Violences au Burundi : Le HCR confirme l’arrivée de 477 demandeurs d’asile au Katanga

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Une centaine de refugiés burundais sont arrivés dans la province du Katanga, où ils sont allés chercher asile pour se protéger contre des troubles politiques qui secouent actuellement leur pays, avec leur lot de violences.

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) confirme effectivement l’arrivée de  477 demandeurs d’asile burundais au Katanga, précisément dans la ville de Lubumbashi et dans le territoire de Kalemie, où ils sont répertoriés dans les sites de déplacés de Lambo Katenga, Lukoko et Muzinga qui comptent déjà plus de 3 000 personnes déplacées en provenance du Sud-Kivu.

Comme dans la plupart de cas, ces arrivées ne se passent pas toujours malheureusement sans la moindre difficulté.  Les autorités locales déplorent déjà les mauvaises conditions dans lesquelles vivent ces  personnes.

Ces ressortissants burundais, rapporte le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), ont urgemment besoin de bâches, nourriture, ustensiles de ménages et de soins médicaux.

Pour prendre la juste mesure de cette situation, une mission d’évaluation humanitaire séjourne actuellement dans la zone. Depuis le mois d’avril dernier, révèle-t-on,  plus de 10 700 demandeurs d’asile burundais se sont réfugiés en République démocratique du Congo, principalement dans la province du Sud-Kivu, fuyant l’insécurité dans leur pays.

C’est au mois d’avril dernier qu’il y a eu déferlement d’une vague importante des refugiés burundais qui ont franchi la frontière congolaise, au plus fort  de manifestations violentes liées à la tenue des élections annoncées dans ce pays voisin, pour préserver leur vie.

La première vague de ces demandeurs d’asile burundais était arrivée dans les territoires de Fizi et d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Ils étaient accueillis notamment dans les localités de  Luvungi, Kamanyola et Uvira centre (dans le territoire d’Uvira). Les plus vulnérables étaient installés par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans les centres de transit et de regroupement de la localité de Kavimvira, Sange (dans le territoire d’Uvira) et Mongemonge (dans le territoire de Fizi) où ils ont bénéficié de l’assistance nécessaire notamment en vivres.

Par ailleurs, à Mitwaba, annonce OCHA, plus 74 000 personnes déplacées dans une vingtaine de villages de ce territoire ont regagné leurs lieux de résidence  d’origine depuis le début de l’année 2014.

Des retournés de Mitwaba ont besoin d’assistance

Ces personnes retournées ont grandement besoin de l’assistance pour se réintégrer, indique une mission intersectorielle qui a visité du 18 au 26 juin dernier 16 villages sur les 134 que compte le territoire de Mitwaba.

Selon des sources humanitaires, ce chiffre représente 70 % des personnes qui avaient fui les exactions des Maï-Maï Bakata Katanga entre 2012 et 2014. L’accalmie observée depuis juillet 2014, à la suite des offensives des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre ce groupe armé a, en grande partie, encouragé ce retour progressif des déplacés.

L’évaluation ainsi faite laisse entrevoir que ces mouvements de retour pourraient s’accroitre entre les mois juillet et aout prochain, période de vacances scolaires, car la plupart des parents déplacés retournent dans leur village pour cultiver.

Par contre, d’autres parents déplacés ont préféré rester dans leur zone de déplacement pour permettre à leurs enfants d’étudier, car la majorité des écoles dans les villages de retour n’ont pas fonctionné pendant plusieurs années, à cause de l’insécurité.

C’est dans ce contexte que les autorités scolaires de Mitwaba ont demandé aux responsables de ces établissements d’enseignement de les rouvrir à la prochaine rentrée scolaire, en septembre. Tout en espérant encourager le retour d’un grand nombre des foyers déplacés dans leurs villages respectifs, surtout, permettre aux petits enfants de renouer avec l’école.

Dans l’entre-temps, sur l’axe Mitwaba-Mwema, indique-t-on, plus ou moins  5 500 personnes retournées passent la nuit dehors car leurs maisons ont été incendiées lors des affrontements survenus entre 2012 et 2014. A Mwema, particulièrement, il n’existe pas d’école, ni de centre de santé.

Sur place, constate-t-on, les personnes retournées manquent de nourriture et n’ont pas de semences et d’outils aratoires. Elles sont obligées d’aller travailler dans les champs des villages avoisinants, à une distance d’environ 15 kilomètres, pour gagner quelques cossettes de manioc et nourrir leur famille.

De même, ajoutent nos sources, les puits et sources d’eau ne sont pas propres à la consommation. Dans presque tous les villages de retour visités sur cet axe, le besoin d’une prise en charge nutritionnelle se pose. L’autre constat fait, de nombreux enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et allaitantes sont menacés par la malnutrition.

Sur l’axe Mitwaba-Mufunga, la situation humanitaire n’est guerre reluisante, où plus de 1 500 déplacés de juin dernier, en provenance de la localité de  Kasungami, est jugée préoccupante. La majorité de ces personnes vivent dans des familles d’accueil, récemment retournées et vulnérables. Ce qui fragilise davantage la résilience de ces communautés.

Une dizaine d’organisations humanitaires à l’oeuvre

Pour se rendre compte de cette situation somme précaire, la localité de Mufunga, par exemple, ne dispose que d’un seul puits d’eau pour plus de 25 000 habitants. Au premier trimestre 2015, cette localité avait enregistré près de 200 cas de choléra. C’est pratiquement la même situation sur l’axe Mufunga-Kiubo, où les difficultés d’accès à l’eau potable constituent la principale cause de choléra dans la Zone de santé de Mufunga Sampwe.

Enfin, des chiffres en notre possession, renseignent que plus ou moins 121 800 personnes sont retournées dans le territoire de Mitwaba. Pour prendre en charge ces personnes, une d’une dizaine d’organisations humanitaires y mènent quelques activités dans les domaines de la nutrition, de la sécurité alimentaire, de la protection et d’abris.

Cependant, prévient-t-on, les activités en cours sont loin de couvrir tous les besoins des ménages vulnérables, dont les retournés et déplacés. Le manque de financement constitue un handicap majeur pour leur apporter une assistance conséquente prioritaire en sécurité alimentaire, abri, ainsi qu’en eau, hygiène et assainissement.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


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