Afrique : La région des Grands Lacs reste une poudrière

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image FDLR - Les rebelles hutu rwandais a l'Est de la RDC

Pour la énième fois, un groupe d’experts de l’ONU vient de publier un rapport sur la situation sécuritaire en République démocratique du Congo ainsi que dans la région des Grands Lacs. Ce rapport précise qu’effectivement, les FDLR, la LRA, les FNL (Forces nationales de libération d Burundi) demeurent actives dans la région. Plus particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo. Mais qu’à côté de ces forces rebelles étrangères, les experts de l’ONU mandatés par le Conseil de sécurité, signalent également la présence active des groupes armés congolais. Il s’agit des Maï-Maï Yakutumba, PARECO La Fontaine, Les Forces républicaines fédéralistes, FRF.

La région des Grands Lacs reste une poudrière. Le dernier rapport des experts de l’ONU vient de le prouver une fois de plus. Non pas que ces experts soulignent seulement la présence active des groupes armés qui se livrent aux pillages des minerais dans la région pour financer leurs économies de guerre, ils viennent de constater que ces forces négatives sont en train de conclure des alliances militaires. Pas uniquement entre elles, mais également avec des armées régulières des pays de la région.

Pour la énième fois, un groupe d’experts de l’ONU vient de publier un rapport sur la situation sécuritaire en République démocratique du Congo ainsi que dans la région des Grands Lacs. Cette mission effectuée dernièrement a toujours pour but de dégager des voies de sortie pour une paix durable dans la région et permettre aux pays concernés d’affronter les défis de développement dans des conditions optimales. Evidemment, saisir cette opportunité pour identifier les causes de cette situation d’insécurité qui favorise l’instabilité en vue de proposer des solutions adéquates.

Le groupe s’est alors attardé sur l’existence effective de ces groupes armés tant étrangers que nationaux, apprécié leurs capacités de nuisance, examiné la problématique des ressources naturelles et leur exploitation illégale, évalué la part de responsabilité des gouvernements de la région et les efforts consentis pour neutraliser ces groupes armés tout en démantelant les réseaux clandestins de commerce illicite des minerais.

Ce rapport précise qu’effectivement, les FDLR, la LRA, les FNL (Forces nationales de libération d Burundi) demeurent actives dans la région. Plus particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo. Mais qu’à côté de ces forces rebelles étrangères, les experts de l’ONU mandatés par le Conseil de sécurité, signalent également la présence active des groupes armés congolais. Il s’agit des Maï-Maï Yakutumba, PARECO La Fontaine, Les Forces républicaines fédéralistes, FRF.

Le même rapport n’épargne pas les armées régulières. Les experts accusent certains officiers des FARDC de collusion avec les forces négatives et le rôle ambiguë du CNDP dans l’Est de la RDC.

ALLIANCES MILITAIRES

Cependant, l’élément nouveau soulevé dans ce rapport est la signature des «alliances militaires» entre les différents groupes armés et la période durant laquelle ces alliances ont été scellées. En ce qui concerne la LRA, le rapport signale que ce mouvement a pris possession de certaines concessions minières autrefois occupées par les Forces armées ougandaises. Par enchantement ? La question reste posée. Toujours est-il que la LRA continue à percevoir des revenus sur les petites mines d’or, de bois avant d’effectuer des transferts d’argent. Bien plus, la LRA recrute des éléments en Ouganda même, en RDC, au Burundi, en Tanzanie et maintenant parmi les réfugiés somaliens au Kenya.

De leur côté, les FNL du Burundi ont signe une alliance avec les Maï-Maï Yakutumba et opèrent dans le Sud-Kivu où elles disposeraient des bases arrières, ainsi que dans le territoire de Fizi. On citerait également l’Alliance des Patriotes du Congo Libre Souverain et de la Défense avec Nduma-Congo. Ils évolueraient en complicité avec des éléments incontrôlés des FARDC. Quant au CNDP, les experts soulignent le rôle influent que joue ce mouvement devenu un parti politique, dans l’Est de la RDC. Il soutiendrait des groupes armés qui s’inscrivent dans sa logique de consolider leur emprise dans la région, bénéficiant ainsi du soutien d’un autre groupe armé, les Forces républicaines fédéralistes, FRF.

Il est vrai, reconnaissent les experts, les actions militaires menées conjointement par les FARDC et les Forces de défense du Rwanda ont affecté la puissance militaire des FDLR et de la LRA. Mais ces mêmes experts affirment dans leur rapport que ces groupes continuent à être ravitaillés par des éléments des FARDC qui leur vendent des armes et uniformes. Les fuites de stocks d’armes sont enregistrées, même à petite échelle. Voire même en République de Tanzanie où ils achètent aussi des armes.

L’on se trouve là en face des «noyaux militaires» de plus en plus organisés et capables de résister à toute intervention sensée les neutraliser. En attendant, ils sont en train de transformer les «territoires occupés» en «no man’s land» pour exécuter les opérations de piraterie, de braconnage, de pillage. Exactement comme en Somalie. Alliant ainsi «business» à la «politique». Voilà le grand danger. La région des Grands Lacs risque de disposer de plusieurs «somalie», la rendant ingouvernable.

MINERAIS : ECONOMIE DE GUERRE

Les experts de l’ONU ont également enquêté sur l’exploitation illicite des minerais de la RDC. Ils sont précis. Des voisins de la RDC, notamment le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda servent de portes de sortie au commerce illicite des minerais de la RDC. Ainsi, soulignent les experts, «les minerais non enregistrés peuvent passer à travers de points de passages officiels». Ces réseaux partent de l’Afrique en passant par l’Europe, aux Etats-Unis jusqu’en Chine.

Pour ne parler que de l’or congolais, il est très demandé actuellement et les transactions, souligne ce rapport, sont conclues dans les villes voisines de Kampala, Bujumbura, Nairobi, Mwanza en Tanzanie. L’or atterrit dans un premier temps aux Emirats Arabes Unis.

Certes, des efforts sont entrepris dans différents pays. En République démocratique du Congo, il est fait état de la traçabilité dans ce secteur pour contrôler la chaîne, de la production jusqu’à l’exportation en passant par les centres d’approvisionnement. L’on évalue entre-temps des études faisabilité pour la construction des raffineries d’or dans le cadre de l’industrie aurifère. Les différentes mesures prises par les autorités congolaises ont fait que certains comptoirs d’étain, de tantale et du tungstème n’ont pas eu d’acheteurs pour les minerais non balisés. Mais les experts accusent les sociétés Mines TTT, Huaying Trading et Donsom International d’avoir passé outre ces instructions.

Quant aux Etats-Unis, ils ont interdit à toute société américaine d’acheter des minerais de sang dont la provenance serait douteuse. Ils ont en même temps invité les pays voisins à la RDC de certifier la provenance de leurs minerais. Au niveau de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, des avancées significatives ont été enregistrées en ce qui concerne la certification des ressources naturelles. Un procédé, à l’image du processus de Kimberley pour le diamant a été adopté.

Toutefois, le rapport des experts de l’ONU reconnaît que les efforts consentis sont encore faibles. Que les groupes armés continuent à entretenir le commerce illicite des minerais pour leurs économies de guerre.

La question fondamentale est celle de savoir combien de missions des experts de l’ONU il faudra pour une action efficace afin de venir à bout de ces groupes armés. A dire vrai, la solution militaire au niveau de la région a démontré ses limites. Au plan international, les intérêts divergents fragilisent l’action de l’ONU et de l’Union africaine. Quant au plan politique, on refuse d’imposer des solutions politiques au Rwanda, à l’Ouganda et au Burundi pour des raisons inavouées. Comme quoi, tout se trame contre la République démocratique du Congo, soutenant ainsi la thèse du complot «international» de sa balkanisation.

[Le Potentiel]


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Gaston Médard on 26/01/2012 03:36:33
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Aussi longtemps que les congolais, leurs prétendus intellos et élites médiocratiques, seront l'ombre de leurs ventres, foulant leur honneur et dignité d'Homme, les richesses de la R.D.C demeureront facilement accessibles pour l'industrie occidentale gratuitement,et seront à jamais comptabilisées parmi les actifs de ces pays auteurs de tous les douleurs et malheurs du monde. C'est au peuple de choisir Libre ou es.clave. C'est à lui de se libérer, s'il est digne de Patrice Emery Lumumba et de martyrs du plus beau pays du monde.
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