Grace MUGABE veut briguer la magistrature suprême du Zimbabwe

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image Grace MUGABE

Au Zimbabwe, Grace Mugabe, l’épouse de l’éternel, l’inusable Robert Mugabe, veut briguer la magistrature suprême de son pays, en remplacement de son époux de président. Le Dr Christine Kaseba-Sata, l’épouse de feu président zambien, Michael Sata, ne veut pas être en reste ; elle tient à succéder à son époux.  Nouveau mode d’emploi dans le microcosme politique africain : les Premières dames estiment que la politique est un domaine si succulent qu’il ne faut pas le laisser à la seule gestion des hommes.

L’opinion soupçonne Grace Mugabe d’ambitionner le fauteuil présidentiel que son époux de président serait prêt à lui céder. Comme quoi, l’ambition politique de cette première dame pourrait traduire la volonté encore voilée du vieux Robert Mugabe, 90 ans, de faire de son épouse sa dauphine.

L’on se demande jusqu’où pourrait aller cette dame  que le tout-Harare avait pris l’habitude de croire uniquement abonnée à ses séances de shopping en Chine. A-t-elle soudain révélé un appétit politique qui pourrait la voir s’emparer du pouvoir ?

Même si cette option est loin d’être à l’ordre du jour de façon officielle, d’autant plus que le parti au pouvoir, la Zanu-PF, en congrès jusqu’à samedi 6 décembre, a prévu quoi qu’il arrive de réélire à sa tête l’indéboulonnable Mugabe, au pouvoir sans discontinuer depuis l’indépendance de 1980, des signes qui ne trompent pas attestent que cette dame, 49 ans – de 41 ans la cadette de son mari – lorgne le fauteuil de son mari.

Entrée fracassante

Grace Mugabe a fait une entrée fracassante dans la course en août quand son mari l’a proposée comme future présidente de la puissante Ligue des femmes du parti, alors que s’intensifie la bataille pour la succession de son mari.

Après une campagne menée tambour battant, une dizaine de meetings dans tout le pays, cette nomination doit être entérinée par le congrès, condition sine qua non à son entrée au bureau politique, elle qui, six mois plus tôt, était encore simple adhérente.

L’ascension fulgurante de Grace Mugabe ne maque pas de faire de victimes. La première est la vice-présidente Joice Mujuru. Vétéran de la guerre d’indépendance et héritière putative de Robert Mugabe, dont elle a été plusieurs fois ministre, elle a été accusée de corruption, de complot pour assassiner le président et d’ores et déjà mise à la porte de la direction du parti.

Alors que c’est le ministre de la Justice Emmerson Mnangagwa qui devrait être le possible successeur de M. Mugabe, certains commencent à croire que la Première dame ne roule pas pour son mari, mais pour elle-même et que celle qu’on surnomme la reine des emplettes nourrit des ambitions politiques.

Quoique sans soutien populaire et sortie du néant comme cadre du parti au pouvoir, Grace Mugabe ne manque pas de nourrir d’ambitions politiques, en semant de la zizanie au sein du parti. Sans doute qu’elle se prépare à bien protéger les intérêts de la famille si son mari mourait ou quittait le pouvoir.

Née le 23 juillet 1965 en Afrique du Sud, Grace Marufu a été mariée à un pilote de l’armée de l’air, dont elle a eu un fils, avant de devenir la maîtresse du président Mugabe dont elle était la secrétaire particulière.

Avec Robert Mugabe, elle a eu trois enfants, dont deux avant la mort de la première épouse de M. Mugabe, Sally, une Ghanéenne, décédée en 1992 après une longue lutte contre la maladie et « héroïne nationale » pour son rôle avant l’indépendance. Le mariage fut célébré en 1996 en présence de milliers d’invités parmi lesquels le président sud-africain de l’époque, Nelson Mandela, selon le site web de Jeune Afrique..

Grace Mugabe s’est ensuite fait connaître par sa frénésie de luxe, se gagnant des sobriquets tels que « Gucci Grace » ou « Première acheteuse ». En 2009, elle avait boxé un photographe britannique à Hong Kong qui l’avait mitraillé dans un hôtel de luxe.

Mais l’an dernier, dans un documentaire de la radiotélévision publique sud-africaine SABC, elle avait laissé entendre que cela ne lui faisait plus ni chaud ni froid. « J’ai la peau dure maintenant, je m’en moque. Mon mari dit que l’ignorance est la clé du bonheur », avait-elle dit.

Elle a néanmoins travaillé ces dernières semaines à corriger son image, ses partisans lui trouvant de nouveaux surnoms, « Dr Amai » (Dr Maman), « Unificatrice » ou « reine des reines ». Et en septembre, elle a été faite docteur en philosophie de l’université de Zimbabwe dont son mari est président. Selon les médias, elle que les Zimbabwéens ont surnommée « Disgrace » ,  s’y était inscrite trois mois auparavant.

En Zambie, la veuve de l’ex-président Sata veut succéder à son mari

Elu à la présidence en 2011, Michael Sata, le président zambien, est mort en octobre dans l’exercice de ses fonctions. Sa veuve éplorée vient de faire son entrée dans l’arène politique et propose de contester l’élection présidentielle anticipée prévue pour janvier 2015. Une façon non violée d’annoncer ses couleurs comme candidate à la présidentielle.

La concurrence ne sera pas une partie de plaisir pour cette ancienne première dame, sans expérience politique. Ainsi la bataille pour la succession de Michael Sata sera rude. D’autant plus qu’une armée de candidats se bouscule au portillon.

L’irruption dans la vie politique zambienne de ce médecin n’est pas de nature à apaiser les esprits aussi bien au sein du Front patriotique (FP), le parti au pouvoir qu’au sein de la famille Sata. Mulenge Sata, le fils du président défunt et maire de la capitale, est déjà sur les rangs pour représenter le FP à l’élection présidentielle anticipée du 20 janvier. Miles Sampa, secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie et neveu de l’ancien président, s’est lui aussi porté candidat à la succession. Plus jeunes que la veuve Christine Kaseba-Sata, ces derniers ne jurent que par l’héritage du parent disparu et se proposent de mettre leur jeunesse et leur entrain au service de la réalisation de ses rêves.

Candidate sans expérience politique

Depuis la disparition le 28 octobre de l’ancien chef de l’Etat zambien des suites d’une longue maladie, il ne se passe pas une semaine sans qu’un nouveau candidat à la succession du président défunt ne se dévoile. En l’absence de l’homme fort, des vocations se sont affirmées au sein d’un parti au pouvoir en manque de leadership.

La dernière en date n’est autre que la veuve du président Sata. Plus connue comme gynécologue-obstétricienne et activiste pour l’amélioration de la santé maternelle, le docteur Christine Kaseba-Sata n’a pas d’expérience politique. Mais elle s’est toutefois lancée dans la course pour poursuivre, selon ses dires, l’action  » visionnaire  » de son mari à la tête de la Zambie. Elle a rappelé qu’elle est encore en train de pleurer ce dernier, elle a déclaré à la radio privée Phoenix que le chagrin qu’elle ressentait n’était  » rien en comparaison de la peine que j’éprouverais si les vœux du président Sata n’étaient pas exaucés « .

Que les femmes ambitionnent d’occuper la magistrature suprême est moins surprenant. Mais que des premières dames tiennent à succéder à leurs maris, voilà qui étonnent qui constituent un nouveau mode d’emploi en politique africaine.

[Kléber Kungu]


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