Instabilité politique au burundi : Plus de 9000 réfugiés burundais enregistrés en RDC

Font size: Decrease font Enlarge font
image réfugiés - Réfugiés Centrafricains en RDC

Les tensions politiques qui prévalent actuellement au Burundi, sont fortement ressenties en République démocratique du Congo, où on assiste pratiquement chaque jour à une vague d’arrivée des réfugiés burundais dans la province du Sud-Kivu.

Il y a deux jours,  soit à la date du 20 mai courant, 9 392 demandeurs d’asile burundais étaient déjà arrivés dans les territoires de Fizi et Uvira, fuyant les tensions politiques liées aux élections présidentielles de juin prochain. A cause justement des manifestations populations qui se succèdent contre un troisième mandat de l’actuel président burundais Pierre Nkurunziza à la magistrature suprême, dans la capitale burundaise, Bujumbura et d’autres grandes villes du pays, la date des élections législatives et communales initialement prévues au 26 mai courant, a été reportée au 5 juin prochain. Alors que la date des présidentielles est repoussée au 26 juin prochain.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), 2 347 réfugiés ont été enregistrés bio-métriquement dans le territoire d’Uvira et le processus se poursuit. Les principales localités d’accueil sont Luvungi, Kamanyola et Uvira centre dans le territoire d’Uvira avec 52 % de demandeurs d’asiles.

Pour leur prise en charge, indique-t-on, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a installé 916 réfugiés les plus vulnérables dans les centres de transit et de regroupement de Kavimvira, Sange (dans le territoire d’Uvira) et Mongemonge (dans le territoire de Fizi) où ils reçoivent l’assistance nécessaire notamment en vivres.

Dans le même objectif, une délégation gouvernementale a visité le 13 mai courant la localité de Lusenda au Nord de Fizi et donné son accord de principe pour qu’elle accueille l’ensemble de réfugiés burundais. En plus de l’assistance apportée depuis deux semaines de la part des agences des Nations Unies et différentes structures humanitaires, le Programme alimentaire mondial a mis à disposition du HCR 42 tonnes de vivres pour près de 7 000 demandeurs d’asile hébergés dans des familles d’accueil dans les localités de Lubarika, Luberizi et Sange.

Une mission d’évaluation  multisectorielle dans les localités d’accueil

En effet, les opérations de distribution de vivres ont  débuté le 16 mai courant et permettront aux demandeurs d’asile de se nourrir pendant une semaine. Dans l’entre-temps, on constate que  les vulnérabilités au sein des familles d’accueil ne cessent de s’accentuer à cause de la présence des demandeurs d’asile burundais.

Ainsi, pour pallier à cette situation, dans le cadre du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP), International Rescue Committee (IRC) et  AVSI conduisent depuis le 18 mai courant pour une semaine, une mission d’évaluation multisectorielle dans les localités d’accueil des demandeurs d’asile dont plus de 90 % sont dans des familles d’accueil.

Bien avant la descente de cette mission sur le terrain, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a pu réunir la communauté humanitaire pour dégager les capacités opérationnelles des différents partenaires.

Justement en réponse à cette problématique, 1103 ménages retournés dans la région Nord de Shabunda ont reçu du 18 au 21 mai courant, des articles ménagers essentiels de la part de l’AVSI dans le cadre du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP).

Contraints de se déplacer plusieurs fois contre leur gré dans la période comprise entre 2013 et 2014 à cause des affrontements impliquant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des miliciens Rahiya Mutomboki, ces ménages ont commencé à retourner en vagues dans les localités de Bubala, Byangama et Lulingu suite à l’accalmie observée  et aux conditions de vie difficiles dans les milieux de déplacement.

Parfois livrés à eux-mêmes et exposés à l’insécurité permanente, ils affirment que lors de leurs multiples déplacements, leurs articles ménagers essentiels étaient soit pillés soit perdus. Cette assistance combien indispensable ces personnes déplacées internes, souligne-t-on,  intervient une semaine plus tard que prévu, suite à l’insécurité résultant des affrontements récurrents entre les forces gouvernementales et des éléments Rahiya Mutomboki.

D’ailleurs ce climat d’insécurité a obligé la Direction générale d’aide humanitaire et de la protection des civils de la Commission européenne (ECHO) à suspendre leur programme de vols humanitaires gratuits (ECHO Flight) dans la région.

Malheureusement, il n’y a jusque là aucun changement notable, la sécurité demeure volatile provoquant ainsi de multiples déplacements de courte durée accompagnés d’exactions de la part des parties au conflit, notamment des pillages d’articles ménagers essentiels et autres biens de valeur.

L’environnement sécuritaire de la province sous contre des FARDC

En ce qui concerne l’environnement sécuritaire global dans la province du Sud-Kivu, rapporte-t-on, il est dominé par la poursuite des opérations militaires menées avec détermination par des troupes FARDC contre les éléments appartenant aux différents groupes armés encore actifs dans cette province. Malgré certains incidents enregistrés ça et là, d’une manière générale, les forces gouvernementales  maintiennent  sous leur contrôle l’environnement sécuritaire.

[Dovin Ntelolo Diasonga]


Cet article a été lu 2543 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0