FDLR : Terrorists or freedom fighters ?

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Le pouvoir sud-africain, par le biais d’"Africa 360", une émission animée par la journaliste noire sud-africaine Wandu- Liée, pose, et ce en des termes bien précis, la question de Hutu du Rwanda, à savoir les FDLR, et en anglais : « FDLR : terrorists or freedom fighters ? ». Les Hutu regroupés dans le mouvement politique FDLR devraient-ils être considérés comme des « terroristes », selon la version du sieur Paul Kagamé, ou plutôt comme « combattants de la liberté », ce d’après les déclarations (dans la vidéo) de leur porte-parole à partir de l’Est de la RD-Congo ? 

J’aurais bien aimé être dans le secret des dieux pour en savoir un peu plus sur le pourquoi ou le véritable sens à attribuer à ce questionnement d’un pays qui a vu ou assisté aux assassinats par le Rwanda des opposants rwandais de Paul Kagamé sur son territoire. Et la problématique Hutu tombe à pic à l’heure où se maintenir au pouvoir à Kigali et à Kinshasa fait travailler des laboratoires. Paul Kagamé ne cesse de vendre, et avec le concours non voilé de ses « maîtres », sa version du rejet et de l’exclusion de ses « propres «frères et sœurs» Hutu, dont sa propagande présente tantôt comme des « terroristes", tantôt comme des « criminels ». Et ce discours alambiqué est repris par son représentant et ambassadeur en Afrique du Sud que Kigali souhaite le retour de « ses enfants » mais jamais ne voudrait avoir affaire aux « terroristes ». Quel vilain jeu de mots qui laisse croire que le fait d’être reconnu comme « terroriste » supprimerait, et à jamais, le lien de sang, de fraternité ou familial que la nature a établi entre deux ou plusieurs personnes issues d’une même réalité consanguine. Paul Kagamé ne saura jamais nier le fait que les Hutu sont ses propres frères rwandais, malgré qu’il les accuse de tous les péchés du monde. 

C’est de cela que démontre la souffrance d’une mère, en l’occurrence la maman du français Zacarias Moussaoui, dont le fils a été accusé de terrorisme lors des attentats du 11 septembre et est jugé aux USA. Elle s’y précipite pour apporter son assistance, ce par sa présence, à son enfant, a sa progéniture, à son fils, sans le renier toutefois. Mon fils est « terroriste », mais il est mon fils dit la maman à tout le monde. Mais c’est quoi cette histoire de Paula Kagamé qui rejette ses frères et sœurs, qui nie le lien consanguin parce que lui-même les a décrétés comme « terroristes ». L’attitude de la maman de Moussaoui bat en brèche la prétexte échappatoire auquel recourent les autorités rwandaises, qui sont soutenues par la presse occidentale dans sa démarche isolatrice. Le malheur de Hutu de FDLR consiste dans leur revendication d’ un dialogue national au Rwanda et entre des sujets rwandais pour arriver au bout d’un conflit qui perdure pace qu’utile aux pyromanes colonialistes pour qui diviser pour mieux régner reste la loi de talion. C’est de bonne guerre, diront certains. J’y crois-moi aussi, sauf que cela ne voudrait pas dire que les autres devraient regarder faire les choses. Les Hutu et les Tutsi partagent en commun une même culture, une même croyance et parlent une même langue. Nous parlons du Rwanda parce que Paul Kagamé a juré de son vivant de régner sur la RD-Congo et d’en dire un mot chaque fois que sa situation l’exigera. 

De ce qui précède, des Congolais apprennent de l’ambassadeur de « Joseph Kabila » en Afrique du Sud que les Hutu ont fait des enfants avec les nôtres, qu’ils vivent parmi nos populations. Et c’est ce qui, d’après cette version, rendrait ou compliquerait leur traque. Mais je trouve que la question de la présence Hutu sur le sol congolais pourrit l’insécurité en RD-Congo. Elle entretient et fait courir une menace permanente sur l’intégrité territoriale de la patrie chère à Lumumba. Le différend Hutu –Tutsi est un prétexte du type colonial dont le but inavoué est la déstabilisation de la RD-Congo, un territoire abandonné aux requins afin de faciliter leur mouvement et d’atteindre leur objectif. Personne, ni Paul Kagamé qui est au pouvoir au Rwanda depuis plus de 17 ans aujourd’hui, ni sa « communauté internationale » qui le soutient, ni la Monusco avec drones et plus de 20 000 soldats, ni « Joseph Kabila » au pouvoir au Congo depuis plus de 17 ans également, n’a jamais cherché à définitivement trouver une solution. 

Le temps est venu pour que les Hutu apprennent ouvertement à se prononcer , à faire un choix entre le camp du peuple congolais, qui les a toujours hébergés, et celui représenté par le duo Paul Kagamé et « Joseph Kabila », ce dernier que le président Sassou Nguesso cité par Pierre Péan dans « Carnages, Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique », considère, et ce à juste titre comme que le « cheval de Troie de Paul Kagamé en RDC». 

Alors comme personne ne se montre désireuse de stopper les tueries et les crimes qui se perpétuent impunément sur le sol congolais, ni l’élite anglo-saxonne à l’origine et à la base de ce qui apparait comme le « conflit » Tutsi- Hutu, et de toutes ses conséquences en RD-Congo, le peuple congolais qui déjà s’assume sur la question, je veux dire à travers l’informel, s’invite désormais dans le jeu qui lui est imposé et en ce moment crucial où son devenir comme peuple et comme nation est engagé. 

Il sied de rappeler ici que la présence de Hutu sur le sol congolais a déjà fait chuter le dernier gouvernement de Kengo sous Mobutu. De retour d’Addis-Abeba, notre ainé et ami Gérard Kamanda wa Kamanda, alors ministre des Affaires étrangères, un ancien collègue rencontré à l’Union Sacrée, et particulièrement au STOP, il revenait fraichement du sommet de l’Union Africaine d’Addis-Abeba, était surpris de suivre en direct à la télévision nationale , à la RTNC, comment la bande instrumentalisée du feu Bogombe Bowulu l’insultait au HCR- parlement de transition, ce pour avoir soutenu et réclamé, d’après ses propres dires, le renvoi de Hutu au Rwanda quand le feu Maréchal Mobutu et ses conseillers défendaient et ont obtenu leur maintien sur le territoire congolais dans le but uniquement de plaire à la Belgique et à l’Occident pour qui le retour de Hutu au Rwanda constituait une menace pour leur nouveau protégé Paul Kagamé. Et Mobutu le faisait juste pour rentrer dans les bonnes grâces de l’Occident qui, à l’époque, l’avait mis à l’écart. … L’Aigle de Kawele… Mais qui dit vrai sur cette question suivant les différentes versions en circulation dans l’opinion. 

Je voudrais savoir exactement c’est quoi cette histoire, celle qui se trame dans le Kivu, et ce en dehors du coltan, de l’or…. C’est quoi on cache en distribuant des prix à tout le monde ? Mais qui peut avoir le courage de dire aux Congolais de la RD-Congo ce qui se passe en réalité au Kivu ? Et pourquoi les nôtres de la région en parlent à peine et souvent en parabole? C’est quoi cette histoire de Hutu et de Tutsi en RD-Congo et à l’Est ? Juste un fonds de commerce ? Alors au nom de quoi devraient mourir des Congolais ? 

Une fois je l’ai dit que Paul Kagamé au Rwanda et Joseph Kabila en RD-Congo n’avaient nullement besoin de modifier ce qui est appelé dans ces deux pays la « constitution » afin de rester au pouvoir du moment que l’origine de ceux deux pouvoirs relève de l’anti- constitutionnalité, car issus d’assassinats et de coup-d ‘Etats qui furent commandités et autorisés par une volonté supérieure et extérieure. Paul Kagamé et Joseph Kabila ont plus besoin d’une guerre, d’un chaos et d’instabilité comme source de légitimité de pouvoir. Et non d’élections, non plus de démocratie. Et le système suscite de faux- débats particulièrement sur les élections et son processus pour éviter que des questions importantes comme celles qui touchent à la vente et aux achats de nos terres par des compagnies multinationales ne soient abordées , soient cachées au public , à l’opinion nationale quand une bonne partie de notre population se trouve menacée de spoliation de terre. Des Congolais seront bientôt chassés de leur terre. 

C’est dans ce cadre qu’intervient la problématique de la présence des Hutu sur le sol congolais. Vont- ils enfin, et libres à eux, les Hutu décevoir le peuple du Congo qui attend d’eux une clarification de leur positionnement, à savoir dans quel camp ils évoluent. Il y a un choix à faire entre le peuple congolais et le camp de Paul Kagamé et de son acolyte Joseph Kabila? Le jeu est ouvert.

Et je m’interdis de penser qu’il n’y aurait que les autres qui puissent se montrer capables d’inventer de jeu et de s’y prêter, de le jouer et à leurs conditions, alors que nous autres ne seront -là que pour juste observer et constater ce qui arrive à la RD-Congo et à nous comme peuples. Vite que l’on sortira de la logique de Karl Rover, cet ancien conseiller en sécurité pour le président George W. Bush, qui affirmait en 1994 que, « Nous sommes un empire, maintenant, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité, judicieusement, comme vous le souhaitez, nous agissons à nouveau et nous créons d’autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier également, et c’est ainsi que les choses se passent. Nous sommes les acteurs de l’histoire (…). Et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudier ce que nous faisons », vite le monde saura que le peuple du Congo est fin prêt à assumer son histoire. 

Jouons dans la cour des « Grands », et avec eux, sur leur propre terrain glissant et qui le sera pour tout le monde. 

Une autre façon d’envisager l’avenir….

Likambo ya mabele, likambo ya makila

[Mufoncol Tshiyoyo]


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