant le Parlement réuni en congrès, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, disait que « la démocratie de l’invective est finie. Pendant ce temps lui-même a donné la mort à 30 citoyens pendant que l’on pilonnait à la résidence. Qu’il ait le courage de demander pardon aux Congolais pour dire qu’il s’était trompé. Parce que c’est lui qui donnait les instructions.

Aussi, un mea culpa pour dire qu’il a cessé de tuer. On a utilisé l’arsenal de guerre parce que ne peut signer l’ordre opérationnel que le président de la République. Ce qu’il ferait c’est d’acquitter ces présumés coupables », a déclaré maître A. H. Malonga

Enfin, ils ont rappelé que Marcel Ntsourou a demandé à ses avocats de saisir la CPI. Ces derniers par contre invitent les parents qui ont perdu leurs enfants lors de l’attaque du 16 décembre 2013 à les rejoindre.

[Rock Bouka]


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