LRA : Okot ODEK capturé en Centrafrique

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La rébellion ougandaise l’Armée de résistance du seigneur (LRA) est de plus en plus fragilisée avec la reddition ou la capture de ses principaux commandants. Après la reddition de Dominic Ongwen il y a quelques mois, c’est au tour  de Okot Odek, un des principaux commandants de la LRA d’être capturé lundi 8 février courant en Centrafrique avant d’être remis aux forces américaines installées en Centrafrique pour la traque de cette rébellion sanguinaire.

La gendarmerie centrafricaine d’Obo a confirmé que, le rebelle capturé était bel et bien le commandant Okot Odek. Elle appuie cette confirmation sur la liste des chefs de la LRA recherchés et jugés dangereux qu’elle détient. C’est dans la ville d’Obo, située à l’extrême-est de la Centrafrique, que sont basés les militaires ougandais et américains qui traquent la LRA.

La capture d’Okot Odek présenté sous le nom de guerre de « commandant Sam » a été revendiquée par une faction de l’ex-rébellion de la Séléka, le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC).

Il semble que c’est lui-même ce rebelle et certains éléments qui se sont rendus qui ont révélé l’identité du commandant capturé.

Mais selon l’ONG américaine Invisible Children, créée pour lutter contre les exactions de la LRA, Odek pourrait s’être rendu plutôt que d’être capturé. Sur son site, l’ONG évoque l’hypothèse selon laquelle il aurait agi ainsi « car il avait peur que le chef de la LRA Joseph Kony ait donné des ordres pour le tuer. une pratique coutumière à Joseph Kony contre les commandants qui n’ont plus ses faveurs.

Citée par RFI, l’ONG a ajouté que des messages d’Odek appelant à se rendre les combattants de la LRA actifs en Centrafrique et en République démocratique du Congo (RDC) seraient prêts à être diffusés par des radios locales.

La capture d’Okot G. Odek intervient après une série d’attaques d’hommes de la LRA ces dernières semaines dans les régions de Zémio, Bakouma et Bangassou dans l’est et le nord-est de la Centrafrique. Ces incidents se sont soldés par la mort d’au moins une personne et l’enlèvement de plusieurs dizaines d’autres.

L’ex-Séléka avait déjà revendiqué en janvier 2015 l’arrestation de Dominic Ongwen, ancien chef de guerre ougandais de la LRA, qui a comparu le 21 janvier devant la Cour pénale internationale (CPI) pour répondre de 70 chefs d’accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Okot George Odek était l’un des proches de Kony, lui servant de garde du corps à l’occasion d’une rencontre avec des négociateurs, en présence de journalistes, dans l’une de ses bases en 2006. Il avait  environ huit ans lorsqu’il avait été enlevé et enrôlé de force  par la LRA dans le nord de l’Ouganda, dans le district de Gulu.

Il est ensuite devenu lieutenant-colonel au sein de la rébellion, à la tête d’unités d’une cinquantaine de combattants pour mener des attaques dans le nord-est de la RDC et qui ont souvent fait des allers-retours entre le parc national de la Garamba, en RDC et le Soudan du Sud voisin, toujours selon Invisible Children.. Sa capture pourrait, par conséquent, représenter pour la LRA une perte plus importante que celle de Dominic Ongwen.

Selon Ledio Cakaj, un chercheur et écrivain américain spécialiste de la LRA, Okot George Odek aura tantôt le grade de colonel, tantôt de lieutenant-colonel, dans une armée rebelle qui donne peu d’importance aux grades.  Il reste que Odek était, aux yeux de Kony, un fidèle parmi les fidèles.

Les Nations unies accusent la LRA menée par Joseph Kony d’avoir tué plus de 100.000 personnes et enlevé plus de 60.000 enfants d’abord dans le nord de l’Ouganda, puis au gré de son exil dans les pays voisins, notamment en RDC, en Centrafrique et au Soudan.

La LRA avait été créée en 1987 avec l’objectif de renverser le président ougandais Yoweri Museveni. Au fil des ans, elle s’est forgé une effroyable réputation avec ses exactions en Ouganda, dans le Soudan du Sud, dans le nord-est de la République démocratique du Congo puis en Centrafrique.

La LRA a profité de l’état de déliquescence des autorités centrafricaines dans les régions de l’est, soumises aux bandes armées bien avant la chute du président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la Séléka, pour pénétrer dans le pays.

Ces zones échappent en grande partie au contrôle des 10.000 Casques bleus présents dans les principales villes du pays.

Quoiqu’il en soit, la capture d’Okot Odek est un grand coup contre la rébellion de la LRA. De capture en capture ou de reddition en reddition, des hommes de la LRA, la fin de cette rébellion n’est pas loin et, par conséquent, celle de son chef, Joseph Kony, aussi. Combien de temps va-t-elle encore survivre à ces coups ?

[Kléber Kungu]


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