RDC : Le rwandais « Joseph KABILA » se moque des Congolais

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image Joseph KABILA - President sortant de la RDC

Le mardi 19 août 2014, ils étaient 500 réfugiés angolais à faire partie du premier convoi préparé de commun accord entre les gouvernements de la RDC et de l’Angola, sous l’œil vigilant du HCR. A la frontière entre les deux pays, Luanda crée la surprise en refusant l’entrée sur son territoire à plus de 150 de ses ressortissants. Dépité, le HCR n’a pas caché sa déception. Il y a sûrement quelque chose qui se cache derrière son refus d’accepter des gens identifiés au départ comme réfugies angolais.  Qu’est-ce à dire ? Que Luanda, contrairement à ce qui se dit à l’officiel, ne serait pas prêt à accueillir sur son sol les 30.000 réfugiés candidats au retour volontaire. Il se plairait bien à les maintenir durablement en RDC ? Selon les estimations les plus récentes, les Angolais seraient près de 48.000 en RDC. Si environ 29.000 veulent rentrer chez eux, quelque 18.000 ont choisi de rester dans leur pays d'accueil. Il y a donc des zones d’ombre qu’il faut élucider pour éviter que ces opérations de rapatriement tournent en défaveur de la RDC. Kinshasa ferait mieux d’ouvrir l’œil, et le bon, pour ne pas se retrouver en position de dindon de la farce au bout du parcours.

Sur les 500 réfugiés angolais recensés dans le premier convoi de rapatriement volontaire, seuls 350 ont été accueillis. Du coup,  émoi dans le rang des réfugiés interdits de rentrer sur leur propre territoire et frustration du côté des officiels  congolais et ceux du HCR. C’est un mauvais départ qui met au grand jour l’agenda caché de Luanda et pousse Kinshasa à se désister du  mécanisme de rapatriement.

Conformément aux recommandations de la 7ème réunion tripartite RDC-HCR-Angola qui s’est tenue à Luanda à la fin du mois de juillet 2014, la République démocratique du Congo a, le mardi 19 août 2014, démarré le processus de rapatriement volontaire des réfugiés angolais vivant sur son territoire.

Sur les 48.000 qui ont été enregistrés par le HCR  à travers la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR),  30.000 volontaires seront rapatriés graduellement par nombre  de 1.000 par semaine jusqu’au 31 décembre 2014. Après cette date, l’opération de rapatriement volontaire des réfugiés angolais vivant dans les provinces du Bas-Congo, Bandundu et Katanga appartiendra désormais au passé. 

Il a été convenu à la dernière tripartite de Luanda que les 18.000 qui ont choisi de rester en RDC se conforment aux principes du pays qui les héberge. Etant étrangers, ils doivent se munir d’une carte de séjour. 

Le mardi 19 août 2014, ils étaient 500 réfugiés angolais à faire partie du premier convoi préparé de commun accord entre les gouvernements de la RDC et de l’Angola, sous l’œil vigilant du HCR. Sur papier, tout a été réglé à la minute pour que cette première opération de rapatriement se déroule sans heurts. Mais, c’était sans compter avec la surprise qui attendait les réfugiés ainsi que tous les officiels conviés à ce convoi à la frontière entre les deux pays, notamment Kimpangu du côté congolais et Kimbata de l’autre côté de la frontière.

Voilà que, le jour j, Luanda crée la surprise en refusant l’entrée sur son territoire à plus de 150 de ses ressortissants. Dépité, le HCR n’a pas caché sa déception. « Leurs sauf-conduits (Ndrl : le document qui devait leur permettre de traverser la frontière) délivrés par l'ambassade angolaise à Kinshasa n'ont pas été acceptés par les autorités angolaises », avait déclaré jeudi soir à l'AFP Céline Schmitt, porte-parole du HCR.

Kinshasa hausse le ton

Le gouvernement n’a pas non plus digéré cette volte-face des autorités angolaises. Par la voie de son ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, il a promis ouvertement de revoir sa participation au mécanisme mis en place par le HCR en vue du rapatriement volontaire des réfugiés angolais présents sur le sol congolais. Hier vendredi, Kinshasa a menacé suspendre sa participation à ce processus si un nouvel incident se produisait à la frontière commune, a indiqué Richard Muyej.

« Si la même chose se produit, nous allons stopper le rapatriement et demander une rencontre urgente avec les autorités angolaises pour établir de nouvelles modalités pratiques, repartir sur de nouvelles bases et éviter de tels problèmes », a expliqué à l'AFP le ministre de l'Intérieur. Il a cependant relativisé, se disant convaincu que « l'erreur vient du côté des autorités angolaises ».

Fustigeant d’une certaine manière le peu d’intérêt des autorités angolaises à ces opérations de rapatriement, Richard Muyej avait déploré bien avant une « faiblesse de la partie angolaise », qui n'a pas, selon lui, dépêché en RDC « des experts chargés d'identifier les réfugiés angolais ». Un travail que seuls la commission nationale pour les réfugiés (CNR) et le HCR ont réalisé.

Aux dernières nouvelles, il nous revient que près de 116 réfugiés angolais auraient finalement traversé mais que 66 autres seraient encore dans l’attente d’être identifiés comme sujets angolais. Des sources concordantes rapportent que ce trop plein de réfugiés aurait été transféré dans le centre de transit de Kimpese, côté congolais. Apparemment désemparé, Richard Muyej est resté néanmoins optimiste quant à leur retour : « Nous allons les garder dans le centre de transit car nous savons qu'ils finiront par partir (...) parce qu'ils sont bel et bien angolais ».

L’agenda caché de Luanda

En effet, qu’il s’agisse des officiels congolais, des humanitaires et tant d’autres personnes, tout le monde était surpris par le comportement de l’Angola qui semblait exprimer un certain mépris à l’endroit de ses compatriotes. Bien que ces derniers aient rempli toutes les formalités d’usage au départ de Kinshasa, ils étaient, à leur arrivée à la frontière, soumis  à certains imprévus sur les accords conclus à Luanda. Interdiction a été faite aux véhicules les transportant de franchir la barrière de Kimbata qui fait frontière entre les deux pays.

A Kimpangu, les 500 réfugiés dirigés dans un site pour des raisons dont les autorités angolaises détiennent elles-mêmes le secret, devaient être soumis à un screening médical. Les officiels congolais comme les humanitaires n’en revenaient pas. Ils n’ont pas hésité de qualifier ce comportement de manque de considération à l’endroit de la RDC. Cela pour avoir campé sur leur position et fait fi à toutes les explications qui leur ont été données.

Film des événements

C’est après cinq heures que le premier bus a traversé la frontière à destination de Makela Do Zombo où était prévu un site  de transit avant de procéder au dispatching des réfugiés  dans leurs familles respectives. Jusque tard dans la soirée  de mercredi 20 août 2014, 350 personnes seulement ont été autorisées d’entrer en Angola. Par le fait d’avoir posé des actes imprévisibles, ce pays a contraint les 150 autres à passer la nuit dans de mauvaises conditions.

L’attitude de Luanda étonne plus d’un. En effet, l’on s’explique très mal la réaction de Luanda du moment qu’il a été associé à toutes les étapes préparatoires qui ont précédé le lancement le mardi 19 août du premier convoi de rapatriement de ses compatriotes vivant depuis plus de quatre décennies pour certains en RDC.

A en croire le HCR qui pilote ces opérations, rien de tel ne pouvait survenir à la frontière. Bien plus, il hésiterait même à se lancer dans une nouvelle opération dès lors qu’il n’est pas rassuré du respect de toutes les procédures prévues en la matière. Le HCR ne cesse de soutenir qu’au départ de Kinshasa, tous les préalables nécessaires étaient déjà vidés au sein de la tripartite regroupant les experts de la RDC, de l’Angola et du HCR.

En fait, Luanda s’est rétracté en dernière minute sans  raison valable. Il y a sûrement quelque chose qui se cache derrière son refus d’accepter des gens identifiés au départ comme réfugies angolais.  Qu’est-ce à dire ? Que Luanda, contrairement à ce qui se dit à l’officiel, ne serait pas prêt à accueillir sur son sol les 30.000 réfugiés candidats au retour volontaire. Il se plairait bien à les maintenir durablement en RDC ?

Selon les estimations les plus récentes, les Angolais seraient près de 48.000 en RDC. Si environ 29.000 veulent rentrer chez eux, quelque 18.000 ont choisi de rester dans leur pays d'accueil.

Il y a donc des zones d’ombre qu’il faut élucider pour éviter que ces opérations de rapatriement tournent en défaveur de la RDC. Kinshasa ferait mieux d’ouvrir l’œil, et le bon, pour ne pas se retrouver en position de dindon de la farce au bout du parcours.

Il faut craindre le pire

Dans tous les cas, le processus de rapatriement volontaire des réfugiés angolais, censé se terminer le 31 décembre 2014, est plombé à son point de départ. Rien qu’avec le premier convoi de 500 personnes, il s’est posé  énormément des problèmes. Qu’adviendra–t-il par la suite lorsqu’on sait que d’autres provinces sont également concernées  par cette opération ? Au Katanga, le lancement de cette opération est programmé pour le mois de septembre.

Pour éviter les désagréments évoqués ci-dessus, les deux voisins doivent se conformer aux accords conclus lors de la 7ème réunion tripartite de Luanda. Dans le cas contraire, on risque  d’avoir des apatrides parmi les rapatriés qui ont volontairement  décidé de regagner leur pays dans le seul but, comme ils ne cessent de le dire, de contribuer au développement de leur pays.


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