Le Burundi au bord d'une violence dévastatrice malgré une parodie d'élections

Font size: Decrease font Enlarge font
image Pierre NKURUNZIZA

Au lendemain du boycottage des pourparlers entre le gouvernement burundais et l'opposition, la situation ne prête plus à l'optimisme car beaucoup d'inquiétudes viennent surgir quant à l'avenir de ce petit pays de la région des Grands Lacs. Au moment où le médiateur ougandais, le ministre de la Défense Mr Crispus Kiyonga devrait ouvrir la quatrième journée de négociations ce dimanche 19 juillet à 9 heures, le camp présidentiel a préféré jouer aux abonnés absents malgré les appels téléphoniques du médiateur qui s'est résolu à reporter sine die les négociations. L'impasse totale paraissait en amont de ces négociations  face à un chef de l'Etat qui devenait de plus en plus sourd face à la pression de la communauté internationale et  voulait enterrer les accords d'Arusha et face à une détermination de la société civile relayée par une opposition qui se restructurait davantage en un Conseil national pour la restauration de l'Accord d' Arusha et de l'Etat de droit au Burundi.Aujourd'hui le Burundi glisse inexorablement vers le chaos et l'euthanasie politique de Pierre Nkurunziza dans sa détermination d'organiser des élections controversées semble être consumée.

Que faut il attendre d'un président qui est un voyou voire même un faux pasteur comme il y en a beaucoup en Afrique ? Seul le décor d'une parodie d'élections présidentielles est planté et le chef de l'Etat est devenu le clown roi du stand up qui  déverse sa supercherie dans des promesses lors des meetings au point de susciter seulement l'admiration de ses partisans et de la population appartenant à son terroir .  C'est du cirque .La peur de coup d'Etat et celle du vide constitutionnel font que Mr Pierre Nkurunziza recherche par tous les moyens une fausse légitimité des  urnes qui l'emportera puisque ces élections n'auraient ni à garantir la stabilité du régime ni à apporter la paix chère au pays qui a déversé de milliers des réfugiés dans les pays voisins. D'ailleurs au même jour des négociations,le jeudi 16 juillet, le gouvernement avait publié un communiqué appelant les burundais à  voter le 21 juillet pour élire leur président de la République.  Le  ministre de l'Intérieur a justifié l'organisation des élections  conformément à la Loi fondamentale burundaise stipulant que la présidence doit être organisée un mois au moins et deux au plus avant l'expiration du mandat du président de la République.

Les  burundais doivent s'assumer davantage pour faire dégager un dictateur qui s'arc-boute  sur son fauteuil .  Si les burkinabé avaient attendu l'apport de la communauté internationale, Blaise Compaoré serait encore au pouvoir , mais les burkinabé ont pris leur responsabilité pour le chasser . On a souvent l'impression d'ailleurs que le destin des peuples soit un jeu des grandes puissances qui manipulent leurs pions, mais aujourd'hui  la situation change  de plus en plus avec l'apport des médias et des réseaux sociaux et  surtout de la détermination des jeunes africains de s'assumer sans oublier les relais que joue la société civile. La communauté internationale doit aussi comprendre qu' à force de brandir des textes contre l'insurrection populaire ou l'alternance politique par la force ,elle perd sa crédibilité parce que dans le contexte des régimes dictatoriaux seul le rapport de force compte , sinon on peut rétorquer cette maxime à ceux qui veulent voir toujours les africains assujettis par des voyous ou autres bandits  politiques : "  si vous ne pouvez résoudre les problèmes des peuples, ayez la décence de ne pas vous y mêler ".

Par  la volonté d'un président sortant de rechercher une légitimité factice , le Burundi risque de bien s'embraser dans les jours qui viennent . Au delà de la posture de Pierre Nkurunziza de gagner du temps pour aborder certains points  de l'ordre du jour après les élections afin de les rendre obsolètes, le chef de l'Etat sortant doit se rendre compte que le dialogue qu'il souhaite poursuivre après ces dernières échéances pourra le contraindre de négocier en ayant le couteau sous la gorge , la politique n'est pas une science exacte comme les mathématiques . En Afrique il y a beaucoup d'avatars  qui influent davantage dans des changements des régimes politiques. Des exemples sont légion et les vrais démocrates restent à l'écoute de l'histoire  des bouleversements sociaux. Le train d'alternance politique est en marche et demeure irréversible.

[Professeur Florent Kaniki]


Cet article a été lu 2321 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0