Présidentielle au Cameroun : Fraudes massives

Font size: Decrease font Enlarge font
image Election au Cameroun - Une Camerounaise vote pour l'élection présidentielle, le 9 octobre 2011 à Yaounde

Fraudes massives à l’élection présidentielle camerounaise du 9 octobre 2011. Des cas de votes multiples et de corruption des électeurs ont été enregistrés.

Les Camerounais ont répondu aux abonnés absents à l’élection présidentielle de dimanche. Un scrutin a priori entaché de nombreuses irrégularités ou de fraudes et même de violences dans les régions du Sud-Ouest et de l’Ouest.

Le taux d’abstention était la principale inconnue de l’élection présidentielle camerounaise du 9 octobre. Dimanche en mi-journée, les électeurs traînaient encore le pas, dans la plupart des bureaux de vote de la capitale économique Douala.

Dans le 4e arrondissement, à l’école publique de Bonabéri, au moins trois bureaux de vote étaient introuvables. « Le bureau n°1 par exemple n’existe que sur le papier. Nous avons constaté avec le responsable d’Elections Cameroon qu’il n’y a ni liste des inscrits, ni urne, ni responsables désigné pour ce bureau », a affirmé le responsable local du Social Democratic Front (SDF), représentant le candidat John Fru Ndi. Pourtant, un espace avait été spécialement aménagé à ce point de vote pour les personnes handicapées. Il est resté désespérément vide durant toute la journée.

Sur le plateau Joss, les bureaux du centre administratif de Bonanjo ont quant à eux ouvert avec un retard de trente minutes. Et autour de 10 heures, aucune des urnes transparentes n’y avait enregistré plus de dix bulletins. Dans la cour du lycée réquisitionné pour la circonstance, il y avait plus d’éléments des forces de sécurité et de personnel administratif que d’électeurs en attente. Il est vrai que la pluie qui s’est abattue sur Douala dans la matinée a contribué à démotiver de nombreux votants potentiels.

Situation calamiteuse

Dimanche soir, plusieurs candidats n’ont pas attendu le début du dépouillement pour faire le point d’une situation calamiteuse. « Des cas de votes multiples et de corruption des électeurs ont été enregistrés. De nombreux citoyens inscrits errant de centre de vote en centre de vote pour essayer de trouver leurs cartes d’électeurs. Des représentants des partis politiques dont ceux du Manidem (…) n’ont pas pu avoir accès à des bureaux de vote dans plusieurs localités. Ceux qui y ont été admis ont été exclus au moment du dépouillement », a déploré le Manidem, parti du candidat Anicet Ekanè.

Enfin, au Sud-Ouest, des gendarmes qui allaient participer aux opérations de sécurisation du scrutin ont été attaqués dans la localité d’Isanguele, dans la péninsule de Bakassi. L’attaque a fait deux morts et deux disparus parmi les forces camerounaises. À l’Ouest, Virginie Takoguem, mandataire du SDF, a été battue à mort par des responsables locaux du RDPC au pouvoir, alors qu’elle protestait contre des fraudes à l’École publique de Keng-Bandjoun.

Virginie Takoguem, mandataire du SDF dans un bureau de vote assassinée

Une responsable locale du parti camerounais Social democratic front (SDF, principal parti d'opposition) a été tuée dimanche soir "à la fin des opérations électorales" de l'élection présidentielle à Bandjoun (ouest Cameroun), a indiqué le SDF dans un communiqué à l'AFP.

L'AFP n'a pu avoir de confirmation officielle dans l'immédiat.

Selon le communiqué du SDF, dont le leader est John Fru Ndi, principal adversaire du président Paul Biya qui brigue un sixième mandat, Virginie Takoguem, "mandataire du SDF dans un bureau de vote (de Bandjoun) vient d'être assassinée par les responsables locaux du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti de M. Biya) à la fin des opérations électorales".

"Son seul crime est d'avoir voulu protéger la sincérité du vote qui donnait le SDF vainqueur à l'école publique de Keng. Tout en s'indignant de la passivité et la complicité des éléments de forces de l'ordre présents durant les échauffourées, le SDF condamne avec la dernière énergie ce crime crapuleux et exige que lumière soit totalement faite sur cette forfaiture inadmissible et intolérable commise à la fin des opérations électorales", conclut le texte.

Ce décès survient alors que deux gendarmes "en mission de sécurisation des opérations de vote" ont été tués dimanche dans la péninsule de Bakassi (sud-ouest), zone instable limitrophe du Nigeria et théâtre de nombreux assauts et enlèvement.

Les deux gendarmes ont été tués "par des individus armés non encore identifiés", selon le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation Marafa Hamidou Yaya.

Quelque 7 des 20 millions de Camerounais étaient appelés à voter dimanche lors d'un scrutin qui semble promis à M. Biya au pouvoir depuis 1982.

Les résultats ne devraient toutefois pas être connus avant plusieurs jours, seule la Cour suprême ayant le droit de les proclamer. Elle doit le faire dans un délai maximum de 15 jours.

Selon des observateurs internationaux et des journalistes, la participation aurait été faible.

[Avec Afp]


Cet article a été lu 7189 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0