Insécurités : RDC, mouton noir de l’Afrique centrale

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image M23 - Kisoro, Ouganda

Lors du mini-sommet de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs(CIRGL), qui s’est tenu le jeudi 17 août dans la capitale angolaise, les dirigeants africains présents ont invité le Congo-Kinshasa qui passe pour le "mouton noir" de l’Afrique centrale à «accélérer la mise en œuvre des décisions des chefs d’Etat sur l’éradication des forces négatives». Lors de son message à la nation le 29 juin dernier, «Joseph Kabila» a prétendu que la situation aux quatre coins du pays était sous contrôle de l’armée nationale. Des faits récents démontrent le contraire. De deux choses l’une, ou «Joseph Kabila» fait preuve d’une mauvaise foi caractérisée ou il est tout simplement «mal informé» et partant, déconnecté des réalités sur le terrain.

«J’annonce solennellement à la Nation congolaise que nos forces armées ont le contrôle absolu de l’ensemble du territoire national», a annoncé «Joseph Kabila» dans son allocution du 29 juin dernier à l’occasion de la commémoration du 54è anniversaire de la proclamation de l’indépendance. «Comme vous le savez, ajoutait-il, depuis une vingtaine d’années, l’Est de notre pays a été le théâtre d’agressions, de guerres, de mouvements armés et de rebellions. Grâce à la montée en puissance de nos Forces Armées et de Sécurité, nous y avons mis fin». Dans les chancelleries occidentales, on n’a pas manqué de pousser des éclats de rire. En fait, l’embellie claironnée n’existe que dans la tête de ce président qui considère l’exercice du pouvoir d’Etat comme un simple jeu. 

Cette annonce empreinte de fanfaronnade n’a pas résisté à l’épreuve des faits. Les populations vivant dans la partie orientale du pays sont loin de bénéficier des conditions minimales de sécurité tant pour leurs personnes que pour leurs biens. Les provinces du Kivu, la Province Orientale et la partie boréale du Katanga sont malades de l’échec du pouvoir en matière sécuritaire.

Le refus des combattants des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) à quitter le Kivu pour être installés à Kisangani (Province Orientale) et à Irebu (Equateur) en est l’exemple le plus parlant de l’irresposabilité ambiante.

Dans les deux Kivu, des sources onusiennes sont formelles : les combattants des FDLR continuent à semer la terreur. Ils vont jusqu’à imposer des «travaux forcés» aux natifs de certaines localités. Ils n’hésitent pas à exercer des contraintes physiques. Où sont passés les pouvoirs publics dont la mission consiste à assurer la sécurité de la population?

Selon l’hôpital Heal Africa, basé à Goma, chef-lieu du Nord Kivu, pas moins de 3.000 cas de « violences sexuelles » ont été enregistrés au cours du premier semestre de l’année en cours dans les deux provinces du Kivu. Les auteurs présumés de ces crimes et délits ne sont autres que les combattants des groupes armés non autrement identifiés. 

La preuve est ainsi faite que près de deux années après la signature de l’Accord-cadre d’Addis Abeba, le Congo démocratique parait incapable de restaurer l’autorité de l’Etat dans les territoires jadis occupés par les rebelles de M23.

Le chef de la Mission onusienne a annoncé mi-août l’assassinat de six membres d’une même famille dans la localité de Mutarule" au Sud Kivu, à la frontière du Burundi. Le plus surprenant de l’histoire est que les responsables onusiens paraissent plus préoccupés par le maintien de l’ordre public au Congo que toutes ces «excellences» qui passent le temps à parader au lieu de veiller sur l’intérêt général. 

Au Nord Kivu, les miliciens Maï Maï Cheka continuent à semer la terreur. C’est le cas notamment dans la localité de Kabombo. Il est question des miliciens d’un autre groupuscule dénommé "Nduma defense of Congo". Ceux-ci opèrent à Lubero. Il est vrai que les FARDC ont été engagés des attaques dans ces entités. Début août, le commandant du 84è secteur des FARDC à Walikale a indiqué que "les opérations militaires contre Cheka se poursuivent jusqu’au démantèlement de ce groupe armé". Un démenti cinglant à l’autosatisfaction affichée par "Joseph Kabila".

Au Nord Katanga, on assiste depuis quatre mois à un étrange conflit sanglant entre les « Bantous » et les Pygmées. Comme pour avouer l’impuissance du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, le PPRD Richard Muyej, s’est contenté, le samedi 16 août, de proférer des menaces d’arrestation à l’encontre des protagonistes. Et pourtant, il y a eu mort d’hommes. Que fait un membre de l’Exécutif national dans une affaire qui est du ressort des autorités judiciaires ? Qui sont les commanditaires ? Quel en est le mobile? Des questions auxquelles devrait répondre une enquête impartiale. Mal préparé, à l’instar d’autres membres du gouvernement, à assumer des hautes resposabilités, Muyej est convaincu qu’il suffit de brandir la matraque pour que l’ordre public revienne.

Dans la Province Orientale, l’armée ougandaise a annoncé mercredi 13 août avoir libéré 45 femmes et enfants des mains de LRA (Lord resistance army) dans la zone forestière de Digba, dans cette Région. L’échec sécuritaire pour le pouvoir kabiliste est plus que patent.

B.A.W


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